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Tabac et environnement : un mauvais mélange !

Ce mardi 31 mai a lieu la 35e journée mondiale sans tabac. Si les effets pour la santé sont désormais bien connus, ceux pour la planète sont parfois assez flous. Focus sur l’impact environnemental du tabac.

Questions-réponses

À l’échelle mondiale, on estime que 1 500 milliards d’hectares de forêts (principalement tropicales) ont disparu depuis les années soixante-dix à cause du tabac, avec à la clé une hausse annuelle des gaz à effet de serre de 20 %.

Les arbres sont coupés pour pouvoir cultiver du tabac, et le bois est brûlé pour le séchage des feuilles de tabac après la récolte. Il faut environ un arbre entier pour produire 300 cigarettes.

Quelques 200 000 hectares sont déboisés chaque année pour cultiver et faire sécher du tabac.

À l’échelle des pays, 5 % environ de la déforestation totale est due à la culture du tabac, qui concerne surtout les régions du monde où l’on cultive du tabac, notamment le sud de l’Afrique, le Moyen-Orient, l’Asie du Sud-Est, l’Amérique du Sud et les Caraïbes.

Les terrains arables qui pourraient servir à des cultures nutritives sont utilisés pour cultiver du tabac. L’épuisement du sol causé par la culture du tabac accentue l’insécurité alimentaire et les problèmes de nutrition.

La réhabilitation des sols après la récolte de tabac a un coût élevé. D’après des données recueillies en 2014, le coût de réhabilitation des sols au Bangladesh pour annuler les effets néfastes d’une année de culture du tabac s’élèverait à 20,6 millions de dollars des États-Unis.

La désertification attribuable à la culture du tabac est désormais observable dans de nombreux pays, notamment le Brésil, l’Inde, la Jordanie et Cuba.

Le cycle de vie d’une seule cigarette nécessite environ 3,7 litres d’eau pour la culture du tabac, la fabrication, la distribution, la consommation et l’élimination du produit. Un fumeur moyen pourrait économiser 74 litres d’eau par jour s’il arrêtait de fumer.

La culture du tabac réduit les niveaux des nappes phréatiques. Le volume d’eau nécessaire pour la culture du tabac uniquement est équivalent au volume d’eau annuel pour une personne.

En s’appuyant sur le nombre de cigarettes produites en 2015, le Brésil, qui est le 3e plus grand producteur de tabac de la planète, a utilisé 263 813 700 000 litres d’eau à cette fin en une année. Sachant qu’une personne moyenne boit environ 700 litres d’eau par an, si l’on convertissait toute cette eau en eau potable, ce sont quelque 3,7 millions de personnes qui pourraient en bénéficier, soit la totalité de la population de la capitale du pays, Brasilia.

Il est désormais établi que les filtres de cigarette sont parmi les substances les plus polluantes et les plus toxiques que l’on trouve dans les étendues d’eau. Il faut environ 10 ans pour qu’un filtre de cigarette se décompose, ce qui laisse à la nicotine et aux produits chimiques le temps de se répandre dans les écosystèmes attenants.

Une étude de l’Agence de protection de l’environnement des États-Unis a montré que si des filtres de cigarettes sont plongés dans de l’eau douce pendant 96 heures, la moitié des poissons environ meurent.

La fabrication d’une seule cigarette entraîne l’émission de 14 g de CO2.

Chaque année, la production de tabac équivaut à des émissions de 84 millions de tonnes métriques de CO2. Cela correspond à l’envoi dans l’espace de 280 000 fusées.

La fumée du tabac accroît la pollution de l’air et contient trois types de gaz à effet de serre : le dioxyde de carbone, le méthane et les oxydes d’azote, qui polluent aussi bien l’air intérieur que l’air extérieur.

À l’échelle mondiale, le poids des déchets générés tout au long du cycle de vie des produits du tabac s’élève à environ 25 millions de tonnes métriques.

Presque toutes les cigarettes commerciales sont dotées d’un filtre en acétate de cellulose, un additif qui se dégrade difficilement et qui est à l’origine de la contamination de l’environnement par des microplastiques.

Quelque 4,5 billions de cigarettes sont jetées dans l’environnement chaque année.

Des études sur le sujet ont montré que 65 % des fumeurs, environ, jettent leurs filtres de cigarettes de manière non adaptée (sur le sol, sur les plages, etc.)

La consommation d’une cigarette entraîne la libération dans l’environnement de plus de 7000 substances chimiques, dont 70 ont été identifiées comme des agents cancérigènes.

Ce question – réponse a été édité par l’OMS – Organisation mondiale de la santé. L’intégralité du questionnaire est disponible sur leur site internet.

L’université & le tabagisme

Le tabagisme reste un sujet de préoccupation pour l’université. L’enquête ADUC de 2016-2017 a permis d’identifier que 38,8% des étudiants répondants avaient consommé du tabac dans les 12 derniers mois.

Pour les étudiants et personnels fumeurs, des cendriers participatifs ont d’ailleurs été installés à plusieurs points stratégiques. Financés dans le cadre de l’appel à projet Contribution vie étudiante et de campus (CVEC), ils permettent de récolter les mégots de manière ludique en répondant à une question.

En attendant, le mieux pour la santé comme pour l’environnement reste toujours d’arrêter de fumer.

Le saviez-vous ?

Le SUMPPS – Service de santé étudiante et le SMPP – service de santé des personnels peuvent vous accompagner dans votre arrêt du tabac, notamment avec des substituts nicotiniques.

En savoir plus pour se préparer à arrêter de fumer.