Chapitre 29

Capitulum XXIX1caput 27 1536.

Erachoides [la loche d’étang1Dans leur commentaire d’Albert le Grand (AM 24, 52 (33)), Kitchell & Resnick 1999, 1683, reprennent l’identification faite par Cuvier selon laquelle il s’agirait de la loche d’étang (Misgurnus fossilis Linné, 1758), qui peut vivre longtemps, enterrée, dans le lit des rivières asséchées. Comme pour le poisson babilonicus, qui figurerait lui aussi chez Théophraste, ils indiquent comme source le De mirabilibus auscultationibus, du Pseudo-Aristote. Dans le livre 9, Pline parle lui aussi de ce poisson et mentionne Théophraste comme source de ses informations : Piscium genera etiamnum a Theophrasto mira produntur. […] Circa Heracleam et Cromnam et multifariam in Ponto unum genus esse quod extremas fluminum aquas sectetur cauernasque sibi faciat in terra atque in his uiuat, etiam reciprocis amnibus siccato littore ; effodi ergo, motu demum corporum uiuere eos adprobante (Plin. nat. 9, 175-176), « Des espèces de poissons extraordinaires sont encore citées par Théophraste. […] Dans les régions d’Héraclée, de Cromna, et un peu partout dans le Pont il y a une espèce qui vient tout au bord des cours d’eau, se creuse des trous dans la terre et y vit, même lorsque le retrait des fleuves laisse le rivage à sec ; on les déterre donc, seul le mouvement de leur corps révélant leur existence » (De Saint-Denis 1955, 93).], exochinus [l’adonis2Ce poisson figure dans l’Histoire naturelle (Plin. nat. 9, 70) sous le nom d’exocoetum (littéralement en grec « qui dort dehors »). De Saint-Denis 1943, 121, et D’Arcy Thompson 1947, 63, qui suivent Rondelet, Libri de piscibus marinis, livre VI, ch. 15, y reconnaissent une sorte de muge volant ou de gobie aussi appelé adonis. Cuvier a aussi suggéré de voir dans l’adonis de Pline un gobie. Le nom adonis viendrait de ce que ce poisson est capable de séjourner un peu hors de l’eau : « Le muge volant a été nommé Adonis, parce qu’il semble avoir pour amis la mer et la terre » (Valmont-Bomare 1791, 98-99, qui suit Oppien). D’Arcy Thompson signale l’erreur de Pline qui comprend mal Cléarque, cité par Athénée, et fait de ce poisson un poisson d’eau douce.] et ericius [« le hérisson » : l’oursin3L’identification de l’oursin (Echinoidea Leske, 1778) ne pose pas de problème dans ce chapitre, car il n’est pas confondu, comme ailleurs, avec le rémora. Et comme dans le chapitre 44, Icinus marinus, où l’on trouve à peu près les mêmes informations, il ne figure que sous un seul nom.] [+][AM 24, 52 (33) [-]][+] [+][AM 24, 51 (33) [-]][+] [+][AM 24, 50 (33) [-]][+]

Erachoides, exochinus et ericius [+][AM 24, 52 (33) [-]][+] [+][AM 24, 51 (33) [-]][+] [+][AM 24, 50 (33) [-]][+]

Renvois internes : Ericius : cf. Escinus, ch. 34 ; Ethenay vel echyni, ch. 36 ; Icinus marinus, ch. 44.

Lieux parallèles : Erachoides dans TC, De eracliodibus (7, 36).
Exochinus dans TC, De ezochio (7, 34).
Ericius dans TC, De ericio (7, 33), De echino (7, 31) ; VB, De echenei vel echino (17, 49) ; De eodem (17, 50) ; De medicinis ex eodem (17, 51) ; De icino marino (17, 58) ; AM, [Escynus] (24, 48 (31)).

poisson

[1] Albert le Grand dans le De animalibus. [] AM 24, 52 (33)Les loches d’étang, à ce que dit Théophraste, sont des poissons qui vivent dans le Pont, dans les parages d’Héraclée. Ce poisson recherche l’eau douce avec une telle constance que, creusant le sol, il passe d’une nappe d’eau à une autre et se cache parfois dans des cavités où il aura découvert que coulent des rivières souterraines.

[1] Albertus in libro De naturis animalium. [] AM 24, 52 (33)Erachoides2eracleydes AM., ut dicit Theophrastus, pisces sunt in Ponto circa Eracliam3eracham 1491 Prüss1 1536. morantes. Hic piscis multum sequitur aquam dulcem, ita quod terram incidens4fodiens AM. de aqua transit ad aquam, et aliquando in cavernis latitat, ubi amnes sub terra5subterreae AM. confluere invenerit.

[2] Dans le même livre que ci-dessus. [] AM 24, 51 (33)L’adonis est un poisson d’Arcadie, à ce que dit Pline, ou plutôt un animal aquatique, qui sort de l’eau, vient sur le rivage pour dormir et ne peut vivre sans dormir.

[2] In libro ut supra. [] AM 24, 51 (33)Exochinus piscis est Archadiae6in archadia AM., ut dicit Plinius7D’après Plin. nat. 9, 70 : Miratur et Arcadia suum exocoetum, appellatum ab eo quod in siccum somni causa exeat., vel potius animal8animal addidimus ex AM. aquaticum et9et non hab. AM. quod propter somnum de aqua exit10exiit 1491 Prüss1 1536. ad siccum nec vivere potest sine somno.

