L’ergonomie ou l’amélioration des conditions de travail au quotidien 

Découvrir un métier grâce à un job étudiant : c’est ainsi qu’Olivier a trouvé sa voie, celle de l’ergonomie. D’abord diplômé d’un BTS Comptabilité et gestion des organisations, il s’est dirigé vers une licence STAPS Ergonomie du sport et performance motrice et un master Ergonomie obtenu en 2020 à l’université de Caen Normandie. Aujourd’hui ergonome industriel chez Naval Group, il revient sur son parcours.

Votre parcours a commencé dans la comptabilité : qu’est-ce qui vous a motivé à choisir l’ergonomie, pourtant très éloignée de cette filière ?

Suite à l’obtention d’un bac ES, je me suis orienté vers un BTS Comptabilité et gestion des organisations. En parallèle de mes études, j’avais un job étudiant en tant que préparateur de commandes dans un entrepôt logistique. J’y ai découvert des conditions de travail exigeantes, avec un rythme soutenu, un environnement froid, beaucoup de déplacements, des charges lourdes à manipuler… Cette expérience m’a amené à m’interroger sur l’amélioration des conditions de travail et sur les métiers associés à ce domaine.

Après avoir obtenu mon BTS, je me suis mis à la recherche de formations qui correspondaient à ce qui m’avait intéressé au cours de ce job étudiant : c’est dans cette optique que j’ai participé aux Journées portes ouvertes de l’université de Caen Normandie. J’y ai rencontré la responsable de la licence STAPS, Marie-Laure Bocca, afin d’envisager une passerelle. Grâce à cette opportunité, j’ai pu me réorienter directement en L2 vers une licence STAPS Ergonomie du sport et performance motrice. La formation m’a intéressé par son approche complète : elle aborde à la fois les sciences humaines et sociales, ainsi que les sciences de la vie. J’ai ensuite poursuivi en master Ergonomie, toujours à UNICAEN, que j’ai obtenu en 2020. Mon choix s’est porté vers ce master car il permet d’avoir une réflexion globale sur l’aménagement des espaces professionnels, d’un point de vue technique, organisationnel et humain.

Gardez-vous des souvenirs marquants de votre vie étudiante à UNICAEN ?

J’ai choisi cette université parce que je suis originaire de la région, mais aussi car elle est très bien réputée ! J’en garde de nombreux souvenirs, comme les journées à thème sur le Campus 2. La BU Rosalind-Franklin offre un super cadre de travail. C’est un campus très vivant. Étant boursier, j’ai pu bénéficier de tarifs préférentiels pour de nombreuses activités, par exemple avec le SUAPS, en section foot et en section course d’orientation. J’y ai fait de belles rencontres, nous avions la chance de bénéficier d’infrastructures et d’un encadrement de qualité. Je garde également un bon souvenir des projections de cinéma organisées le jeudi soir à l’amphithéâtre Pierre Daure, auxquelles je participais régulièrement !

Quelles expériences professionnelles vous ont marqué durant vos études ?

Trois expériences ont vraiment marqué mon parcours. Mon premier stage de BTS en cabinet comptable m’a d’abord permis de comprendre que je ne souhaitais pas poursuivre dans cette voie. À l’inverse, mon job étudiant comme préparateur de commandes a été un déclic : j’y ai pris conscience des risques professionnels et du fait qu’on pouvait agir dessus. C’est cette expérience qui m’a fait découvrir le métier d’ergonome. Enfin, j’ai effectué mon stage de fin d’études en master 2 chez Naval Group, sur le site de Ruelle-sur-Touvre, proche d’Angoulême, qui a confirmé mon souhait d’exercer ce métier. J’y ai découvert un milieu industriel que je ne connaissais pas, n’ayant fréquenté que le domaine comptable ou le secteur agroalimentaire, lors de mon stage de M1. J’ai alors pu développer des compétences techniques et un savoir-être, grâce à l’encadrement d’une tutrice à la fois compétente et très bienveillante. En parallèle de ce stage, Naval Group était à la recherche d’un ergonome sur le site de Cherbourg. J’ai été embauché en décembre 2020, une semaine après la fin de mon stage de fin d’étude.

