Chapitre 7

Capitulum VII1caput 6 1536.

Asturam [le poisson-écume : le lançon équille1Les matériaux réunis par Aristote sur le seul poisson-écume, l’ἀφρός, en Arist. HA 569 a 26 - b 23 et 569 b 28 - 570 a 3, ont été compris par Thomas de Cantimpré (TC 7, 4) et Albert le Grand (AM 24, 5 (9)) comme concernant deux espèces distinctes : l’asforam et l’astaram / asturam. Kitchell & Resnick 1999, 1661, n. 41, à la suite de Stadler 1920, 476, supposent à l’origine de cette confusion un contresens sur le nom de la constellation Arcturos, mentionné en Arist. HA 569 b 3, et compris à tort comme désignant un poisson. ?] [+][AM 24, 5 (9) [-]][+]

Asturam [+][AM 24, 5 (9) [-]][+]

Renvois internes : Asturam : cf. Alphoram, ch. 1 ; Alforam, ch. 6 ; Afferus, ch. 9.

Lieux parallèles : TC, De astaraz (7, 4).

poisson

[1] Albert le Grand dans le De animalibus. [] AM 24, 5 (9)L’asturam est un poisson qui naît, au printemps et à l’automne, dans l’écume des eaux de pluie, et ces poissons y grouillent comme les vers qui sortent des excréments d’animaux. On dit aussi que ce poisson naît de la vase. Ne supportant pas la lumière du soleil, il se réfugie dans l’ombre que les arbres projettent sur l’eau. Cependant ils aiment la chaleur et en font provision : ils nagent depuis le fond de l’eau jusqu’à la rive. Ils se font rares par temps de sécheresse, mais ils prolifèrent quand les pluies sont chaudes et abondantes2La description de l’asturam / astaraz se nourrit de plusieurs notations démarquées d’Aristote (sans doute par l’intermédiaire de Thomas de Cantimpré). On relève ainsi une première similitude avec Arist. HA 569 b 4-7 : « voici la preuve que [la menuaille qu’on appelle écume] monte parfois du fond : quand il fait froid, les pêcheurs n’en prennent pas, mais ils en prennent quand il fait doux, comme si ces poissons montaient du fond vers la chaleur » (Louis 1968, 95). La suite offre des ressemblances avec le texte d’Aristote (Arist. HA 569 b 8-23), mais résumé et interprété assez librement : « Ces poissons se forment dans les endroits ombragés et marécageux, lorsque par beau temps le sol est échauffé, […] et il s’en forme quelquefois également, lorsque beaucoup d’eau tombe du ciel, dans l’écume que produit l’eau de pluie, et c’est pourquoi on l’appelle écume. Et parfois, quand il fait beau, est emportée sur la surface de la mer de l’écume qui renferme le poisson-écume : il se trouve, comme les vers dans le fumier, en tous les points de la surface de l’écume où il s’est formé. C’est pourquoi bien souvent ce poisson est apporté de la haute mer. Ces poissons abondent, et on en prend en très grande quantité lorsque l’année est humide et chaude » (Louis 1968, 95-96)..

[1] Albertus in libro De naturis animalium. [] AM 24, 5 (9)Asturam2astaraz AM. piscis est qui tempore veris et autumni in spumis pluvialibus generatur et in eis ebullit sicut vermis3vermes AM. ex stercoribus animalium. Dicitur etiam ex luto generari. Hic piscis, impatiens claritatis solis, fugit ad umbras arborum quas in aquas projiciunt. Calorem tamen diligunt et habent4hunc quaerentes AM.5L’observation d’Albert le Grand était formulée avec logique : « ils aiment la chaleur, et ils vont la chercher en remontant du fond à la rive ». Avec l’omission de quaerentes, qui a entraîné vraisemblablement la transformation de hunc, devenu aberrant, en habent, l’Hortus sanitatis continue d’offrir un texte lisible, mais décousu (la traduction de Vérard a fait l’économie de habent, jugé sans doute redondant et peu explicite, sans apporter plus de liant au raisonnement : « néanmoins il aime la chaleur. Il nage du parfond à la rive »). ; de6a AM. profundo ad ripam natant. Tempore siccitatis non7non non hab. AM. abundant8L’absence de négation devant le premier habundant dans le texte d’Albert le Grand, tel qu’il est édité par Stadler, semble presque relever d’un non-sens que Kitchell & Resnick 1999, 1661, peinent à justifier : l’asturaz serait abondant et quand il fait sec et quand il fait chaud et humide. En revanche, la citation telle qu’elle figure dans l’Hortus sanitatis est parfaitement cohérente et conforme à l’observation transmise par Aristote., sed quando multae sunt pluviae et calidae, abundant.

