v. 1379-1506

Rollon, un barbare transformé par le baptême

A-f. 24r 
24rEs croniques escrit ce truis :
 1380
•Vııj • c • anz et seisante seis [1]
 
Erent tuit passé et coru
 
Des puis icen que Dex né fu [2]
 
De ci que la que, od navile,
 
Ou grant gent, od ne sai quant mile [3],
 1385
Ariva Rous en Normendie,
 
De Danemarche que out guerpie [4].
 
Par Seigne entra, noant amont ;
 
Vint a Roan des ques al pont [5]  ;
 
Amunt l’eve a la vile assise.
 1390
Soupris les out, por cen l’a prise [6]  ;
 
Vnques n’i out lancié ne trait.
 
Si unt od lui plait de pais fait [7].
Voici ce que je trouve écrit dans les chroniques [1] : 866 ans [2] étaient entièrement écoulés et révolus depuis le jour où Dieu naquit jusqu’au moment où, avec une flotte, avec une armée considérable, avec je ne sais combien de milliers d’hommes, Rollon [3] aborda en Normandie, venant du Danemark qu’il avait fui. Il y entra par la Seine, en la remontant [4]. Il parvint à Rouen, s’arrêta au pont et assiégea la ville en amont du fleuve. Il avait agi par surprise, c’est pourquoi il prit la ville, sans employer lance ni flèche. Les Rouennais conclurent avec lui un traité de paix.
 
Quant de la vile saisi fut
 
Le païs a tout commeü [8]  ;
 1395
Receit out buen, si guerreia,
 
Tote la terre essilla [9]  :
 
Il art viles, bors et chasteals ;
 
La gent ocist a tropeals [10]  ;
 
Il n’i remeint clerc ne chanoine,
 1400
Nonain velee, enclus, ne moine,
 
Se il l’atent, qu’il ne destruie
 
Et a grant hunte nel deduie [11].
 
Les almosnes essille et art
 
Et des mostiers refait essart [12].
 1405
Tant par est crient cis aversiers
 
Que tuit s’enfuient a milliers [13]  :
 
La pouvre gent de cele terre
 
Lors guarisons vunt aillors querre [14].
Quand il se fut emparé de la ville, il ravagea toute la région. Sa solide place forte lui permit de faire la guerre et de dévaster la terre tout entière : il brûla villages, bourgs et châteaux et tua la population en masse. Clerc, chanoine, religieuse voilée, reclus, moine, aucun de ceux qui restèrent et l’attendirent n’échappa au massacre et à un traitement ignominieux. Il dévastait les établissements religieux [5] et réduisait les églises à l’état de friches. Ce démon [6] suscitait une telle crainte que tous s’enfuyaient par milliers : les pauvres gens du pays allaient chercher refuge ailleurs.
A-f. 24v 
24vQuant degastei out Normendie
 1410
Demaneis ad France envaïe [15]  ;
 
As Franceis fait molt grant damages,
 
As plus riches fait granz outrages [16].
 
En plusors leus France destruist ;
 
Par assummeit Chartres assist [17]  :
 1415
La de la mort garant n’eüst
 
Li homs que il aconseüst [18].
 
Totes les fames que il trouvout,
 
Et les enfanz, a mort livrout [19]  ;
 
Tot autretel si homme funt :
 1420
Plus que foudre cremu tuit sunt [20].
 
Abassiee a France et folee ;
 
Por un petit ne l’a gastee [21].
 
Sanz recouvrier destruiete fust
 
Si grant pitié Dex n’en eüst [22].
 1425
Mais Damledeu la reguarda,
 
Qui cel tiran tost refrena [23]  :
 
Vns archevesques, a cel tens,
 
Ert a Roein, de molt grant sens [24],
 
De bon conseil ; Franc aveit non,
 1430
Et eirt de grant religion,
 
Par quei il eirt de Rou si bien
 
Que nel cremeit de nule rien.
 
Plusors feiz le chousout,
 
Que nuls autres faire n’osout [25]  ;
 1435
Des ocises que il faseit
 
Li sermonnout, si li pleiseit [26].
 
