En 2002, Lisa Fukuda a réalisé un semestre d’études à Caen. Alors étudiante à l’université du Wisconsin–Stevens Point, aux États-Unis, elle est venue suivre le diplôme d’université Études françaises. Vingt-quatre ans plus tard, son séjour en Normandie reste une étape marquante de son parcours. Aujourd’hui, elle travaille dans le domaine des relations internationales au Japon, à Kansai Gaidai University. Lisa revient sur cette expérience de mobilité qui a contribué à façonner son parcours, aussi bien professionnel que personnel.
Quel est votre souvenir le plus marquant de votre expérience à l’université de Caen Normandie ?
Quand je repense à mon expérience à l’université de Caen Normandie, j’ai franchement du mal à exprimer avec des mots ce que ce séjour a signifié – et signifie encore – pour moi. Je crois que ce qui m’a le plus marquée, et ce pour quoi je suis la plus reconnaissante, c’est l’impact que cette expérience a eu sur moi.
Même si cela remonte à plus de vingt ans maintenant, il y a des moments dont je me souviens comme si c’était hier. Je suis sûre que d’autres personnes ayant étudié à l’étranger partagent ce sentiment. Je me souviens très bien de mon premier jour à Caen, lorsque j’ai exploré la ville et rencontré ma famille d’accueil. J’étais arrivée pleine d’enthousiasme à l’idée du semestre qui m’attendait, et il n’est pas exagéré de dire que ces six mois ont véritablement changé ma vie. J’étudiais le français depuis le lycée, et mon semestre à l’étranger a été l’aboutissement de mon parcours scolaire dans cette langue que j’adorais. L’immersion est sans aucun doute la meilleure façon d’apprendre une langue, et j’aurais sincèrement souhaité pouvoir rester plus longtemps.
Cette expérience d’études à l’étranger m’a poussée à faire preuve d’une autonomie et d’une résilience que je n’avais jamais connues auparavant. Elle m’a profondément transformée, dans le sens le plus positif qui soit ! Je peux affirmer avec certitude que je ne serais pas là où j’en suis aujourd’hui – tant sur le plan personnel que professionnel – sans mon séjour en France en tant qu’étudiante universitaire. Je réalise aujourd’hui qu’UNICAEN n’était que le début de mon parcours, qui m’a amenée à vivre et à travailler dans des endroits tels que Washington D.C., le Monténégro, le Laos et le Japon.
Quels souvenirs gardez-vous de cette période et de votre vie étudiante en Normandie ?
Bien sûr, comme c’est le cas pour tant d’expériences de vie, ce sont les personnes et les souvenirs que nous avons créés ensemble qui comptent le plus pour moi. Nouer des amitiés et des liens durables avec des colocataires, des camarades de classe et des familles d’accueil est un véritable trésor que l’on peut tirer d’un séjour d’études à l’étranger.
J’ai notamment rencontré mon mari à Caen, qui y étudiait lui aussi pendant un semestre en tant qu’étudiant étranger. Après tout ce temps, nous aimerions beaucoup retourner à Caen et faire découvrir à nos fils l’endroit où nous nous sommes rencontrés pour la première fois et qui occupe une place si particulière dans nos cœurs.
En tant qu’étudiante, j’ai vraiment apprécié mes cours et la possibilité d’étudier le français avec des étudiants venus du monde entier. Les excursions à la campagne pour découvrir des spécialités telles que le camembert et le calvados restent sans aucun doute des moments marquants. Les voyages à travers la France et dans d’autres régions d’Europe avec des amis et des proches venus me rendre visite sont des souvenirs que je chérirai toujours.
Je suis reconnaissante d’avoir pu vivre et étudier dans un lieu aussi beau et historique que Caen, et la riche histoire de la Normandie a sans aucun doute eu un impact durable sur moi. Se promener dans le château de Caen, se tenir sur la plage d’Omaha Beach ou visiter le Mémorial de Caen, ce sont des expériences qui changent la vie en modifiant la façon dont on perçoit le monde et la place que l’on y occupe.
En quoi votre propre expérience de mobilité a-t-elle influencé la manière dont vous accompagnez les étudiants et développez des partenariats internationaux ?
Même si ma vie professionnelle n’a pas été marquée par la langue française comme je l’avais imaginé, mon parcours éducatif à l’international m’a permis d’exercer un métier qui me passionne véritablement et auquel j’accorde une grande importance.
Je souhaite sincèrement que tous les étudiants et étudiantes aient la possibilité d’étudier à l’étranger, car je crois fermement au pouvoir transformateur des échanges internationaux. Sortir de sa zone de confort et découvrir comment les autres vivent, pensent, quelles sont leurs valeurs, etc., peut nous amener à faire preuve d’une plus grande ouverture d’esprit et d’empathie, des qualités particulièrement précieuses dans le monde d’aujourd’hui, intrinsèquement interconnecté. Je pense que l’un des principaux enseignements à tirer d’un séjour d’études à l’étranger, pour le dire simplement, est de comprendre que notre façon de faire et de voir les choses n’est pas la seule possible.
Je suis reconnaissante envers nos partenaires internationaux qui travaillent sans relâche pour faire tomber les barrières afin d’aider le plus grand nombre possible d’étudiants et d’étudiantes à partir étudier à l’étranger. Au début d’un nouveau semestre, je suis toujours ravie de voir des centaines d’étudiants internationaux arriver sur le campus, à la fois enthousiastes et nerveux à l’idée du parcours qui les attend. C’est un honneur pour moi de contribuer, même modestement, à aider les étudiants et étudiantes à s’orienter pendant leur séjour au Japon. J’espère qu’ils rentreront chez eux avec un nouvel état d’esprit et une nouvelle appréciation non seulement du Japon, mais aussi de leur pays d’origine et du monde qui les entoure. Et j’éprouve ce même sentiment envers nos étudiantes et étudiants japonais qui participent à des programmes d’échange international partout dans le monde.
J’espère que tous les étudiants sauront saisir les opportunités de développement personnel qu’offre un séjour d’études à l’étranger. Je pense qu’il existe une sorte de paradoxe dans le fait de voyager, d’étudier et de vivre à l’étranger, que les étudiants et étudiantes peuvent découvrir par eux-mêmes : le monde peut sembler à la fois plus petit et plus grand – plus petit dans la mesure où nous nous ressemblons à bien des égards en tant qu’êtres humains, et plus grand car il existe tant d’endroits merveilleux et variés à découvrir.
Quel message adresseriez-vous aujourd’hui aux étudiantes et étudiants qui envisagent d’étudier à l’étranger ?
Soyez prêts à sortir de votre zone de confort ! Souvent, les choses qui valent la peine d’être faites dans la vie s’avèrent difficiles, et peut-être un peu angoissantes, mais considérez ce défi comme une opportunité de croissance extraordinaire. Étudier à l’étranger peut être une expérience qui change la vie, et je vous encourage à saisir toute opportunité susceptible d’être aussi impactante. Je n’aurais jamais imaginé, quand j’étais petite fille et que je grandissais dans le Midwest des États-Unis, que je vivrais et travaillerais au Japon à ce stade de ma vie ! Mais ce sont des expériences extraordinaires qui s’ouvrent à nous lorsqu’on est prêt à faire ce premier pas. Vous ne le regretterez pas, et vous serez peut-être surpris de voir où ce voyage vous mènera. Et même s’il vous ramène exactement là où vous avez commencé, je vous garantis que vous serez une personne différente.