Chapitre 51

Capitulum LI1caput 50 1536.

Loligo [l’exocet ; le calmar1La source principale du chapitre consacré à la loligo est Pline. De Saint-Denis considère que Pline a confondu sous le même terme loligo deux animaux très différents : un poisson volant, l’exocet (Exocoetus volitans Linné, 1758), et un céphalopode, le calmar (Loligo vulgaris Lamarck, 1758), qui ne vole pas. Si l’on suit l’interprétation de De Saint-Denis, le premier paragraphe concernerait l’exocet et dans les operationes, on trouverait alternativement des indications concernant chacun des deux animaux. Mais il faut sans doute nuancer l’opinion de De Saint-Denis, car il semble bien que certaines espèces de calmars volants aient été observées. On ne peut donc pas exclure que le terme loligo en latin n’ait désigné que le calmar et que le témoignage de Pline soit alors parfaitement recevable.] [+][VB 17, 119 De leviathan et ludolachra et loligine [-]][+]

Loligo [+][VB 17, 119 De leviathan et ludolachra et loligine [-]][+]

Renvois internes : Loligo : cf. Milagus, ch. 55.

Lieux parallèles : TC, De luligine (6, 32), De lolligine (7, 44) ; AM, [Luligo] (24, 68 (38)), [Lolligenes] (24, 70 (38)).

poisson

[1] [] VB 17, 119, 1 Nota HSIsidore. [] TC 6, 32La loligo [l’exocet] est un monstre que la nature semble avoir créé pour s’amuser. En effet, sa peau couverte d’écailles lui permet d’explorer les profondeurs de la mer avec les bancs de poissons. Et, quand elle est fatiguée des flots, elle prend son envol grâce aux ailes couvertes de plumes2Élément fantaisiste. Le calmar a un sac effilé portant des nageoires en forme de triangle qui peuvent être assimilées à des ailes, mais bien évidemment pas de plumes. Voir De Saint-Denis 1943, 150-151 ; 1947, 58. que la nature lui a données dans ce but et s’élève dans les cieux avec les oiseaux. Mais comme elle ne peut supporter le souffle des vents, très vite, lorsqu’elle est secouée et ballottée par ceux-ci, elle est contrainte de rejoindre les flots et se laisse à nouveau glisser dans les profondeurs.

[1] [] VB 17, 119, 1 compil.Isidorus2isidorus non hab. VB.3Le marqueur est erroné. Vincent de Beauvais suit de très près Thomas de Cantimpré.. [] TC 6, 32Loligo est monstrum in quo natura lusisse videtur. Nam cute squamosum cum gregibus piscium maris profunda scrutatur. Cum autem aquas fastidierit, levat se cum alis pennigeris, quas in hoc illi natura dedit, et4ut 1536. cum volucribus aethera scandit5scandat 1536.. Sed quia flatus ventorum sustinere non potest, post modicum, ubi ventis concutitur, ad aquas redire cogitur et in profundum6profundam 1536. relabitur.

Propriétés et indications

Operationes

[2] [] VB 17, 119, 2A. Pline, livre 9. [] Plin. nat. 9, 83La loligo [le calmar] est un mollusque qui, comme la seiche, n’a pas de sang. Comme la seiche, elle a, elle aussi, la tête entre le ventre et les pieds.

[2] [] VB 17, 119, 2A. Plinius libro IX. [] Plin. nat. 9, 83Mollia sunt lolligo, sepia, polypus et cetera generis eius. His caput inter pedes et uentrem, pediculi octoni omnibus.Loligo est piscis mollis sanguine carens sicut et sepia. Caput habet etiam7etiam non hab. VB., sicut et sepia, inter ventrem et pedes8On trouve exactement la même observation chez Aristote (Arist. HA 523 b 28-29)..

[3] [] VB 17, 119, 2B. [] Plin. nat. 9, 83Chez la seiche et la loligo [le calmar], deux de ces pieds sont très longs et rugueux3Ce sont les ventouses dont s’ornent les tentacules qui leur donnent un caractère rugueux au toucher. ; elles s’en servent pour porter la nourriture à leur bouche et s’immobiliser dans l’eau comme avec des ancres. [] Plin. nat. 9, 84La loligo [l’exocet] vole aussi en se propulsant hors de l’eau.

