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Entretien avec Olena, étudiante ukrainienne

Le 24 février, la Russie a lancé une invasion de son voisin, l’Ukraine. Cette guerre, qui a déjà conduit à l’exode plus de deux millions d’ukrainiens, a déclenché de nombreuses actions de solidarité à destination du peuple ukrainien en Europe et dans le monde universitaire.

Olena, une étudiante engagée pour aider ses compatriotes

Alors qu’elle organisait une vente de livres sur le campus 1 dont les fonds récoltés seront envoyés pour apporter une aide humanitaire en Ukraine, nous avons pu échanger avec Olena, étudiante ukrainienne, qui fait son master de philosophie à l’université de Caen Normandie.

Aidée par Alexandra, une amie expatriée d’Ukraine depuis trois ans, elle a récolté des fonds et échangé avec des étudiants une partie de la journée.

Comment vivez-vous ce conflit ?

Ce n’est pas un conflit, c’est la guerre de la Russie contre l’Ukraine, ce n’est pas un conflit ukraino-russe parce que l’Ukraine n’a rien fait à la Russie. C’est la Russie qui envahit notre pays pour la deuxième fois déjà. Moi je suis née à Lougansk, qui est à l’Est du pays, donc notre région est occupée par la Russie depuis 2014. On ne peut pas s’habituer à ça bien que ça dure depuis huit ans, mais on ne s’attendait pas du tout à l’invasion du territoire entier. C’était un choc complet.

Vous avez encore des proches en Ukraine ?

Oui, tous mes amis et toutes mes amies sont là, dans des villes différentes. Quelques-unes essaient de fuir, pour venir en France notamment, mais sinon ils restent dans des abris un peu partout dans le pays.

Vous vous mobilisez pour récolter des fonds en vendant des livres, à quoi vont-ils servir ?

Ces fonds vont être reversés à une fondation ukrainienne d’aide sociale afin de pouvoir distribuer des médicaments, de la nourriture, des titres de transport pour aider tous les ukrainiens et toutes les ukrainiennes qui sont en Ukraine. Il y a beaucoup de gens en France et en Europe qui aident les réfugiés, nous on veut aussi aider les gens en Ukraine directement.

Comment avez-vous eu l’idée d’organiser ça, avez-vous un soutien de l’université ?

Oui, l’université soutien notre initiative d’urgence et nous permet d’échanger avec d’autres étudiants et d’organiser cette collecte de fonds, et nous les remercions. L’idée est venue naturellement, je lis beaucoup de livres, mon amie Alexandra également. On a donc pensé que ça pouvait être une bonne idée de les vendre à l’université pour récolter des fonds pour nos amis et nos familles en Ukraine car les étudiants sont sensibles à ce qui se passe dans notre pays, et lisent également beaucoup de livres.

L’université solidaire

L’université de Caen Normandie, par le biais de son président, a exprimé sa solidarité avec le peuple ukrainien le 1er mars. Depuis le 28 février, le drapeau ukrainien flotte au-dessus de la galerie vitrée aux côtés du drapeau français et du drapeau européen.

Plusieurs enseignants-chercheurs de l’université apparaissent dans la presse depuis le début de l’invasion afin d’éclairer la société sur les racines de cette guerre et sur ses conséquences. L’université est également prête, si besoin, à débloquer un fonds de soutien pour les étudiants souffrant directement de ce conflit, et étudie les conditions d’un possible accueil de chercheurs en exil via le programme PAUSE du collège de France.

D’autres initiatives pourront prochainement être organisées directement par l’université afin de répondre aux enjeux de cette situation ou, comme celle d’Olena, être soutenues. Le SUMPPS se tient à la disposition des étudiants qui en ressentiraient le besoin.

Contrairement aux informations relayées par certains médias russes, aucune mesure discriminatoire ou d’exclusion ne sera mise en place contre les étudiants russes dans l’enseignement supérieur français. Une circulaire datée du 28 février 2022 suspend toutefois « toutes les nouvelles coopérations bilatérales, sauf exception dûment justifiée et validée ». Les étudiants, enseignants-chercheurs et chercheurs russes en France peuvent poursuivre leurs activités, et l’université se tient prête à les accompagner.

L’université organisera par ailleurs une soirée dédiée à l’Ukraine le jeudi 17 mars à l’Amphi Daure, comprenant une table ronde d’enseignants-chercheurs spécialistes de la Russie et de l’ex bloc soviétique, une animation culturelle ainsi qu’une collecte de fonds.