De la survie au bien-être

Lieu : MRSH -salle des Actes
Début : 05/03/2013 - 14:30
Fin : 05/03/2013 - 18:00
Responsable(s) scientifique(s) : Philippe Madeline, Jean-Marc Moriceau

Cette manifestation est programmée dans le cadre du sémnaire De la survie au bien-être. Santé et alimentation du Moyen-Age à aujourd'hui. Au coeur des recherches sur les sociétés et les espaces ruraux


Au programme :

  • Steven KAPLAN, Goldwin Smith Professor of European History, Cornell University : Mauvais pain, mauvais gouvernement : la qualité comme question politique, 1660-1960.
    Résumé 
    Peu de questions plus politiques que celle du pain dans l'histoire de la France. Elle est consubstantielle à la formation de l'Etat, au développement économique, à la tranquillité sociale, à la légitimité du prince (ou du président du Conseil), etc. On mesure, par convention historiographique (qui mérite d'être scrutée), la préoccupation acharnée avec l'approvisionnement  presque exclusivement selon un seul critère : la quantité de céréales, et partant de farine et de pain disponible. Je souhaite montrer ici la centralité de la question de la qualité - notion polysémique - dans la théorie et la pratique politiques. Pour ce faire, j'évoquerai de nombreux cas soulignant ce souci permanent : le pain mollet (années 1660) ; la doctrine Delamariste sur la qualité requise (fin Louis XIV) ; les maladies populaires (1692/3, 1709, 1725) ; le refus de l'ersatz (1740) ; la première libéralisation (1763-64) ; la mouture économique ; les Lumières économiques et le pain de ménage ; le complot de famine, la marche sur Versailles (octobre 1789), le pain de l'égalité (1792-94) ; le souci de Napoléon ; la qualité sociale (grande enquête de 1849) ; la sueur pathologique (1880-1910) ; le siècle de la double chute de la qualité et de la consommation (XXe s.) ; la question sociale dans la boulangerie (années 1920/1930) ; l'organisation du marché du blé et ses séquelles (années 1930-1940) ; la longue pénurie après la Libération (les dix peu glorieuses, 1945-55) ; L'ONIC ; le CNERNA ; Pont-St-Esprit .
  • Eve Anne BUHLER, maître de conférences en géographie à l’Université Paris 8, Formes sociales de la production agricole et appréhension de la « distance» entre producteurs et consommateurs. Réflexions croisées autour de l’exploitation paysanne et de l’agriculture de firme
    Résumé
    Avec la fin annoncée des paysans et la généralisation de l'exploitation familiale (ou de l'entreprise agricole) comme outil analytique, les réflexions sur les formes sociales de la production agricole étaient quelque peu tombées en désuétude. Elles renaissent depuis quelques années et ont traversé mes recherches, qui ont porté sur des acteurs aussi divers que les riziculteurs Brasiguayos (Brésiliens migrant en Uruguay), les acteurs des circuits courts en Midi-Pyrénées, ou les firmes agricoles en Ukraine et au Brésil. Les recherches sur les circuits courts s'articulent souvent autour de la notion de proximité entre producteurs et consommateurs, abordée sous ses aspects sociaux, spatiaux et culturels. Je tenterai de mobiliser son contrepoint, la distance, plus neutre et plus adaptée aux différents cas de figure étudiés, pour apporter des clefs de lecture sur les rapports des producteurs agricoles à l'espace et sur leurs modalités de territorialisation. La distance au consommateur sera donc une entrée parmi d'autres, pour envisager plus généralement la structuration des systèmes d'acteurs de l'alimentaire à différentes échelles en fonction des formes sociales de la production agricole dont il s'agit.