Colloque international Cultures de la violence et résistances féminines : les réceptions des mythes grecs antiques du XIVe au XXIe siècle, en Europe et au-delà, du 10 au 12 juin 2026

#MeToo a-t-il changé notre regard sur les mythes grecs antiques ?

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L’université de Caen Normandie organise le colloque international Cultures de la violence et résistances féminines : les réceptions des mythes grecs antiques du XIVe au XXIe siècle, en Europe et au-delà du 10 au 12 juin 2026. Ce colloque s’inscrit dans le cadre du projet européen AGRELITA porté par Catherine Gaullier-Bougassas, professeure de langue et littérature médiévales françaises, lauréate d’une ERC Advanced Grant – l’un des financements les plus prestigieux et sélectifs en Europe.

Quand les mythes grecs éclairent les débats contemporains

Philomèle, Médée, Iphigénie, Antigone, les Amazones ou encore Méduse continuent aujourd’hui d’habiter notre imaginaire collectif. Mais que nous disent réellement ces héroïnes antiques sur les violences faites aux femmes ? Pendant trois jours, des scientifiques en provenance de France, du Royaume-Uni, du Canada, des États-Unis, du Brésil, du Portugal, de Géorgie, de Roumanie ou encore de Grèce croiseront leurs regards sur ces récits qui traversent les siècles et continuent d’influencer nos représentations contemporaines des femmes, du consentement, de la violence, du pouvoir et de la résistance.

Longtemps, certaines scènes de violences présentes dans les mythes grecs ont été esthétisées, minimisées ou simplement ignorées. Aujourd’hui, les scientifiques s’interrogent sur la manière dont les évolutions sociétales, et notamment le mouvement #MeToo, ont transformé notre lecture de ces récits.

« Les mythes grecs constituent une formidable matrice de réflexion. Ils permettent d’observer comment les sociétés ont représenté, justifié, dénoncé ou transformé les violences faites aux femmes depuis l’Antiquité jusqu’à aujourd’hui. Ils offrent également des outils critiques pour comprendre certains mécanismes qui continuent d’agir dans nos sociétés contemporaines. »

Catherine Gaullier-Bougassas

Un colloque qui s’inscrit dans un projet de recherche européen

Avec le projet AGRELITA, Catherine Gaullier-Bougassas propose de réévaluer la réception de la Grèce antique à la lumière d’œuvres manuscrites et imprimées du Moyen Âge et de la première moitié du XVIe siècle. Plus précisément à compter des années 1320 : c’est durant cette période qu’apparaissent deux grandes traductions en langue française – l’Ovide moralisé, traduction des Métamorphoses du poète latin Ovide, qui regroupe des récits de la mythologie grecque, et le Miroir historial de Jean de Vignay, traduction du Speculum Historiale de Vincent de Beauvais, qui rassemble les connaissances et les savoirs de l’époque.

« Le projet AGRELITA s’intéresse aux représentations de la Grèce antique avant Alexandre le Grand et aux usages que les auteurs font de cette mémoire, eu égard à leurs propres communautés régionales, nationales et/ou européennes. » Objectif : étudier le rôle joué par la Grèce antique dans les processus de formation des identités en Europe occidentale durant le Moyen Âge.

L’ERC Advanced Grant : une bourse qui distingue un parcours scientifique d’excellence

Spécialiste de la réception de l’Antiquité grecque, Catherine Gaullier-Bougassas a rejoint l’université de Caen Normandie en janvier 2024, et plus spécifiquement le Centre Michel de Boüard CRAHAM, où elle contribue aux activités de recherche sur la circulation, la réception et la transmission des œuvres à travers les âges. Forte de son expertise, Catherine Gaullier-Bougassas a décroché, en 2021, une bourse ERC Advanced Grant – une distinction d’autant plus prestigieuse que les sciences humaines et sociales comptent encore peu d’ERC. Délivrée par le Conseil européen de la recherche, l’ERC Advanced Grant s’adresse aux scientifiques confirmés (12 années de recherches après leur soutenance de doctorat), avec un seul critère de sélection : l’excellence scientifique. Le projet de recherche, financé durant une période de cinq ans, se doit être un projet innovant, exploratoire, à la frontière des connaissances. « L’ERC est une formidable opportunité pour se consacrer à ses recherches, s’entourer d’une équipe dédiée et entreprendre de nouvelles collaborations », souligne Catherine Gaullier-Bougassas.

Le projet AGRELITA bénéficie d’un financement au titre du Conseil européen de la recherche (ERC) dans le cadre du programme-cadre de l’Union européenne pour la recherche et l’innovation Horizon 2020 sous le numéro de subvention 101018777.

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