Après un master Géographie, aménagement, environnement et développement obtenu en 2023, Fabio travaille désormais à la Région Normandie en tant que chargé de projet adaptation du littoral au changement climatique.
Quel est votre parcours ? Pourquoi vous êtes-vous tourné vers la géographie ?
J’ai un parcours assez atypique. À la suite de mon bac ES, je suis entré à l’université de Caen Normandie en licence 1 économie-gestion. J’ai redoublé et j’ai ensuite déménagé pour des raisons personnelles, avant de revenir à Caen pour un master Géographie, aménagement, environnement et développement dans le parcours Territoire en transition que j’ai obtenu en 2023.
Lors de ma deuxième année en économie-gestion, j’ai découvert le parcours géographie : c’est un domaine qui m’a toujours passionné, mais je ne savais pas qu’il existait une filière dédiée ! Nous avions des cours en commun avec la licence de géographie et j’ai pu échanger avec un ancien camarade de lycée qui y étudiait, ce qui m’a permis d’en apprendre plus sur cette spécialité. J’ai notamment adoré les aspects très concrets de ma licence : ce mélange de géographie physique, sociale et environnementale.
En master, les unités d’enseignement de l’université m’ont énormément plu, particulièrement la géographie sociale et développement du territoire. Le programme est très complet : le mémoire doit être réalisé en première année, ce qui permet de se concentrer sur sa spécialité et son stage en deuxième année. Le mémoire est individuel et sur un thème libre : le mien portait sur la pratique de la pêche à pied comme source d’autoconsommation.
Que retenez-vous de votre expérience à l’université de Caen Normandie ?
Nous avons eu une excellente qualité d’enseignement : j’ai beaucoup aimé les enseignants et les intervenants. En master, nous avions une relation privilégiée avec les enseignants : un lien s’est créé, notamment autour de passions communes qui nous amènent à travailler de manière collaborative. Une fois diplômé, en fonction du métier et de la structure, nous pouvons être amenés à les recroiser.
J’ai adoré mes années à l’université, qui ont mêlé liberté et travail. L’ambiance y était toujours bonne et le cadre très agréable, avec une forte volonté de développer la vie étudiante.
Quelles expériences professionnelles avez-vous eues durant votre cursus universitaire ?
Durant mes études, je travaillais au rectorat de Caen, en job étudiant. J’y ai fait de la surveillance pour les concours, de la recopie pour les étudiants en situation de handicap… et l’été, je faisais du maraîchage et je travaillais dans un centre aéré.
En deuxième année de master, j’ai fait mon stage dans une commune au nord de Caen. Ma mission était de décliner la politique cyclable de l’intercommunalité à l’échelle de la commune. Cette expérience était mon premier pas dans le monde de la collectivité, elle m’a ouvert les portes pour la structure pour laquelle je travaille.
Que faites-vous aujourd’hui ?
En novembre 2023, peu de temps après l’obtention de mon diplôme, j’ai commencé à travailler à la Région Normandie. Au départ, j’occupais le poste de gestionnaire administratif et financier des fonds européens au sein du pôle biomasse de la direction énergie, environnement et développement durable. Je gérais les fonds européens pour les méthaniseurs et les réseaux de chaleur : nous recevions des demandes de subventions pour mettre en place des méthaniseurs et nous leur accordions des subventions en fonction du cahier des charges et des pièces administratives.
En 2024, j’ai intégré le pôle Natura 2000, toujours en tant que gestionnaire de fonds européen ; depuis juillet 2025, je suis chargé de projet adaptation du littoral au changement climatique. C’est la mission qui correspond le plus à mes études. Nous portons la politique régionale en termes d’adaptation au changement climatique sur le volet eau et littoral. Autrement dit, nous venons en appui des territoires sur les aspects administratifs, techniques, financiers et également sur l’animation.
Par exemple, il existe le dispositif « Notre littoral pour demain », qui a permis d’identifier des scénarios à long terme d’exposition à différents risques climatiques, et donc d’accompagner différents acteurs comme les Établissement publics de coopération intercommunale (EPCI), les associations, les syndicats mixtes, en lien avec les techniciens et les élus. Dans le cadre de cette stratégie, nous déployons des actions sur toute la frange littorale de la Région Normandie et nous accompagnons les territoires sur des démarches d’amélioration en complétant la connaissance régionale sur les conséquences du changement climatique. De plus, nous venons en soutien aux territoires sur la réalisation d’actions d’adaptation notamment sur les solutions fondées sur la nature : par exemple, le projet Basse Saâne 2050 vise à la reconnexion naturelle de la rivière à la mer afin de recréer des zones humides et de les préserver pour prévenir les submersions marines et les inondations en renforcer la résilience du littoral.
Chaque projet prend en compte les résultats du GIEC Normand, c’est notamment dans ce cadre que je croise certains de mes enseignants et intervenants de master. Nous travaillons avec beaucoup d’acteurs, dont le réseau des observatoires du littoral, l’état, les départements…
Quelles compétences issues de votre formation utilisez-vous au quotidien dans vos missions ?
Le master m’a apporté une vision géographique globale des territoires et des phénomènes ainsi qu’une méthodologie adaptée. Au quotidien, je mobilise énormément les systèmes d’informations géographiques (SIG) qui permettent de cartographier de nombreuses informations. Il s’agit d’un outil très performant et très parlant sur le terrain pour présenter des informations à des élus. Grâce aux SIG, on peut par exemple illustrer nos propos et aider à la prise de décision. La méthodologie enseignée en master aide également à la conduite de projet, aux diagnostics de territoires et à la veille informationnelle. Ce dernier aspect est crucial, car il faut être très bien renseigné avant d’agir.
À travers les exposés présentés en cours, le master prépare aussi à l’animation de réunion. Dans nos métiers, nous devons beaucoup parler devant différents publics, ce qui requiert d’adapter son discours. Nous rédigions également de nombreuses notes et documents, qui sont des éléments quotidiens dans mes missions actuelles.
Un conseil pour des étudiants ou des étudiantes qui souhaitent se tourner vers des formations en lien avec la transition socio-écologique, et plus particulièrement vers le master Géographie, aménagement, environnement et développement ?
Le master est très généraliste. D’un côté, vous pourrez exercer dans de nombreux domaines et milieux différents après. Si je regarde ma promotion, nous travaillons tous dans des structures différentes, principalement dans des collectivités mais pas que, et sur des thématiques différentes. D’un autre côté, ce sont des études très complètes qui nous permettent de réfléchir en profondeur sur l’aménagement des lieux que l’on côtoie tous. Il s’agit aussi d’une filière aux enjeux très actuels puisque les collectivités sont dépendantes du politique et des lois. Nous sommes dans une période d’adaptation climatique, mais également sociale : le master prend bien en compte cet aspect en nous permettant, entre autres, de rencontrer des intervenants très intéressants. Lorsque l’on arrive dans la vie active, ce sont des personnes avec qui on peut être amené à travailler, ce qui très gratifiant. Donc n’hésitez pas à construire votre réseau professionnel dès votre formation : c’est une véritable force !