A l’archevesque molt pesout     ↪  glossaire
 
Que Rou de mal si s’entesout [27].
A-f. 25r 
25rVeieit le mal, la deablie
 1440
Que Rou faiseit par Normendie [28]
 
Et par trestote la contree,
 
Si cum ele ert, et longue, et lee [29]  ;
 
Donc vint a lui, si l’apela,
 
Molt dolcement ce li preia [30]
 1445
Que pais feïst od les Franceis
 
Qui li ourent mandei, anceis [31]
 
Qu’il l’emparlast, grant ne petit,
 
Les convenanz, par un escrit [32],
 
Qu’o Rou ferunt por pais aveir :
 1450
Il s’en repeine a son poier [33]  ;
 
Tant le proia que veincu l’a.
Aussitôt après avoir dévasté la Normandie, il envahit la France, faisant subir des dommages [7] considérables aux Français et des torts importants aux plus puissants d’entre eux. Il attaqua la France en plusieurs endroits et pour finir mit le siège devant Chartres. 
Et là, pour celui auquel il se fût attaqué [8], échapper à la mort eût été impossible. Il mettait à mort toutes les femmes qu’il trouvait, et même les enfants ! Ses hommes en faisaient autant : on les craignait tous plus que la foudre ! Il mit la France dans un tel état de faiblesse et d’égarement qu’il fut bien près de provoquer sa ruine. Elle aurait été irrémédiablement détruite si Dieu n’avait eu grand pitié d’elle. Mais le Seigneur veilla sur elle et refréna bientôt l’ardeur du bourreau : il y avait alors à Rouen un archevêque plein de sagesse et de raison, du nom de Francon. Sa grande piété lui valait de la part de Rollon une estime telle qu’il n’avait en rien à le craindre. Il lui arrivait souvent de le réprimander, ce que nul autre n’osait faire ; il lui reprochait les tueries auxquelles il se livrait, et Rollon tolérait ses reproches. L’archevêque était profondément peiné de voir Rollon s’appliquer ainsi à faire le mal. Considérant le mal, les actes diaboliques que Rollon commettait en Normandie et sur toute l’étendue de la contrée telle qu’elle était alors, en long et en large, il vint le trouver, lui adressa sa demande, le priant, avec une grande douceur, de faire la paix avec les Français, qui lui avaient fait parvenir, avant cet entretien, qu’il fût long ou court, le texte écrit des accords qu’ils concluraient avec Rollon pour obtenir la paix. Pour sa part, il s’y employa du mieux qu’il put et ses prières finirent par le vaincre.
 
Aprof icen receü a [34]
 
Del rei de France Normendie :
 
Si huons en fut, puis li afie [35]
 1455
Que tozdis mais pais li tendra.
 
Par ensommet li otrea [36]
 
Kalles Bretagne, ce m’est vis,
 
Tant qu’estorez fust sis païs [37].
Après cela, Rollon reçut la Normandie des mains du roi de France [9] : il devint ainsi son vassal et lui jura qu’il maintiendrait désormais, et pour toujours, la paix avec lui. Charles [10] lui octroya en outre la Bretagne, je crois, jusqu’à ce que son pays fût remis en état [11].
 
Li archevesque pas ne cesse
 1460
D’aler a Rou et molt l’apresse [38],
 
Tant com est joenvres, ainz que moire,
 
Que il receive bautestiere.
 
Tant li a dit et sermoné
 
Que il a pris crestienté.
 1465
Vns quens de France le leva
 
Et son dreit non li emposa :
 
Cil qui esteit Rous apelez
 
Des or meis est Robert nummez [39].
L’archevêque ne cessait de faire des démarches auprès de Rollon, le pressant instamment, tant qu’il était jeune, avant qu’il ne mourût, de recevoir le baptême. Il fit si bien, par ses paroles et ses exhortations, que Rollon se fit chrétien. Un comte de France fut son parrain [12] et lui attribua son véritable nom : celui qui était appelé Rollon fut désormais nommé Robert [13].
A-f. 25v 
25vSes hommes toz bautizier fist,
 1470
Tant lor preia et tant lor dist [40]  ;
 
Al tierz jor que out crestienté,
 
Seint Michiel a tres bien fiufé [41]  ;
 
Les iglieses ra estorees
 
Que arses out et dissipees [42]  ;
 1475
Leis et dreitures establi ;
 
Bretons od armes devenqui [43]  ;
Il fit baptiser tous ses hommes, à force de prières et d’exhortations. Au troisième jour de son état de chrétien, il accorda à Saint-Michel un très bon fief ; il remit en état les églises qu’il avait incendiées et détruites ; il instaura des lois et des droits ; il fut victorieux des Bretons par les armes [14].
 
