Sur la route des stades

Lieu : MRSH - salle des thèses SH028
Début : 28/03/2017 - 10:00
Fin : 28/03/2017 - 17:00
Responsable(s) scientifique(s) : Pierre Bergel (ESO), Ludovic Lestrelin (CESAMS), Vincent Milliot (CRHQ)

Organisé dans le cadre du séminaire 2016-2017 : La Ville passante : mobilités et enracinements

Avec la participation de Marion Fontaine, (Université d’Avignon, Centre Norbert Elias, membre junior IUF),  Nicolas Hourcade, (Agrégé de sciences sociales, école centrale de Lyon), Ludovic lEstrelin (CESAMS) et Sébastien Louis, (Université de Luxembourg)

Universitaire et romancier anglais installé à Vérone, Tim Parks a, durant une saison sportive, accompagné dans tous ses déplacements la Brigate Gialloblù, un groupe de supporters du modeste club de football Hellas Verona. Il rend compte de cette expérience vécue dans son ouvrage (2002) A season with Verona, Travels around Italy in search of illusion, national character and goals qu’il dédie aux « garçons qui ont voyagé dans le bus ». Pour son «  baptême du feu », il quitte Vérone pour rejoindre Bari, soit « environ 890 kilomètres et au moins 22 heures en car à faire l’aller et retour ». Il constate qu’au fil du trajet ses compagnons de voyage « cessent d’être des individus pour devenir les brigate. Abrutis de fatigue, ils voyagent toute la nuit dans des conditions épouvantables [...] sans pouvoir voir la mer, visiter la ville et manger une pizza. [Après un match sans intérêt, ils reprennent la route] et il est près de cinq heures du matin quand le car arrive enfin. Les brigate se séparent dans la lumière indécise de  [...], redevenus des gens ordinaires ». Organisant des déplacements collectifs en vue de rejoindre les tribunes des stades, l’activité des supporters de football se vit aussi «hors les murs» des enceintes sportives. Elle est affaire de mobilités et de présence dans des lieux urbains, suppose des trajets réguliers et, parfois, particulièrement longs. Ce sont ces aspects que la journée d’étude entend explorer à partir d’un regard socio-historique et de quatre entrées : celle d’abord des «montées à la capitale» à l’occasion des finales de coupe de France ; celle ensuite des voyages initiatiques organisés par des supporters français en Italie ; celle encore de partisans qui ne résident pas dans l’environnement géographique immédiat de leur club de coeur ; celle, enfin, de l’appropriation d’un nouveau stade construit dans la lointaine périphérie de la ville. Forme, sens, usages de l’espace parcouru sont ici interrogés. Structurante, contraignante, habilitante, concrète et spécifique, l’expérience sociale du voyage supportériste consiste ainsi à « faire la route du stade », étant entendu, qu’en retour, cette dernière fait le supporter.
 

Programme :

  • 9h – 9h30 : pot d’accueil
  • 9h30 – 10h : introduction de la journée par Ludovic Lestrelin : « Les publics du football professionnel, entre enracinements et mobilités » (maître de conférences, CesamS, Université de Caen Normandie)
  • 10h – 12h30 : interventions
  • Marion Fontaine (maître de conférences, Centre Norbert Elias, Université d’Avignon, membre junior IUF) : « Comment apprendre le déplacement ? Réflexions historiques sur la mobilité des supporters (années 1930 – années 1960) »
  • Sébastien Louis (docteur en histoire, Université du Luxembourg) : « Voyages en Italie : découvertes, échanges et mobilités des ultras français chez les pionniers du mouvement »
  • 14h – 16h30 : interventions
  • Ludovic Lestrelin (maître de conférences, CesamS, Université de Caen Normandie) : « Se déplacer pour mieux s’ancrer. Le cas des "supporters à distance" de l’Olympique de Marseille »
  • Nicolas Hourcade (professeur agrégé de sciences sociales, École centrale de Lyon) : « En quoi les nouveaux stades en périphérie des villes font-ils évoluer les pratiques des supporters et leur occupation de l'espace urbain ? »
  • 16h30 – 17h : conclusion de la journée