Axe 1 – Acquisition des données, numérisation et traitement des données

Cet axe rassemble tous les travaux qui visent à traiter des données brutes issues de capteurs dans le but d’en améliorer la qualité, d’en extraire une représentation abstraite ou d’y détecter une information ciblée. Les images 2D et 3D, quelles soient couleur ou multispectrales, sont des types de données privilégiés. Mais les coordonnées de gestes faits sur table tactile sont aussi des données étudiées. Les traitements peuvent être supervisés lorsqu’un utilisateur est requis pour aider au traitement, ou non supervisés lorsque que le traitement est entièrement automatique.

Un exemple : le projet SIG tapisserie de Bayeux

Le terrain d’expérimentation choisi en 2016 a porté sur le développement d’applications autour du grand projet de Centre de compréhension de l’Europe du Moyen Âge dans lequel s’inscrit l’étude et la mise en valeur de la Tapisserie de Bayeux. Les applications seront ensuite répercutées sur les autres projets.

• Recalage d’images

De part la nature unique du support, 70 mètres de long pour une hauteur de 50 centimètres, son âge déjà millénaire et sa fragilité inhérente, il est impossible à l’heure actuelle de procéder à la numérisation de l’œuvre complète via une unique captation. Le recalage d’images a donc été un sujet d’étude essentiel pour lequel un prototype a été réalisé. L’objectif est de construire le panorama complet des 70 mètres de la Tapisserie de Bayeux sous la forme d’une image unique en assemblant des images prises à intervalle régulier lors d’une campagne d’acquisition de plusieurs jours pendant laquelle l’œuvre est déplacée par une cinquantaine de personnes. Ce panorama deviendra le fond de référence du futur SIG destiné à géoréférencer tous les documents numériques se rattachant à la tapisserie. Une extension du prototype permet de recaler, avec déformation ci-nécessaire, n’importe quel document iconique sur ce repère, comme des images prises lors de campagnes précédentes ou des calques réalisés manuellement par les conservatrices lors de la dernière campagne sur l’état matériel de l’œuvre en 1982-1983.

La démarche de prototype a été mise en place avec tous les intervenants du projet issus de milieux différents, en copilotage entre spécialistes et ingénieurs dédiés. Il est dès à présent opérationnel.

En 2016, une bibliothèque d’opérateurs de traitement et d’analyse de nuages de points 3D ou d’images sur nuages de points 3D a été réalisée. Au début de l’année 2017, une campagne de scan 3D de la tapisserie a été effectuée avec le capteur spécialement acquis en 2016. Ces données 3D sont en cours d’exploitation en utilisant la bibliothèque pour permettre, par exemple, une analyse de la broderie et des différentes restaurations opérées au fil du temps. Ces données serviront également de mémoire à long terme sur l’état de l’œuvre à ce jour pour une comparaison avec les éventuelles futures campagnes de restauration.

• Segmentation automatique d’objets

Une seconde action d’expérimentation sur la segmentation automatique d’objets présents sur la Tapisserie de Bayeux a également commencé. Les applications visées sont l’extraction de formes reconnaissables précises pour effectuer une recherche des occurrences de ces formes à l’échelle de la tapisserie ou bien encore des applications plus grands publics comme l’animation des objets.

• Reconnaissance de scribes

Une troisième action, la reconnaissance de différents scribes dans des manuscrits (expérimentation sur Bibliothèque du Mont Saint-Michel en relation avec l’EQUIPEX) a été lancée pour un élargissement à la représentation de style d‘écriture. Un projet étudiant vient d’être initié et devrait être poursuivi par un travail plus consistant de représentation de style d’écriture.