Gille sa fille li donna
 
Kalles le reis ; Rou prise l’a [44].
 
Puis qu’ot od lié Robert jeü,
 1480
Morte la dame sanz heir fu [45].
 
Fille le conte de Seint Liz
 
Reprist aprof, s’en out un fiz [46]  ;
 
Il l’aveit ja anceis eüee,
 
Quer a Baieues l’out toluee [47].
 1485
Pope aveit non la dameisele ;
 
Il l’ama molt, car ele ert bele [48].
 
Et li enfes out non Guillalmes :
 
Il n’out plus bel en dous realmes [49].
Le roi Charles lui donna en mariage sa fille Gisèle : Rollon l’accepta. Après que Robert eut consommé son mariage avec elle, la dame mourut sans héritier [15]. Il prit alors une autre épouse, fille du comte de Senlis, et eut d’elle un fils [16]. Elle avait autrefois été sienne, car il l’avait séduite [17] à Bayeux. La noble jeune femme se nommait Popa. Il éprouva pour elle un ardent amour, car elle était belle. Quant à l’enfant, il se nommait Guillaume. Il n’y avait pas plus beau dans les deux royaumes.
 
Icist Kalles qui fille il prist
 1490
Ne fut pas cil qui nos conquist
 
Bascle, Navarre et Alemaigne
 
Et trespassa les porz d’Espaigne [50]  :
 
Einz fut uns autres qui fut puis ;
 
Kalles Simples out non, cen truis [51].
Ce Charles dont [18] il épousa la fille n’était pas celui qui conquit pour nous les Basques, la Navarre et l’Allemagne et qui franchit les cols d’Espagne [19]. Il s’agit d’un autre, qui lui fut postérieur, du nom de Charles le Simple, d’après mes documents.
 1495
Puis que Rou fut fait Crestiens,
 
Vesquit cinc anz et fist molt biens [52]  ;
 
Seinte Iglise molt essauça ;
 
Ferme justise tenu a [53].
Après être devenu Chrétien, Rollon vécut encore cinq ans, et fit beaucoup de bien. Il fit croître la dignité de notre Sainte Église et imposa une justice pleine de fermeté.
A-f. 26r 
26rDe Guillalme son heir a fait
 1500
De ses terres, ou que les ait [54]  ;
 
En son vivant, de son barnage,
 
Fist a son filz prendre l’ommage [55].
Il avait fait de Guillaume l’héritier de ses terres, où qu’elles fussent ; de son vivant, il fit recevoir par son fils l’hommage de ses vassaux.
 
Rous esteit vielz quant il morut ;
 
Dedenz Roein enfoïz fut [56],
 1505
Enz el mostier de Nostre Dame.
 
Je espeir bien, salve en est l’ame [57].
Rollon était âgé quand il mourut. Il fut enterré à Rouen, dans l’église dédiée à Notre-Dame [20]. J’espère sincèrement que son âme est sauve !

~

1    A : ce truis • ; Grande initiale également dans B : Es croniques escrit truis ; seissante et sies.

2   B : inversion des v. 1381-1382 : Des ice que dex ne fu Erent tuit passe et coru.

3   A : od nauile Ou grant gent. od ne sai quant mile ; B : o nauire O grans gens ne sey quanz mile.

4    Arriua rou ; quout.

5    Par seine ; naiant au mont ; a roen desques au pont.

6    Amont ; Souprins ; pour ce.

7    Onques ni ot lance ne treit Si ont olui pley de pez feit.

8    sesi fu ; tot.

9    ot bon ; guerroia Et toute la.

10   A : uiles . bors . et chasteals ; B : bours viles et chateax ; a tropeax.

11   1399-1402 absents dans B.

12    Les au mosne ; refeit.

13   1405-1406 absents dans B.

