Sociétés et espaces ruraux (2021-2022)

Lieu : Amphithéâtre de la MRSH
Début : 15/03/2022 - 14:30
Responsable(s) scientifique(s) : Jean-Marc Moriceau et Philippe Madeline

Au programme :

 Eaux, pollution, santé dans les campagnes au XVIIIe siècle : une histoire environnementale et sanitaire du monde rural, par Patrick FOURNIER, Maître de conférences à l’Université de Clermont-Auvergne (EA 1001, CHEC)

Résumé
Cette communication vise à interroger l’influence de l’environnement sur les populations rurales du XVIIIe siècle en prêtant une attention particulière à l’insalubrité des lieux et à la qualité de l’eau. Comment cette influence était-elle théorisée par les médecins, les savants mais aussi les personnels de santé en première ligne dans la lutte contre les maladies dans les campagnes (chirurgiens, curés, dames de charité…) ? Quel impact ces savoirs avaient-ils sur les politiques de prévention et d’aménagement du milieu ? Comment les populations rurales prenaient-elles en considération ces enjeux sanitaires et environnementaux ? Pour tenter de répondre à ces questions seront mobilisées des sources diverses issues des politiques de prévention et d’intervention médicale dans les campagnes depuis les structures pour lutter contre la peste de Provence et Gévaudan (1720-1723) jusqu’à la constitution de réseaux de santé des années 1730 aux années 1780 autour de journaux (notamment le Journal de médecine, chirurgie, pharmacie), d’académies (Académie de chirurgie et Société royale de médecine) et de pouvoirs provinciaux (l’administration des intendants). Je m’efforcerai notamment de montrer comment les campagnes sont progressivement intégrées dans les structures sanitaires et les politiques de santé publique au cours du XVIIIe siècle tout en analysant les différents niveaux d’intervention et l’interférences entre les enjeux économiques et les enjeux sanitaires.

Les migrants internationaux, acteurs de la transition agricole. Éclairages à partir des campagnes du Sud-Ouest français » par Camille HOCHEDEZ, maîtresse de Conférences à l’université de Poitiers, umr miGrinter)

Résumé
Les migrants internationaux sont devenus des acteurs majeurs des systèmes productifs agricoles, particulièrement importants dans les espaces ruraux peu denses en proie à la déprise agricole voire démographique. S'appuyant sur les résultats d’enquêtes menées dans deux espaces agricoles du Sud-Ouest français (Loudunais et Périgord) dans le cadre du programme ANR CAMIGRI, l'analyse montre comment différentes formes de présences migrantes (néo-paysans étrangers s’inscrivant dans une migration d’aménité, circulation d’ouvriers ou saisonniers agricoles) contribuent à la transition des espaces agricoles, et au-delà, des espaces ruraux, par plusieurs aspects : écologisation des pratiques, valorisation de la proximité, contribution au maintien des filières agricoles, voire à la création de nouvelles, mais aussi transition de l’économie locale vers des activités plus diversifiées. En retour, l’analyse statistique des dynamiques démographiques à l’échelle fine montre que l’agriculture joue un rôle d’ancrage pour les migrants, ce qui se traduit par des processus de reprise démographique.