[3] [] VB 17, 119, 2B. [] Plin. nat. 9, 83Sepiae et lolligini pedes duo ex his longissimi sunt et asperi, quibus ad ora admouent cibos et in fluctu se uelut ancoris stabiliunt.Sepiae et loligini pedes duo ex his longissimi sunt et asperi, quibus ad ora cibos admovent et in fluctibus se velut anchoris stabiliunt9Cette observation est juste (voir De Saint-Denis 1947, 57) ; on la trouve aussi chez Aristote (Arist. HA 523 b 31-33 MS) : Et tomet et tawe habent proprium, scilicet duo addimenta longa, quorum extrema sunt dura, et per ea accipiunt cibum et reddunt ori. Et movent illa addimenta sicut remi, et utitur quibusdam pedibus loco alarum et etiam pedibus loco manuum et pedum.. [] Plin. nat. 9, 84Loligo etiam uolitat extra aquam se efferens.Loligo etiam volitat, extra aquam se efferens.

[4] [] VB 17, 119, 2C. [] Plin. nat. 9, 164La seiche fait ses petits sur la terre ferme, parmi les roseaux, tandis que les loligines [les calmars] pondent des œufs qu’elles gardent au large4Vincent de Beauvais a remplacé conserta, « en grappe », par conservata, « gardés », ce qui fait contresens. Les seiches pondent des œufs noirs, en grappe (appelés raisin de mer) et fixés généralement à des algues, les calmars pondent des œufs dans des cordons muqueux allongés et fixés aux rochers..

[4] [] VB 17, 119, 2C. [] Plin. nat. 9, 164Sepia in terreno parit inter harundines aut sicubi enata alga, excludit quinto decimo die. Lolligines in alto conserta oua edunt ut sepiae.Sepia quidem in terreno parit inter arundines ac in alto conservata10Il y a confusion entre les termes conserta (Pline) et conseruata (Vincent de Beauvais). ova edunt loligines.

[5] [] VB 17, 119, 2D. [] Plin. nat. 9, 158En outre les loligines [les calmars], comme les seiches, s’unissent par la langue ; elles se servent de leurs tentacules pour s’étreindre et nagent à reculons. C’est aussi par la bouche qu’elles pondent5Il est exact que lors de l’accouplement les seiches et les calmars s’étreignent par les bras (tentacules) et que les œufs sont émis par l’entonnoir sous la tête, qu’on peut donc facilement confondre avec la bouche..

[5] [] VB 17, 119, 2D. [] Plin. nat. 9, 158Sepiae et lolligines [coeunt] linguis, conponentes inter se bracchia et in contrarium nantes ; ore et pariunt.Item loligines, sicut et sepiae, coeunt linguis, brachia inter se componentes et in contrarium natantes ; ore quoque pariunt11Aristote (Arist. HA 541 b 12-18 MS) est plus précis : Sepiae vero et conidez involvuntur et ponunt ora contra os et involvuntur pedes, et tunc natabunt econtrario ei natationi qua natabant prius. Et declinatio unius eorum est ad posterius et alterius ad os. Deinde ovant ex parte quae dicitur pomum. Et quidam homines fingunt quod coitus eorum est etiam per ipsum..

[6] [] VB 17, 119, 2E. [] Plin. nat. 9, 93Les loligines [les calmars] atteignent sur le rivage6Il manque un terme pour préciser la localisation du rivage, car il ne figure pas explicitement dans le passage de Pline qui constitue la source (Plin. nat. 9, 93) ; il faut remonter au paragraphe 92 pour identifier ce lieu : Carteia, en Bétique. une taille extraordinaire, mais dans notre mer, elles mesurent cinq coudées7Cinq coudées font 2,20 m environ.. Les loligines [les calmars] n’ont ni os, ni arête8Ce n’est pas exact. Aristote décrit très précisément l’os de seiche et la plume (ou épée) du calmar (Arist. HA 524 b 25-33)..

[6] [] VB 17, 119, 2E. [] Plin. nat. 9, 93In nostro mari lolligines quinum cubitorum capiuntur, sepiae binum.Loligines etiam in litore12post litore hab. carteiae VB. mirae magnitudinis sunt, sed in mari nostro quinque cubitorum13post cubitorum add. saepe binum 1536.14L’indication est donnée par Pline et vient d’Aristote (Arist. HA 524 a 20 MS) : Corpus eius est quasi quinque cubitorum. L’addition de 1536, sepe (pour saepe) binum, qui reprend Pline, est rendue fautive par la confusion sepie / sepe.. Nec ossa15asso Prüss1. nec spinas habent16habet 1491 Prüss1 1536..

