
Le mouvement anticolonialiste malgache de l’entre deux guerres : un rendez-vous manqué ?
04 février 2026 · 10h30 – 12h30
Cette conférence est organisée sous l’égide de la Chaire Mémoire et avenir de la Paix, mais également du laboratoire HisTeMé de l’université de Caen Normandie, dont la coordination est notamment assurée par Vincent Bollenot, Maître de conférences d’histoire à l’université de Caen.
Eclairer les tensions entre mémoire coloniale, expériences de guerre et aspirations à la paix dans l’espace impérial français
Généralement, l’évocation des mouvements anticolonialistes fait référence au nationalisme souvent essentialisé de l’après deuxième guerre mondiale.
Or le mouvement anticolonialiste, à Madagascar, en tout les cas vers les années 20, fut d’abord un combat contre un système et souvent en utilisant les valeurs de la Révolution française et certaines de ses institutions. C’est cette histoire qui s’arrête au début des années quarante qui sera évoquée lors de cette conférence.
En effet, avant la Première guerre mondiale, à Madagascar plusieurs mouvements que l’on qualifierait de nos jours de nationalistes ou de proto nationalistes avaient tenté de résister soit à la conquête militaire de 1896, soit aux premières tentatives d’installation du système colonial. Certains de ces mouvements, que nous évoquerons dans une première partie, combattirent soit pour restaurer les monarchies précoloniales soit à partir de 1910-13 firent la promotion d’un Madagascar imaginé comme le Japon de l‘ère Meiji qui a su concilier une identité locale avec les apports de l’Occident. Une sorte de confinement dans le monde insulaire explique pour partie cette situation.
La Première guerre coloniale, une autre forme de globalisation, brisera cet enfermement insulaire avec l’arrivée en Métropole, comme on disait à l’époque, de soldats originaires des colonies française qui s’y rencontrèrent dans les tranchées mais aussi au sein d’organisations de gauche. L’essor des mouvements révolutionnaires dans le monde joua pour partie dans cette sorte de mutation vers l’universalité. Ce sera l’objet de la deuxième partie de cette intervention qui répondra à la question posée dans le titre, pourquoi un rendez vous manqué ?
Ce rapide tableau s’arrêtera à l’orée des années 40, qui verront l’expansion du nationalisme anticolonial dans le monde entier.
- Solofo Randrianja, Professeur d’histoire à l’université de Toamasina, Madagascar
- Discutant : Vincent Bollenot, Maître de conférences d’histoire à l’université de Caen (HisTeMé)
Inscriptions ouvertes jusqu’au 2 février 2026 et dans la limite des places disponibles.