Après un parcours initial orienté vers l’enseignement, Agathe s’est finalement tournée vers la médiation culturelle. À la suite d’une année de césure déterminante, elle a progressivement construit un projet professionnel en lien avec son intérêt pour l’art, le patrimoine et la transmission. Elle a alors intégré le master MEEF Pratiques et ingénierie de la formation. Aujourd’hui chargée de médiation culturelle au Pavillon, elle revient sur son parcours.
Quel a été votre parcours à l’université de Caen Normandie ? Pourquoi avoir choisi cette filière ?
Mon parcours initial ne me prédestinait pas aux métiers de la culture : j’ai d’abord suivi une double licence de lettres et d’espagnol dans le but de me diriger vers l’enseignement ou la linguistique. Suite à ma licence, j’ai effectué une année de césure qui m’a permis de comprendre que je voulais travailler dans le milieu de la culture, en cohérence avec mon intérêt pour le théâtre, l’art et le patrimoine. Afin de renforcer mon dossier, j’ai réalisé un service civique aux Archives départementales de la Seine-Maritime à Rouen. J’y ai participé au classement de fonds d’archives de la police après la Seconde Guerre mondiale, ainsi qu’à un travail sur la Guerre d’indépendance algérienne. J’ai notamment contribué à la création d’un guide des sources et à la préparation d’une exposition avec la sélection de fonds d’archives, tout en m’adaptant à différents publics et en animant un atelier.
Grâce à cette expérience, j’ai pu postuler à plusieurs masters en lien avec la médiation culturelle. En 2022, j’ai donc intégré l’INSPÉ de Caen où j’ai obtenu le master MEEF Pratiques et ingénierie de la formation, parcours Médiation culturelle et enseignement. Ce qui m’a fait choisir ce master, c’est que ce celui-ci ne prépare pas directement aux métiers de l’enseignement et propose de nombreuses opportunités de stages. J’ai apprécié ce côté pluridisciplinaire qui correspondait à mon parcours.
Quelles expériences professionnelles ont marqué votre formation ?
Entre mon M1 et mon M2, j’ai effectué une saison de 3 mois dans un lieu culturel et patrimonial en Bretagne, dans le Morbihan, sur deux sites mégalithiques. J’y ai animé de nombreuses visites qui me demandaient de m’adapter constamment à des publics de tous âges, à la fois en groupe et de manière individuelle. Cette expérience m’a beaucoup appris ! Ensuite, durant mon M2, j’ai réalisé un stage de fin d’études de 4 mois au Pavillon, à Caen, qui m’a mené vers mon poste actuel. J’y ai découvert l’architecture, l’urbanisme et le paysage. Ces thématiques étaient nouvelles pour moi : c’était un vrai challenge !
Quel est votre métier ? En quoi consistent vos missions au quotidien ?
Je suis aujourd’hui chargée de médiation culturelle au Pavillon. Il s’agit d’un lieu culturel situé sur la Presqu’île de Caen, à côté de la Bibliothèque Alexis de Tocqueville. Notre objectif au Pavillon est de mener des actions de sensibilisation autour de l’architecture, de l’urbanisme et du paysage. Ces actions s’adressent à tous les publics, mais principalement jeune, de la maternelle au lycée. Nous développons une offre pédagogique thématique en lien avec les expositions en cours. Par exemple, nous réalisons des ateliers et des balades urbaines autour de l’architecture. Mes missions consistent à imaginer ces ateliers, les mettre en place, à être en contact avec les écoles et nos éventuels partenaires. Par exemple, depuis peu, nous avons développé une newsletter destinée aux acteurs éducatifs et culturels. Tous les 2 ans, nous coorganisons également un événement avec l’association In Situ, la Biennale d’Architecture et d’Urbanisme de Caen la Mer, qui a pour objectif de parler de l’architecture autour d’une grande thématique lors d’un temps de rencontre et des conférences avec des professionnels.
Quelles compétences acquises au cours de votre master mobilisez-vous au quotidien ?
Durant ma formation, j’ai acquis de nombreuses nouvelles compétences utiles dans mes missions. J’ai notamment appris à monter un dossier de subvention : une fois par an, au Pavillon, nous réalisons une demande de subvention auprès de la Direction régionale des affaires culturelles (DRAC) pour imaginer de nouvelles actions.
Par ailleurs, en étudiant à l’INSPE, nous prenons le temps de travailler sur les programmes scolaires, et donc de comprendre les spécificités de chaque cycle et niveau scolaire. Nous partions des programmes pour imaginer des actions par la suite : cette méthodologie est intéressante car elle nous permet d’avoir une idée précise de ce qui peut être mis en place pour chaque public. Certains cours, comme des cours de sociologie, m’ont permis de trouver ma place en tant que médiatrice. Ce métier est singulier car il repose en grande partie sur notre individualité. Chacun et chacune possède sa propre manière de s’exprimer, de transmettre et de mettre en œuvre des actions. Notre identité ainsi que notre sensibilité y occupent une place centrale.
Qu’appréciez-vous le plus dans votre métier ?
J’aime le fait de pouvoir être créative au quotidien pour imaginer des ateliers et les concevoir. Selon le public, je garde toujours des objectifs en tête pour transmettre et sensibiliser de la meilleure manière possible. Être face au jeune public me plaît beaucoup et me motive. Nous avons la chance d’accueillir des élèves de plusieurs quartiers de Caen, voire de différentes communes appartenant à Caen La Mer. Le public varie au quotidien et demande donc une forte capacité d’adaptation. Il peut parfois être différent de ce que l’on avait imaginé : c’est le propre de la médiation !
Comment développer son réseau professionnel dans le milieu de la culture ?
L’idéal est de multiplier les expériences, notamment durant les vacances, en privilégiant des emplois saisonniers en lien avec votre formation. Ces opportunités permettent de rencontrer de nouvelles personnes et d’élargir son réseau. Lors des stages, il est également intéressant de créer des liens avec de potentiels partenaires. Bien sûr, il y a une part de chance, surtout lorsque l’on recherche une opportunité qui correspond à la fois à sa personnalité et à ses compétences : c’est pourquoi il est important de rester toujours ouvert aux propositions. Enfin, se spécialiser peut être un véritable atout, que ce soit dans une thématique particulière ou auprès d’un type de public spécifique.
Quels conseils donneriez-vous aux étudiants et étudiantes actuellement en master MEEF parcours Médiation culturelle et enseignement ?
Dans toute formation, nous abordons souvent les situations « de l’extérieur », sans être directement confrontés au public. Il est donc important de rechercher des opportunités et de se créer des expériences au-delà des stages. Rester curieux et attentif à l’actualité du monde culturel permet d’enrichir sa pratique dans les domaines de la médiation et de la pédagogie. Cette curiosité permet de s’armer pour sa recherche d’emploi. C’est un domaine où les opportunités ne correspondent pas toujours à nos attentes, avec des moyens parfois limités. Concernant les ressources, notamment pour le jeune public, il est pertinent de s’intéresser à différents types de pédagogies, y compris les nouvelles pédagogies. La lecture d’articles de chercheurs et d’ouvrages m’aide aussi au quotidien.