À 22 ans, Elisa est en cursus d’ingénieure à l’ESIX de Cherbourg en génie des systèmes industriels, avec une spécialisation en opérations nucléaires. Venue du sud de la France, elle a choisi de s’engager dans un secteur stratégique pour la transition énergétique. Dans ce portrait, elle revient sur son parcours, récompensé par une bourse de l’Université des métiers du nucléaire, mais aussi sur les idées reçues qu’elle a découvertes en entrant dans le domaine du nucléaire et le message qu’elle souhaite transmettre aux jeunes filles qui hésitent à se lancer dans les métiers scientifiques.
Qu’est ce qui t’a donné envie de t’orienter dans un secteur aussi stratégique que le nucléaire ?
Après un bac STI2D, j’ai décidé de faire une classe préparatoire pendant deux ans pour intégrer une école d’ingénieur. À ce moment-là, je savais que je voulais travailler dans le domaine de l’énergie, mais je ne savais pas encore dans quel secteur précisément. C’est pendant ces deux années de prépa que j’ai découvert le domaine du nucléaire et que je me suis rendu compte qu’il m’intéressait beaucoup. Je n’ai pas hésité à quitter ma région pour venir étudier à Cherbourg et en apprendre plus sur ce secteur d’avenir.
Le nucléaire représente plus de 60 % de la production d’électricité à bas carbone ce qui en fait un acteur important de la transition énergétique et indispensable à la vie quotidienne. Ce domaine m’attirait aussi pour sa complexité scientifique et technique. Au cours de mes études, j’ai découvert que le secteur est en pleine évolution, avec de nouveaux projets, des innovations technologiques et de nouveaux types de réacteurs. Bref, des expériences et des rencontres loin des idées reçues qu’on peut projeter sur ce secteur encore méconnu !
Comment s’est passée ton intégration au sein des métiers du nucléaire ?
Au début, j’étais un peu inquiète. J’imaginais un environnement très fermé et je me demandais si j’allais trouver ma place dans ce domaine encore majoritairement masculin. En réalité, j’ai découvert un secteur où la sûreté et la protection des personnes et de l’environnement sont la priorité. Je me suis vite rendu compte que ce qui compte vraiment, ce sont la motivation, l’engagement et l’intérêt pour le domaine. J’ai aussi découvert un milieu très humain, avec des femmes et des hommes passionnés et engagés.
C’est pourquoi je peux dire aux jeunes filles qui souhaiteraient se diriger vers ce domaine : si un domaine vous passionne et vous motive, alors foncez ! Osez suivre ce qui vous intéresse et prendre votre place.
Qu’est-ce qui te rend la plus fière aujourd’hui dans ton parcours ?
Ce qui me rend la plus fière, c’est d’avoir osé choisir un domaine exigeant et d’avoir persévéré malgré les moments de doute pendant ces 3 ans. Aujourd’hui, mon parcours m’a permis d’acquérir de connaissances techniques dont je suis fière. J’aimerais d’ailleurs souligner que si mon parcours a été si motivant, c’est grâce aux personnes qui m’ont accompagnée pendant mes études. Même si l’on apprend à être autonome, il y a toujours des enseignants ou des camarades prêts à aider, conseiller et rassurer.
Grâce à l’université des métiers du nucléaire, j’ai également reçu une bourse destinée à accompagner les étudiants et étudiantes qui se destinent aux métiers du nucléaire. Non seulement cette récompense représente une reconnaissance de mon parcours et de mon travail, mais elle me conforte surtout dans l’idée que je suis sur le bon chemin. De plus, elle est aussi une aide précieuse pour terminer mes études dans de meilleures conditions.
Au travers du projet 3NC porté par la Région Normandie, l’université de Caen Normandie s’engage à former massivement les futurs experts de la filière nucléaire en Normandie, et répondre aussi aux besoins en main d’œuvre des entreprises industrielles.