[7] [] VB 17, 119, 3F. Le même, dans le livre 18. [] Plin. nat. 18, 361Une loligo [exocet] qui vole est signe de tempête.

[7] [] VB 17, 119, 3F. Idem in libro XVIII1728 VBd.. [] Plin. nat. 18, 361Lolligo uolitans, conchae adhaerescentes, echini adfigentes sese aut harena saburrantes tempestatis signa sunt.Loligo volans signum est tempestatis18Voir aussi Plin. nat. 32, 14 : Lolligo, quotiens cernatur extra aquam uolitans, tempestates nuntiari (ou mutari selon les éditions)..

[8] [] VB 17, 119, 4G. Isidore. [] Isid. orig. 12, 6, 47Dans l’océan de Mauritanie, à ce qu’on rapporte, les loligines [exocets] qui s’élancent de l’eau sont si nombreuses qu’elles peuvent couler des navires.

[8] [] VB 17, 119, 4G. Isidorus. [] Isid. orig. 12, 6, 47Lulligo. Tradunt in oceano Mauretaniae, non procul a Lixo flumine, tantam multitudinem lulliginum euolare ex aqua ut etiam naues demergere possint.Tradunt in oceano Mauritaniae tantam multitudinem loliginum ex aqua evolare ut etiam naves demergere possint19L’observation vient de Pline (Plin. nat. 32, 15) : In oceano ad locum Mauretaniae qui Cottae uocetur, non procul Lixo flumine, idem lolligines euolare ex aqua tradit tanta multitudine ut nauigia demergant..

[9] [] VB 17, 119, 5H. Physiologus. [] TC 7, 44On attrape parfois une loligo [calmar] de cinq coudées. Elle a la tête entre les pieds et le ventre. Elle vit rarement au-delà de deux ans.

[9] [] VB 17, 119, 5H. Physiologus20Cette précision ne figure pas dans le Physiologus, dans lequel la loligo n’est pas mentionnée. La source des deux dernières operationes est le Liber de natura rerum. Vincent de Beauvais reprend des phrases de Thomas de Cantimpré, mais pas toutes, et dans le désordre.. [] TC 7, 44Loligo capitur aliquando quinque cubitorum. Caput habet inter pedes et ventrem. Ultra duos annos rara21raro 1491 Prüss1 1536. est earum22eorum 1491 Prüss1 1536. vita.

[10] [] VB 17, 119, 5I. [] TC 7, 44Il existe une espèce de loligo [calmar] très agressive : quand ces animaux s’apprêtent au combat, ils se protègent en formant des escadrons inébranlables9Il y a ici confusion entre les mœurs des calmars et ceux des crustacés comme le karabo (voir ch. 46, 1)..

[10] [] VB 17, 119, 5I. [] TC 7, 44Aliquod earum23eorum 1491 Prüss1 1536.24Eorum semble indiquer que loligo est un masculin, tandis que les termes quae pugnaturae invitent à le considérer comme un féminin, ce qui est le cas en latin classique. Nous corrigeons donc eorum en earum. genus asperrimum est ; quae pugnaturae turmis se munientes stabiliunt.

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1La source principale du chapitre consacré à la loligo est Pline. De Saint-Denis considère que Pline a confondu sous le même terme loligo deux animaux très différents : un poisson volant, l’exocet (Exocoetus volitans Linné, 1758), et un céphalopode, le calmar (Loligo vulgaris Lamarck, 1758), qui ne vole pas. Si l’on suit l’interprétation de De Saint-Denis, le premier paragraphe concernerait l’exocet et dans les operationes, on trouverait alternativement des indications concernant chacun des deux animaux. Mais il faut sans doute nuancer l’opinion de De Saint-Denis, car il semble bien que certaines espèces de calmars volants aient été observées. On ne peut donc pas exclure que le terme loligo en latin n’ait désigné que le calmar et que le témoignage de Pline soit alors parfaitement recevable.

