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“Je transmets à mes élèves ma passion pour la langue et la culture allemande”

Justine TRÉHOUT, ancienne étudiante en études germaniques et enseignante d’allemand du second degré.

« Hallöchen!

Je m’appelle Justine, j’ai 25 ans et je suis fraîchement diplômée de l’INSPÉ Normandie – Caen.

Au cours de mes études au lycée, j’ai suivi un bac économique et social option européenne allemand, une formation qui m’a permis d’apprendre de nombreuses choses sur la culture, l’histoire et la géographie de l’Allemagne. Une fois mon diplôme en poche, je me suis dirigée vers une licence langues littératures et civilisations étrangères régionales (LLCER) parcours Allemand à l’université de Caen Normandie. En fin de terminale, je ne savais pas vers quelle filière m’orienter. Mais ce dont j’étais sûre, c’est que je ne souhaitais pas arrêter l’allemand, ni perdre le niveau que j’avais acquis dans cette langue… et que JAMAIS je ne deviendrai enseignante ! Je me suis donc lancée dans cette aventure sans trop savoir où je mettais les pieds et si cela me plairait à long terme.

J’ai choisi d’étudier à Caen, bien que cela soit à deux heures de mon domicile familial, car je trouvais la ville particulièrement jolie, végétalisée, bien desservie et attractive. Le fait qu’elle se trouve à seulement vingt minutes de la mer a également fait pencher la balance !

Mes trois années de licence, durant lesquelles je faisais aussi de l’anglais et l’option Français langue étrangère, m’ont appris à me dépasser. Les matières générales n’étaient en effet plus là pour me sauver et tout ne reposait plus que sur l’allemand : la littérature allemande, l’histoire des pays germanophones, la phonologie, la traduction et la grammaire allemande. Les début n’ont pas été simples mais je me suis accrochée et j’ai pu compter sur l’équipe enseignante qui m’a soutenue et motivée. J’ai vite compris que faire allemand était un avantage à l’université – travail en petits groupes, accompagnement personnalisé, proximité avec les enseignants, solidarité entre les étudiants – et je suis venue à bout de cette licence !

L’allemand est une langue qui manque d’attractivité et une discipline qui tend à disparaître de l’offre de formation dans les collèges et lycées. Mes professeurs de lycée me déconseillaient de suivre cette voie-là… mais je suis fière de faire partie de cette “espèce en voie de disparition”.

La licence m’a permis de développer des compétences en langue allemande et de devenir une experte des pays germanophones (enfin presque). Je n’étais pas fan de littérature et trouve maintenant plaisir à parler de Goethe ou Zweig à mes élèves de seconde (parce que oui… je suis finalement devenue enseignante !). Je n’étais pas non plus fan d’art et travaille actuellement sur Otto Dix, Nena, Oskar Kokoscha, Mark Forster ou encore Caspar David Friedrich avec les élèves de première. L’histoire me passionnait tout particulièrement et je prends plaisir à partager mes connaissances sur le sujet, qui passionne aussi très souvent les élèves.

La licence m’a également permis d’entrer facilement en contact avec des natifs, notamment nos enseignants, et donc de voyager plus facilement. Je suis en effet par la suite partie vivre le temps d’une année en Allemagne, en Saxe-Anhalt (dans le petit village de Zerbst) en tant qu’assistante de langue étrangère. J’ai profité de cette année de liberté pour découvrir le métier d’enseignante, puisque j’assistais les professeurs de français dans leurs cours, et pour parcourir le pays.

À mon retour en France, c’est tout naturellement que je me suis inscrite en master MEEF dans le but de devenir enseignante d’allemand du second degré. Il fallait que j’enseigne aux autres ma passion et les rende curieux de découvrir le monde, à commencer par les pays germanophones. Après avoir enseigné un an au collège, je suis actuellement en poste dans deux lycées de la région rouennaise et vis ma meilleure vie.

Ma meilleure amie de licence, qui, elle, ne souhaitait pas devenir enseignante et s’y est tenue, vit aujourd’hui en Allemagne et ce depuis trois ans. Après avoir voyagé à travers le pays et enchaîné les petits boulots, elle s’est perfectionnée dans la langue et étudie depuis septembre en master à l’université. Nos autres camarades sont restés ou revenus en France et se sont orientés dans la recherche, le tourisme, la traduction ou encore le commerce et tentent, tout comme moi, de mettre fin aux nombreux préjugés dont sont victimes les apprenants de l’allemand.

Voilà, voilà. Je pense qu’il est temps pour moi de m’arrêter là. Vous connaissez maintenant une partie de ma vie. Je vous laisse réfléchir et faire les bons choix ! Mon seul conseil, et c’est aussi celui que je donne à mes élèves : vous seuls décidez de votre vie.

Tschüssi! “