14    poure ; de celle terre Lor garison vont allors.

15   Grande initiale également dans B : Quant de gaste out normendie ; a france.

16   A : damageis : outrageis ; fait Molt granz outrages ; 1411-1412 absents dans B.

17    En plusors lieus la destruit Par ensommet.

18    Li home quil.

19    Toutes ; trouout ; li enfanz.

20    Tout autre si si home font ; toz cremuz sont.

21    Abessiee ; et a folee Pour vn petit.

22   1423-1424 absents dans B.

23    Mes damedeu la regarda ; tout.

24    Vn arceuesque a cel temps ; aroen ; grant temps.

25   1429-1434 absents dans B.

26    feseit Li sarmonet si li pleseit.

27   1437-1438 absents dans B.

28    Veeit le mal et la diablie ; feseit.

29    tretote ; Si comme el ert longue et lee.

30    docement il le preia.

31    Que pez faist o les franceys ; orent mande anceys.

32    Les couuenans qua Rou feront Dorre en auant et pais auront.

33   1449-1450 absents dans B.

34    preia ; Apres ice

35    Deu rey ; Se hons fut.

36    Que toriors pez ; li otria.

37    Challes bretaigne ce mest auis ; son pais.

38   A : neccesse ; B : Grande initiale aussi dans B : Larceuesque pas ne cesse ; len presse.

39   1461-1468 dans B : [… et molt len presse] Quil prenge crestiente Tant li a dit qua feit son gre Vn quens de france le leua Dore en auant robert non a [Ses homes toz bautiser fist].

40    Ses homes ; bautiser ; lor prea.

41    Au tiers ior que ot ; Saint michel a molt bien feste.

42    Les igleses a restorees ; auet et dessiples.

43    Les et dretures ; o armes.

44    li dona Challes le rey ; prinse.

45    Puis que ot o lei ; sans er.

46    de saint liz Reprint empres ; ot.

47   1483-1484 absents dans B.

48    Poupe ; damoisele : el ert.

49    auet non guillaumes Il not ; en .ıı. reaumes.

50   1489-1492 absents dans B.

51    Eins ; Charles simple ot non ce truis.

52   1495 absent dans B ; et maint biens.

53   A : Seint iglise ; B : Sainte iglese ; iutise.

54    De guillaume son her a feit De ces terres ou quele seit.

55    son fiz ; homage.

56    Rou esteit vieuz quant morut Dedens roen.

57    eu mostier ; Je esper bien sauue est same.

~

1    Cf. Algirdas Julien Greimas, Teresa-Mary Keanes, Dictionnaire du moyen français, Paris, Larousse, 1992, s.v. chronique, p. 116 a : « Registre des événements fait dans l’ordre chronologique, par opposition à histoire, de nature narrative ». Allusion aux Annales du Mont Saint-Michel.

2    La date indiquée dans les Annales est 875 (ms. Avranches, BM, 211) ou 876 (ms. Avranches, BM, 213). Les graphies attestées du nombre seize sont seise, seze, saise, saize, saze ; la forme seis est peut-être une erreur ; mais l’auteur y a peut-être aussi eu recours pour les besoins de la rime (voir à ce propos les rimes des v. 75-76 et 155-156 et notre introduction).

3    Rollon fut le premier Scandinave maître de la Normandie, de 911 à 932.

4    Noer : « naviguer ».

5    Un des sens d’almosne, du latin chrétien d’origine grecque eleemosyna, « pitié », outre celui de « don fait aux pauvres pour les soulager », est celui de « maison religieuse, hôpital ».

6    Cf. Godefroy I, 521 c, s.v. aversier : « Le terme d’aversier, « démon », est souvent appliqué, chez les trouvères, comme qualificatif injurieux, aux ennemis, surtout quand ils sont d’une foi différente, et aussi quand ils sont effrayants par leur taille, par leur force, par leur fureur guerrière ». Au v. 1510 de la Chanson de Roland, des aversers emportent l’âme d’un Sarrazin tué par le héros (Ian Short (éd.), La Chanson de Roland, Paris, Le Livre de Poche [Lettres gothiques], 1990, p. 126). Rollon apparaît ici comme une sorte de démon de l’enfer, qui se rend d’ailleurs coupable de deablie (v. 1439).