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1Les matériaux réunis par Aristote sur le seul poisson-écume, l’ἀφρός, en Arist. HA 569 a 26 - b 23 et 569 b 28 - 570 a 3, ont été compris par Thomas de Cantimpré (TC 7, 4) et Albert le Grand (AM 24, 5 (9)) comme concernant deux espèces distinctes : l’asforam et l’astaram / asturam. Kitchell & Resnick 1999, 1661, n. 41, à la suite de Stadler 1920, 476, supposent à l’origine de cette confusion un contresens sur le nom de la constellation Arcturos, mentionné en Arist. HA 569 b 3, et compris à tort comme désignant un poisson.

2La description de l’asturam / astaraz se nourrit de plusieurs notations démarquées d’Aristote (sans doute par l’intermédiaire de Thomas de Cantimpré). On relève ainsi une première similitude avec Arist. HA 569 b 4-7 : « voici la preuve que [la menuaille qu’on appelle écume] monte parfois du fond : quand il fait froid, les pêcheurs n’en prennent pas, mais ils en prennent quand il fait doux, comme si ces poissons montaient du fond vers la chaleur » (Louis 1968, 95). La suite offre des ressemblances avec le texte d’Aristote (Arist. HA 569 b 8-23), mais résumé et interprété assez librement : « Ces poissons se forment dans les endroits ombragés et marécageux, lorsque par beau temps le sol est échauffé, […] et il s’en forme quelquefois également, lorsque beaucoup d’eau tombe du ciel, dans l’écume que produit l’eau de pluie, et c’est pourquoi on l’appelle écume. Et parfois, quand il fait beau, est emportée sur la surface de la mer de l’écume qui renferme le poisson-écume : il se trouve, comme les vers dans le fumier, en tous les points de la surface de l’écume où il s’est formé. C’est pourquoi bien souvent ce poisson est apporté de la haute mer. Ces poissons abondent, et on en prend en très grande quantité lorsque l’année est humide et chaude » (Louis 1968, 95-96).

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1caput 6 1536.

2astaraz AM.

3vermes AM.

4hunc quaerentes AM.

5L’observation d’Albert le Grand était formulée avec logique : « ils aiment la chaleur, et ils vont la chercher en remontant du fond à la rive ». Avec l’omission de quaerentes, qui a entraîné vraisemblablement la transformation de hunc, devenu aberrant, en habent, l’Hortus sanitatis continue d’offrir un texte lisible, mais décousu (la traduction de Vérard a fait l’économie de habent, jugé sans doute redondant et peu explicite, sans apporter plus de liant au raisonnement : « néanmoins il aime la chaleur. Il nage du parfond à la rive »).

6a AM.

7non non hab. AM.

8L’absence de négation devant le premier habundant dans le texte d’Albert le Grand, tel qu’il est édité par Stadler, semble presque relever d’un non-sens que Kitchell & Resnick 1999, 1661, peinent à justifier : l’asturaz serait abondant et quand il fait sec et quand il fait chaud et humide. En revanche, la citation telle qu’elle figure dans l’Hortus sanitatis est parfaitement cohérente et conforme à l’observation transmise par Aristote.

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