« Il n’y a pas qu’une voie pour devenir réalisateur »

Étudiant en 3e année de licence Arts du spectacle parcours Cinéma, Gianni, 20 ans et originaire de Caen, est aussi réalisateur. Avec 2 films à son actif, il revient sur son parcours et sur ce que sa formation à l’université de Caen Normandie lui a apporté.

Peux-tu nous présenter ton parcours universitaire et artistique ?

J’ai toujours vécu à Caen : j’aime beaucoup cette ville, j’y ai réussi à me créer un réseau assez important, dans les arts en général et dans le cinéma en particulier. Jusqu’à l’année dernière, j’étais au Conservatoire de Caen. J’y pratiquais le théâtre (cycle 1, 2 et 3 entre 2020 et 2025) et la musique (classe de contrebasse entre 2012 et 2025 & orchestre) ; j’ai aussi fait partie de l’orchestre universitaire en 2023-2024. Et surtout, depuis que j’ai 10 ans, je réalise des films en autodidacte. En 3e, j’ai eu l’occasion de faire un stage dans la société de production Mon Voisin Productions de Dominique Besnehard, qui produit notamment la série « Dix pour cent ». À l’âge de 16 ans, j’ai réalisé mon premier long-métrage autoproduit « Elles ont songé au bonheur ». Sorti en mars 2023 (la semaine du bac pour moi !), ce film a été diffusé notamment au cinéma Lux.

J’ai ensuite co-écrit un scénario de court-métrage avec Garance Pasquet (actuellement dans le master Arts, lettres et civilisations parcours Théâtre). En 2024, dans le cadre de l’atelier « Scénario court-métrage fiction », nous avons bénéficié d’un accompagnement à l’écriture par Normandie Images. Après plusieurs recherches de financements, mon 2e film a finalement de nouveau été réalisé en autoproduction. Intitulé « Soleil de nuit », ce nouveau court-métrage a été tourné à Caen en juin 2025 et projeté au Lux une première fois le 15 novembre et une deuxième fois le 14 janvier, à chaque fois devant une salle comble.

Le 17 février à 20h en amphi Daure, découvrez « Soleil de nuit », le nouveau film de Gianni, présenté en première partie de la soirée spéciale César du court-métrage. L’acteur principal, Loann, est aussi étudiant à l’université de Caen Normandie en master Langues, littératures et civilisations étrangères et régionales parcours Anglais.

Que t’apporte ta formation dans tes projets cinématographiques ?

En Arts du spectacle, on se spécialise progressivement : la 1re année (L1) est partagée entre théâtre et cinéma ; c’est à partir de la L2 qu’on choisit son parcours. En cinéma, les cours sont très divers : histoire du cinéma, analyse, esthétique, économie, acteurs… La formation reste majoritairement théorique, sauf en L3, où nous devons réaliser en groupe un court-métrage de 6 minutes. Le tournage est prévu pour début mars, et tous les films seront projetés à l’amphi Daure le 12 mai.

Cependant, notre emploi du temps nous laisse suffisamment de temps libre pour nous consacrer à nos projets personnels. J’ai donc trouvé un équilibre assez naturellement, qui m’a permis d’enrichir ma pratique de création et d’écriture. Grâce à ma formation, j’ai considérablement élargi ma culture cinématographique : pour moi qui ai découvert le cinéma en autodidacte, la licence m’a donné des bases fondamentales en analyse et mise en scène.

Des projets pour la suite ?

Après ma licence, j’envisage peut-être de faire un master sur Paris. L’an dernier, j’ai tenté deux grandes écoles de cinéma, La Fémis à Paris et La CinéFabrique à Lyon et Marseille. Cette année, j’aimerais que mon nouveau film soit sélectionné en festival, et surtout rencontrer des producteurs pour pouvoir financer mon prochain film, un long-métrage, actuellement en écriture. J’aimerais également mettre en pratique mes connaissances et compétences avec des stages, idéalement sur des tournages.

En tous cas, je n’avais pas envie de quitter Caen juste après le bac. J’y suis attaché, je trouve que le campus 1 est un lieu très agréable et cinématographique, même si je n’ai pas encore l’occasion d’y tourner !

Un conseil pour les étudiantes et étudiants qui souhaiteraient réaliser leurs propres films ?

N’attendez pas d’avoir fait une école, plus jeune vous commencez mieux c’est. Heureusement, il n’y a pas qu’une seule voie pour devenir réalisateur ! La fac, par exemple, est plus orientée vers l’acquisition des connaissances que la pratique. Je ne peux que vous conseiller de continuer vos propres projets en parallèle : aller voir des films, échanger avec d’autres passionnés, rencontrer des professionnels… dont vos professeurs ! Se créer un réseau, c’est primordial. Dans ce milieu, il faut oser : avoir des doutes, c’est normal, mais il ne faut pas avoir peur de se lancer et d’être ambitieux !