7    1411-1412 : la leçon de A damageis : outrageis fait des deux phrases des vers de neuf syllabes.


8    Aconsivir : « atteindre en poursuivant, frapper ».

9    Allusion au traité de Saint-Clair-sur-Epte conclu en 911 entre Rollon et le roi de France, Charles III le Simple (879-929), fils du roi de France Louis II le Bègue, petit-fils de Charles le Chauve, et roi de France de 893 à 922. Cf. François Neveux, La Normandie des ducs aux rois, Xe-XIIe siècle, Rennes, Ouest-France, 1998, p 13-33, et plus spécialement p. 17-18 : « Charles lui accorda la main de sa fille Gisèle et, surtout, la terre située entre l’Epte et la mer pour qu’il la tienne in alodo et in fundo (« en alleu et en propriété ») ». Pierre Bauduin ajoute « avec Rouen et la basse Seine », Les Vikings, Paris, PUF (Que sais-je ? ; n° 1188), 2004, p. 58.

10    Dans le manuscrit A, le nom du roi, Kalles, du germanique latinisé Karolus, présente un phénomène dialectal fréquent dans les parlers du nord de la Normandie, le maintien de l’articulation dure du [k] devant un a (comme dans un cat, une vaque). On y constate aussi (dans A et B) l’amuissement du r devant un l articulé, attesté dans les parlers d’oïl et particulièrement dans ceux de la Normandie. Le redoublement du l dans la graphie Kalles / Challes (v. 1457, 1478, 1489, 1630), note l’allongement compensatoire de la voyelle a, consécutif à cet amuissement. Un autre exemple du phénomène figure dans repalerons, v. 2528, sans marque écrite de l’allongement compensatoire. Cf. notre introduction.

11    François Neveux, La Normandie des ducs aux rois…, p. 18, citant Dudon de Saint-Quentin, indique que Rollon recevait « toute la Bretagne, pour qu’il puisse en tirer de quoi vivre ».

12    Lever, v. transitif : transposition de la locution latine levare de sacro fonte « tirer des fonts baptismaux », d’où « baptiser », « être le parrain ou la marraine de… ». À l’époque des chefs vikings, le baptême se pratiquait par immersion et le verbe lever a donc ici le sens premier de « soulever, tirer de ».

13    Cf. Dudon de Saint-Quentin, De moribus et actis primorum Normanniae ducum, Jules Lair (éd.), Caen, Le Blanc-Hardel (Mémoires de la Société des antiquaires de Normandie ; t. XXIII, 3e série, 3e vol.), 1865, livre II, § 30, p. 170 : Anno igitur a Domini nostri Jesu Christi Incarnatione nongentesimo duodecimo, Franco, archiepiscopus catholica fide sacrosanctae Trinitatis, imbutum Rollonem baptizavit, duxque Francorum Robertus de fonte Salvatoris eum suscepit, nomenque suum ei imposuit, magnisque muneribus et donis honorifice ditavit.

14    En 924. Cf. François Neveux, La Normandie des ducs aux rois…, p. 31.

15    Gisèle mourut cinq ans après leur mariage, sans lui avoir donné d’enfant. Lié est la forme du pronom personnel tonique au féminin singulier dans certains parlers normands médiévaux de langue d’oïl. Pour le phénomène de réduction à la diphtongue [íε] de la triphtongue [íεi], bien attesté dans le Roman, voir notre introduction.

16    L’Introductio monachorum III, 2, qui n’évoque pas Gisèle, indique seulement que Guillaume Longue Épée, héritier de Rollon, était « le fils de Popa, une femme de la noblesse franque » : … Guillelmo, ex Popa, nobili Francigena, suo filio.

17    Pour la graphie euee : toluee, cf. Introduction.

18    Le relatif qui, au cas régime indirect, que l’on peut également graphier cui, est ici complément du nom fille. Cf. aussi v. 1509.

19    Il ne s’agit donc pas de Charlemagne.

20    La cathédrale de Rouen, où se trouvent encore actuellement les tombeaux de Rollon et de Guillaume Longue Épée.