2Élément fantaisiste. Le calmar a un sac effilé portant des nageoires en forme de triangle qui peuvent être assimilées à des ailes, mais bien évidemment pas de plumes. Voir De Saint-Denis 1943, 150-151 ; 1947, 58.

3Ce sont les ventouses dont s’ornent les tentacules qui leur donnent un caractère rugueux au toucher.

4Vincent de Beauvais a remplacé conserta, « en grappe », par conservata, « gardés », ce qui fait contresens. Les seiches pondent des œufs noirs, en grappe (appelés raisin de mer) et fixés généralement à des algues, les calmars pondent des œufs dans des cordons muqueux allongés et fixés aux rochers.

5Il est exact que lors de l’accouplement les seiches et les calmars s’étreignent par les bras (tentacules) et que les œufs sont émis par l’entonnoir sous la tête, qu’on peut donc facilement confondre avec la bouche.

6Il manque un terme pour préciser la localisation du rivage, car il ne figure pas explicitement dans le passage de Pline qui constitue la source (Plin. nat. 9, 93) ; il faut remonter au paragraphe 92 pour identifier ce lieu : Carteia, en Bétique.

7Cinq coudées font 2,20 m environ.

8Ce n’est pas exact. Aristote décrit très précisément l’os de seiche et la plume (ou épée) du calmar (Arist. HA 524 b 25-33).

9Il y a ici confusion entre les mœurs des calmars et ceux des crustacés comme le karabo (voir ch. 46, 1).

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1caput 50 1536.

2isidorus non hab. VB.

3Le marqueur est erroné. Vincent de Beauvais suit de très près Thomas de Cantimpré.

4ut 1536.

5scandat 1536.

6profundam 1536.

7etiam non hab. VB.

8On trouve exactement la même observation chez Aristote (Arist. HA 523 b 28-29).

9Cette observation est juste (voir De Saint-Denis 1947, 57) ; on la trouve aussi chez Aristote (Arist. HA 523 b 31-33 MS) : Et tomet et tawe habent proprium, scilicet duo addimenta longa, quorum extrema sunt dura, et per ea accipiunt cibum et reddunt ori. Et movent illa addimenta sicut remi, et utitur quibusdam pedibus loco alarum et etiam pedibus loco manuum et pedum.

10Il y a confusion entre les termes conserta (Pline) et conseruata (Vincent de Beauvais).

11Aristote (Arist. HA 541 b 12-18 MS) est plus précis : Sepiae vero et conidez involvuntur et ponunt ora contra os et involvuntur pedes, et tunc natabunt econtrario ei natationi qua natabant prius. Et declinatio unius eorum est ad posterius et alterius ad os. Deinde ovant ex parte quae dicitur pomum. Et quidam homines fingunt quod coitus eorum est etiam per ipsum.

12post litore hab. carteiae VB.

13post cubitorum add. saepe binum 1536.

14L’indication est donnée par Pline et vient d’Aristote (Arist. HA 524 a 20 MS) : Corpus eius est quasi quinque cubitorum. L’addition de 1536, sepe (pour saepe) binum, qui reprend Pline, est rendue fautive par la confusion sepie / sepe.

15asso Prüss1.

16habet 1491 Prüss1 1536.

1728 VBd.

18Voir aussi Plin. nat. 32, 14 : Lolligo, quotiens cernatur extra aquam uolitans, tempestates nuntiari (ou mutari selon les éditions).

19L’observation vient de Pline (Plin. nat. 32, 15) : In oceano ad locum Mauretaniae qui Cottae uocetur, non procul Lixo flumine, idem lolligines euolare ex aqua tradit tanta multitudine ut nauigia demergant.

20Cette précision ne figure pas dans le Physiologus, dans lequel la loligo n’est pas mentionnée. La source des deux dernières operationes est le Liber de natura rerum. Vincent de Beauvais reprend des phrases de Thomas de Cantimpré, mais pas toutes, et dans le désordre.

21raro 1491 Prüss1 1536.

22eorum 1491 Prüss1 1536.

23eorum 1491 Prüss1 1536.

24Eorum semble indiquer que loligo est un masculin, tandis que les termes quae pugnaturae invitent à le considérer comme un féminin, ce qui est le cas en latin classique. Nous corrigeons donc eorum en earum.

Annotations scientifiques

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