Quel est votre métier aujourd’hui ? En quoi consistent vos principales missions ?

Je suis ergonome industriel pour Naval Group sur le site de Cherbourg depuis 5 ans. Mon poste est rattaché à la Direction Sécurité, Santé au travail et Environnement (SSTE). Je fais partie du service métiers, composé de spécialistes dans divers domaines qui interviennent de manière transverse sur le site. Au quotidien, 80 % de mes missions sont liées à l’ergonomie de correction, c’est-à-dire agir sur une situation et la corriger en adaptant l’environnement de travail suite à l’apparition de problématiques : un accident du travail, une maladie professionnelle, un lumbago, …

La phase de conception représente 20 % de mon travail. En effet, le but de l’ergonome est d’intervenir le plus en amont dans la phase de projet, et d’anticiper une problématique pour éviter sa survenue. En tant qu’ergonome interne, il est intéressant de mettre en place une démarche complète, de l’analyse de la demande jusqu’aux propositions de solutions et à leur mise en place. Nous sommes des acteurs de la transformation du travail. Cette approche permet d’agir sur les situations existantes et futures, pour concevoir des moyens industriels et des postes de travail adaptés aux besoins des utilisateurs.  Par ailleurs, nous sommes toujours en phase d’ajustement des solutions selon l’évolution de la législation, ou des innovations technologiques: certains projets sur Naval Group peuvent prendre entre 15 et 20 ans ! Entre les choix de conception définis en bureau d’étude et la situation de travail réelle.

Qu’appréciez-vous le plus dans votre métier, dans votre quotidien professionnel ?

J’aime particulièrement le fait de travailler sur des solutions innovantes qui n’existent pas sur catalogue : nous allons challenger des bureaux d’études, faire des simulations, réaliser des maquettes physiques, des simulations en 3D… C’est gratifiant d’arriver à un résultat adapté à une problématique. Il y a aussi une forte collaboration entre les métiers qui est enrichissante, car l’approche de l’ergonome est pluridisciplinaire. Nous sommes d’abord en lien avec les médecins du travail et les ressources humaines lors de la phase de recueil de données, la phase d’analyse avec les acteurs concernés, puis débute la phase de collaboration avec les ingénieurs, les managers, les futurs utilisateurs pour co-concevoir les solutions (techniques, organisationnelles ou humaines). Nous faisons le lien entre des métiers qui ne communiquent pas toujours entre eux.

Que diriez-vous aux étudiants et étudiantes qui souhaitent se lancer dans des études en ergonomie ?

L’ergonomie reste peu connue, mais permet d’intervenir dans des domaines très variés : l’industrie, la conception de matériel sportif, les services de santé au travail, les collectivités territoriales, les associations d’insertion des personnes en situation de handicap… La licence STAPS à Caen est généraliste et ouvre beaucoup de portes. Le métier d’ergonome est en développement depuis 10 ans, des postes s’ouvrent : il y a une demande et une vraie plus-value du métier. Je recommande aussi aux étudiants d’aller écouter le podcast « Parlons peu, parlons ergo » qui permet de découvrir le métier et d’en savoir plus sur cette filière !

Quels conseils donneriez-vous aux étudiants et étudiantes pour développer leur réseau professionnel pendant leurs études ?

Soyez curieux, et participez à des événements sur le thème de l’ergonomie si le parcours vous intéresse ! Il en existe au niveau local, comme la Journée de l’Ergonomie organisée à l’université. Cette journée permet de rencontrer des étudiants et des ergonomes souvent issus du master, avec des approches et des expériences à partager. C’est l’occasion aussi de trouver des opportunités de stage ou d’alternance. Ils peuvent aussi participer à des salons où des professionnels sont présents (fournisseurs de matériel et clients) comme celui d’Azergo à l’échelle régionale, ou Préventica à l’échelle nationale. Au niveau national, il existe également le congrès de la Société d’ergonomie de langue française (SELF) qui a lieu chaque année. Enfin, la Journée des Ergonomes Internes (JDEI) à Paris permet de croiser les pratiques et de développer son réseau.

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