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De l’université à la coopérative Isigny Sainte-Mère : Daniel Delahaye, figure du savoir-faire normand

Figure emblématique du monde agroalimentaire, Daniel Delahaye a été le directeur général de la coopérative Isigny Sainte-Mère durant 33 ans. Agronome de formation, diplômé en gestion et administration des entreprises, il reste profondément attaché à l’université de Caen Normandie où il a étudié. Animé par la volonté de transmettre son expérience aux nouvelles générations, il nous en dit plus sur son parcours, sa carrière et son lien avec l’université.

Quel a été votre parcours de formation à l’université de Caen Normandie ?

Originaire de Cherbourg, j’ai suivi une formation technique et technologique à l’ENSAIA, l’École Nationale Supérieure en Agronomie et des Industries Alimentaires, avec une spécialisation en microbiologie. J’ai réalisé mon stage de fin d’études au sein de la coopérative laitière Isigny Sainte-Mère.

J’avais la volonté de compléter ma formation par un diplôme de gestion. J’ai donc d’abord intégré l’IAE de Caen pour y obtenir un DESS en administration des entreprises, puis un DEA en analyse et gestion des organisations obtenu à l’université de Caen Normandie. Deux stages m’ont particulièrement marqué : le premier dans l’ancienne usine Ferrero de Condé-sur-Noireau où j’ai réalisé une étude sur les horaires variables, et le second au sein de l’IAE de Caen. Il consistait en une étude de marché sur l’implantation d’un service de distribution d’une ferme agricole sur la région caennaise.

Comment s’est passée votre insertion professionnelle ? Quels ont été les temps forts de votre carrière ?

Lors de mon stage de fin d’études à l’ENSAIA, j’avais passé six mois chez Isigny Sainte-Mère, ce qui a marqué le début de mon histoire avec cette entreprise. Étant fils d’agriculteur, j’ai grandi en consommant les produits d’Isigny Sainte-Mère dont la qualité m’inspirait déjà ! J’ai ensuite été embauché dans une autre structure comme directeur général adjoint, avant que le directeur d’Isigny me propose de revenir au sein de l’entreprise en tant que directeur adjoint.

En 1991, à 41 ans, je suis devenu directeur général de la coopérative. À mon arrivée, elle comptait 300 salariés. J’ai rapidement pris en main l’ensemble des fonctions stratégiques : pilotage, développement de produit, export, finance, management, recrutement… J’ai toujours aimé tout faire, et j’ai veillé à m’entourer d’équipes solides, à les animer et à les faire grandir. Avec ces équipes, nous avons initié la fusion de plusieurs structures locales. Nous avons également lancé l’exportation à l’international, notamment aux États-Unis, au Moyen-Orient et en Asie, et développé de nouvelles gammes de beurre, de crème, de fromage haut de gamme, et plus récemment, de lait infantile. Aujourd’hui, l’entreprise Isigny Sainte-Mère compte trois sites de production, 1300 salariés et exporte ses produits dans 150 pays !

En quoi votre cursus universitaire a-t-il impacté votre vie professionnelle ?

J’ai toujours été guidé par la volonté constante de transformer les problèmes en réussites. Grâce à mon double cursus entre agronomie et gestion, j’ai réussi à avoir une vision globale de l’entreprise, en alliant terrain et stratégie. Mes années à l’université et à l’IAE ont été nécessaires, voire déterminantes ! Je suis reconnaissant d’avoir eu ces opportunités, qui m’ont donné la confiance et les outils pour être rapidement opérationnel au début de ma carrière chez Isigny Sainte-Mère. Je dis souvent que la chance m’a pris la main : j’ai vécu une aventure humaine et professionnelle exceptionnelle.

Gardez-vous des souvenirs particuliers de votre passage à l’université de Caen Normandie ?

Les années d’études supérieures sont, à mon sens, les plus belles années de la vie ! J’en garde beaucoup de bons souvenirs, et des amis qui font encore partie de mon entourage. Je me souviens des discussions, des moments partagés au restaurant universitaire, des projets… Sans oublier le stress des examens ! Ça m’a construit et donné ce qui était nécessaire pour avancer. Je suis heureux d’avoir eu la chance de passer par l’université de Caen Normandie, et surtout de l’avoir vue grandir. 

Vous êtes resté attaché à l’université de Caen Normandie, et cela se traduit par plusieurs rapprochements. Pourquoi cet engagement ?

J’ai été membre du conseil d’administration de l’université de Caen Normandie pendant 13 ans, en tant que représentant du monde de l’entreprise. Je suis moi-même un alumni de l’université, c’était donc important pour moi de redonner un peu de ce que j’y avais reçu. Ce qui m’a toujours motivé, c’est de créer du lien entre l’université et le monde économique. À mes yeux, ces deux mondes ont tout à gagner à mieux se connaître. C’est pour ça, par exemple, que j’ai proposé d’organiser une réunion du conseil d’administration dans les locaux d’Isigny Sainte-Mère, pour faire découvrir nos métiers, nos techniques et nos technologies.

Quels sont vos liens avec le Club Phénix et la Fondation 1432 ?

Lorsque le Club Phénix, le réseau des partenaires de l’université de Caen Normandie, a été créé en 2022, j’ai accepté avec plaisir d’en être le parrain pour un mandat de trois ans. Cela représentait encore un pas entre l’université et le monde de l’entreprise. Le Club compte aujourd’hui 5000 membres, ce qui permet à la fois de créer des opportunités pour la communauté étudiante, et de répondre aux besoins des entreprises en quête de jeunes à recruter. Début 2025, la Fondation 1432 a été lancée, et j’ai souhaité qu’Isigny Sainte-Mère soit l’un de ses donateurs. C’était une suite logique. Quand j’ai quitté l’université, je pensais que mon engagement s’arrêtait là, mais je suis finalement très heureux d’encore apporter ma contribution !

Quels conseils donneriez-vous aux futurs étudiants et étudiantes ?

Ce qui fait la force de l’université, c’est qu’elle est globale et accessible. Elle permet à chacun de trouver sa place : tout y est possible. Je leur conseille alors de ne pas avoir peur, et de croire en la force du réseau ! L’université est un lieu d’opportunités où chacun peut réussir s’il s’investit pleinement. C’est aussi un passeur de sens, de valeurs. Il est important de raisonner en pensant aux autres… Restez positifs, ouverts aux autres, et adoptez une démarche de « gagnant-gagnant » : plus on donne, plus on reçoit.