Séminaire de l’axe DIV / CERREV - Séance de méthodologie : “Rapports de domination sur le terrain”

Lieu : Campus 1 - Salle SH 027 - Bâtiment F - MRSH
Début : 04/06/2019 - 14:00
Fin : 04/06/2019 - 17:00
Responsable(s) scientifique(s) : Hélène Marche et Vassili Rivron

Séance de méthodologie : “Rapports de domination sur le terrain”

“Servitude volontaire et objectivation ethnographique : postures d’observation et effets de bascule dans une enquête chez les gens du voyage”, par Gaëlla Loiseau - doctorante en sociologie à l'Université du Havre (IDEES/HSRT)

Après avoir esquissé les grandes lignes de notre trajectoire sur un terrain d’enquête de longue durée auprès des gens du voyage en France, nous mettrons en exergue comment le fait d’endosser une fonction « utile » sur notre terrain d’enquête — d’ethnographe nous sommes devenue médiatrice — nous a permis de renverser certains rapports implicites de domination inscrits dans des logiques de mise à distance du chercheur ou par l’expression de sentiments de suspicion à l’égard de son travail.
Nous examinerons comment ce renversement de posture a permis de faire céder les résistances corrélées aux rapports de genre au sein de la communauté voyageuse, tout en redéployant une forme de subordination de la chercheuse-médiatrice à des stratégies de domination auxquelles les voyageurs doivent faire face constamment. Rendue utile d’un côté, elle devenait diabolisée de l’autre, comme absorbée ou « contaminée » par sa proximité avec les voyageurs.
Notre expérience pose ainsi de multiples questions quant à la marge de manoeuvre des chercheurs sur leur terrain d’enquête, selon la manière dont leur positionnement est appréhendé et « employé » par les acteurs. Il ressort de cette articulation entre les intentions du chercheur et le rôle qui lui est attribué dans une observation participante, une forme de servitude volontaire auquel il consent en ce qu’elle lui permet d’accéder à des matériaux empiriquement situés. Dès lors, cette servitude volontaire, qui lie d’une certaine manière le destin du chercheur à celui des enquêtés, peut-elle être appréhendée au prisme d’une déontologie de l’enquête ?