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Baptiste Delaunay, lors de la finale normande du concours MT180 (capture d’écran, YouTube Normandie Université)

Ma thèse en 180 secondes : 3 minutes pour faire ses preuves

  • Post last modified:15 décembre 2022
  • Post category:Recherche

Expliquer sa thèse en seulement trois minutes, à des personnes qui ne sont pas expertes ? Un défi que Baptiste Delaunay et les autres candidats de l’édition normande de “Ma thèse en 180 secondes” ont brillamment relevé en mars 2022 ! Baptiste partage son expérience du concours, alors que les éditions sont ouvertes pour participer à l’édition 2023.

Ce concours, organisé par France Universités et le CNRS, propose à des doctorants de présenter leur thèse de façon synthétique et simplifiée à un “auditoire profane et diversifié”. Cet exercice difficile demande un esprit de synthèse, un goût pour le challenge et une envie de se surpasser. Baptiste Delaunay, actuellement en troisième année de doctorat à l’université de Caen Normandie, a remporté le second prix du jury de l’édition normande du concours MT180 2022. L’aventure s’est arrêtée là pour le jeune doctorant en chimie analytique, seuls le premier prix du jury et le prix du public accédant à la demi-finale nationale. Baptiste revient néanmoins sur cette expérience, alors que les inscriptions pour l’édition 2023 du concours sont ouvertes !

“Hydrocarbures aromatiques polycycliques dans les végétaux en milieu urbain : effets climatiques et saisonniers”. Bien que le titre de la thèse de Baptiste Delaunay puisse faire peur (même aux plus hardis d’entre nous !), le sujet est en réalité très compréhensible une fois expliqué simplement. L’idée est d’étudier les différents végétaux urbains comme potentiels indicateurs de la teneur d’hydrocarbures aromatiques polycycliques, dits HAP, que l’on peut trouver dans l’air. Ces organismes, polluants, affectent gravement notre santé. Ainsi, au lieu d’utiliser des capteurs très coûteux et peu déployés, la solution est sous nos yeux : une plante de haie très commune, l’elaeagnus ebbingei, sur laquelle les HAP aiment se poser. Il suffit ensuite de prélever cette plante, puis de l’examiner en laboratoire afin d’évaluer le taux d’HAP qu’elle contient. Pour mener à bien ses recherches, Baptiste conduit ses travaux au laboratoire Aliments Bioprocédés Toxicologie Environnements (ABTE), en étroite collaboration avec l’Institut de Chimie de Nice. Cela lui permet de profiter de deux climats différents : il compare les concentrations retrouvées dans l’air à l’aide d’une mousse en polyurethane avec les concentrations retrouvées dans les plantes tous les deux mois dans quatre sites (à fort trafic routier, périurbain, rural et urbain) afin de les comparer et observer l’impact du climat sur des situations supposées similaires.

Baptiste Delaunay, lors de la finale normande du concours MT180 (capture d’écran, YouTube Normandie Université)
Baptiste Delaunay, lors de la finale normande du concours MT180 (capture d’écran, YouTube Normandie Université)

C’est donc ce projet ambitieux que Baptiste a dû expliquer en seulement trois minutes devant le jury et public normand. Il décrit l’expérience comme quelque chose de nouveau, de rafraîchissant, qui change des nombreuses présentations devant divers congrès et professionnels. Il faut “sortir de son modèle classique de présentation”, et parvenir à faire un “résumé du résumé”, tout en réussissant à expliquer le cœur du sujet, qui est parfois très spécifique. L’expérience est grisante : les minutes défilent à toute allure tandis que les candidats conservent une attitude calme et détachée, presque indifférente. Le public retient son souffle, les yeux rivés sur le chronomètre, en se demandant systématiquement si le candidat ou la candidate parviendra à respecter le temps imparti. Présenter des thèses sous forme d’un “show” est une façon de piquer l’intérêt collectif et d’ouvrir des discussions sur des sujets variés et inhabituels, bien que très intéressants – la question du taux d’HAP dans l’air n’est en effet pas une préoccupation quotidienne pour la plupart des gens.      

Bien que le concours soit une expérience positive, Baptiste souligne les difficultés qui se présentent sur le chemin. Il faut en effet “s’entraîner, s’entraîner, s’entraîner”, répéter sans cesse un texte parfaitement chronométré à connaître par cœur – interdiction formelle de dépasser les trois minutes ! Il faut peser toutes ses phrases, tous ses mots, afin de captiver le public et le convaincre. C’est un exercice qui demande un investissement et un travail conséquent, mais les résultats en valent la peine : Baptiste y a découvert un goût pour la vulgarisation scientifique et a noué des liens forts avec l’équipe et les autres candidats. De plus, il est désormais en contact avec Le Dôme à Caen, qui lui propose régulièrement de participer à divers évènements scientifiques qui lui permettent d’exposer son sujet. Maintenant, en parallèle avec la fin de sa thèse, il cultive son envie d’aller à la rencontre du public et de répondre aux interrogations, parfois surprenantes, des personnes qui s’intéressent à son projet.

Baptiste “encourage tout le monde” à participer à Ma Thèse en 180 secondes, car “c’est une expérience unique et enrichissante, qui permet d’apprendre beaucoup sur le monde et sur soi-même.

Les inscriptions pour l’édition 2023 sont ouvertes : à vos chronos !

Après neuf éditions très réussies de Ma thèse en 180 secondes, France Universités et le CNRS lancent l’édition 2023. En région, le concours est organisé par Normandie Université et le CNRS Normandie, en partenariat avec Le Dôme et avec le soutien de Science Action Normandie.

Pour cette 10e édition, la finale normande aura lieu en mars 2023 au Havre. Les lauréats, le 1er prix du jury et le prix du public, représenteront la Normandie à la demi-finale nationale qui se déroulera en avril 2023 à Paris.

Clôture des inscriptions le 3 janvier 2023 à midi