[3] Dans le même livre que ci-dessus. [] AM 24, 50 (33)L’oursin est un poisson de mer qui a la tête et la bouche en bas et le point par où s’évacuent les excréments en haut, contrairement à la conformation des autres animaux. Il se sert de ses piquants comme de pieds. Tous les autres poissons l’ont en horreur. Et selon Pline, ses chairs sont rouge vif, comme le cinabre4Cette précision, qui est attribuée à Pline et reprise par Isidore de Séville, Thomas de Cantimpré et Albert le Grand, ne se trouve pas dans l’Histoire naturelle. Elle n’est pas non plus chez Aristote..

[3] In eodem libro ut supra. [] AM 24, 50 (33)Ericius est piscis maris habens caput et os inferius et exitum superfluitatum superius contra aliorum dispositionem animalium11D’après Arist. HA 530 b 20-21 MS : Et accidit iricio quod caput et os suum sunt inferius et exitus superfluitatis superius. L’information se trouve aussi dans Plin. nat. 9, 100 : Ora in medio corpore in terram uersa.. Suis spinis utitur loco pedum12pedibus AM per errorem.13D’après Arist. HA 531 a 7 MS : Ipse utitur spinis loco pedum. Voir Plin. nat. 9, 100 : Ex eodem genere sunt echini, quibus spinae pro pedibus. L’information est exacte.. Et ceteris piscibus est horrori. Et, sicut dicit Plinius, habet carnes14habet carnes : carnes habet AM. rubeas sicut minium.

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1Dans leur commentaire d’Albert le Grand (AM 24, 52 (33)), Kitchell & Resnick 1999, 1683, reprennent l’identification faite par Cuvier selon laquelle il s’agirait de la loche d’étang (Misgurnus fossilis Linné, 1758), qui peut vivre longtemps, enterrée, dans le lit des rivières asséchées. Comme pour le poisson babilonicus, qui figurerait lui aussi chez Théophraste, ils indiquent comme source le De mirabilibus auscultationibus, du Pseudo-Aristote. Dans le livre 9, Pline parle lui aussi de ce poisson et mentionne Théophraste comme source de ses informations : Piscium genera etiamnum a Theophrasto mira produntur. […] Circa Heracleam et Cromnam et multifariam in Ponto unum genus esse quod extremas fluminum aquas sectetur cauernasque sibi faciat in terra atque in his uiuat, etiam reciprocis amnibus siccato littore ; effodi ergo, motu demum corporum uiuere eos adprobante (Plin. nat. 9, 175-176), « Des espèces de poissons extraordinaires sont encore citées par Théophraste. […] Dans les régions d’Héraclée, de Cromna, et un peu partout dans le Pont il y a une espèce qui vient tout au bord des cours d’eau, se creuse des trous dans la terre et y vit, même lorsque le retrait des fleuves laisse le rivage à sec ; on les déterre donc, seul le mouvement de leur corps révélant leur existence » (De Saint-Denis 1955, 93).

2Ce poisson figure dans l’Histoire naturelle (Plin. nat. 9, 70) sous le nom d’exocoetum (littéralement en grec « qui dort dehors »). De Saint-Denis 1943, 121, et D’Arcy Thompson 1947, 63, qui suivent Rondelet, Libri de piscibus marinis, livre VI, ch. 15, y reconnaissent une sorte de muge volant ou de gobie aussi appelé adonis. Cuvier a aussi suggéré de voir dans l’adonis de Pline un gobie. Le nom adonis viendrait de ce que ce poisson est capable de séjourner un peu hors de l’eau : « Le muge volant a été nommé Adonis, parce qu’il semble avoir pour amis la mer et la terre » (Valmont-Bomare 1791, 98-99, qui suit Oppien). D’Arcy Thompson signale l’erreur de Pline qui comprend mal Cléarque, cité par Athénée, et fait de ce poisson un poisson d’eau douce.

3L’identification de l’oursin (Echinoidea Leske, 1778) ne pose pas de problème dans ce chapitre, car il n’est pas confondu, comme ailleurs, avec le rémora. Et comme dans le chapitre 44, Icinus marinus, où l’on trouve à peu près les mêmes informations, il ne figure que sous un seul nom.

4Cette précision, qui est attribuée à Pline et reprise par Isidore de Séville, Thomas de Cantimpré et Albert le Grand, ne se trouve pas dans l’Histoire naturelle. Elle n’est pas non plus chez Aristote.

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1caput 27 1536.

2eracleydes AM.

3eracham 1491 Prüss1 1536.

4fodiens AM.

5subterreae AM.

6in archadia AM.

7D’après Plin. nat. 9, 70 : Miratur et Arcadia suum exocoetum, appellatum ab eo quod in siccum somni causa exeat.

8animal addidimus ex AM.

9et non hab. AM.

10exiit 1491 Prüss1 1536.

11D’après Arist. HA 530 b 20-21 MS : Et accidit iricio quod caput et os suum sunt inferius et exitus superfluitatis superius. L’information se trouve aussi dans Plin. nat. 9, 100 : Ora in medio corpore in terram uersa.

12pedibus AM per errorem.

13D’après Arist. HA 531 a 7 MS : Ipse utitur spinis loco pedum. Voir Plin. nat. 9, 100 : Ex eodem genere sunt echini, quibus spinae pro pedibus. L’information est exacte.

14habet carnes : carnes habet AM.

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