Comment trouver sa place dans le monde du travail à l’heure de l’IA ? Pour intégrer au débat les professionnels de demain, les Assises de l’IA ont convié des étudiantes et étudiants de l’université de Caen Normandie. Valeur des diplômes, place de l’humain face aux progrès technologiques… Pour faire face à ces mutations, les échanges ont confronté les regards étudiants à ceux de personnalités reconnues du monde scientifique et économique.
Les diplômes ont-ils encore de la valeur à l’heure de l’IA ?
Alors que l’IA transforme les métiers et fait évoluer les compétences attendues par les entreprises, les professionnels du secteur sont clairs : « Ces transformations invitent à repenser la valeur des compétences académiques et technologiques » explique Francis Lelong – CEO d’Alegria Group.
C’est pourquoi l’université de Caen Normandie s’attache à former à l’IA, notamment dans les cursus y compris dans des disciplines comme le droit et le marketing. « Le diplôme joue un rôle crucial dans l’attestation des connaissances et des compétences » précise Abdel-Illah Mouaddib, vice-président délégué à la stratégie IA et au numérique de l’université.
Du côté des étudiantes, Prune d’Arques en master Droit du numérique, Méline Desachelier et Jade Le Mouel, en BUT Marketing digital ont souligné l’importance de considérer l’IA comme un outil plutôt que comme un substitut à la réflexion humaine. « L’esprit critique, la maîtrise des connaissances et la capacité à mobiliser son expertise restent essentiels pour en faire un usage pertinent. »
Au-delà de la maîtrise des outils, l’enjeu est donc de savoir associer des compétences solides dans un domaine à une compréhension des possibilités et des limites de l’intelligence artificielle.
Avec l’IA, que reste-t-il de l’humain ?
Les progrès récents de l’intelligence artificielle posent en effet un certain nombre de questions, notamment dans le domaine des mathématiques. Comment faire face aux capacités croissantes de l’IA ? Quelles en sont ses limites ? Et avec quelles conséquences sur les activités humaines ?
Pour y répondre, les Assises ont conviés des personnalités de premier plan dont Sylvia Serfaty, professeure à Sorbonne Université et au Courant Institute de New York : « Les résultats produits par des systèmes d’IA qui repoussent les limites connues de leurs capacités. » Une inquiétude partagée par le mathématicien Cédric Villani, lauréat de la médaille Fields : « il est difficile de comprendre certaines démonstrations générées par ces systèmes. Qu’en est-il de la dépendance technologique ? Comment préserver les savoir-faire scientifiques ? ».
Selon François Pachet, scientifique et fondateur d’Imagine All the People, ancien directeur de recherche chez Spotify et Sony, la richesse des connaissances désormais accessibles grâce aux outils numériques ne doit pas remplacer ni éclipser le plaisir de la découverte et de la créativité. « La capacité à poser les bonnes questions demeure une dimension essentielle de l’intelligence humaine. », précise t’il.
Ainsi, les performances des outils d’IA ne dispensent pas d’apprendre, de comprendre et de développer ses propres compétences. « Un outil ne peut remplacer le travail personnel nécessaire à la progression », rappelle Cédric Villani. À l’image d’un muscle qui doit être entraîné, les capacités de raisonnement se développent par la pratique.
Un message encourageant pour les étudiants et étudiantes en présence : Luna Adjal et Élanore Antege, de l’ISEN, et Guillaume Bergerot et Filipe Tomas Pinto Salvador de l’université de Caen Normandie.
Des étudiants et étudiantes acteurs des réflexions sur l’IA
En participant à ces deux temps forts, étudiantes et étudiants de l’université de Caen Normandie ont pris part à des discussions qui dépassent la seule question des performances technologiques. Valeur des diplômes, évolution des compétences, autonomie intellectuelle, créativité, formation et responsabilité… Autant de sujets qui concernent directement les générations qui étudient et se préparent aujourd’hui aux métiers de demain. Leur donner une place dans les débats sur ces transformations est donc primordial : au-delà d’apprendre à utiliser ces technologies, il s’agit aussi de comprendre leurs effets, d’en questionner les limites et de conserver la capacité de penser par soi-même.
A l’heure où l’intelligence artificielle redéfinit les usages et les pratiques, l’université de Caen Normandie investit pleinement cet axe stratégique : former des professionnels compétents, capables d’esprit critique et prêts à prendre part aux grandes évolutions scientifiques, technologiques et sociétales.