La Bête du Gévaudan (1764-1767). Mythe et réalités

Tallandier, 2021, Texto , 480 pages, ISBN 979-10-210-4864-5
jean-marc Moriceau

L’homme ne peut pas vivre sans une part d’ombre. Chaque culture secrète ses mystères, qui hantent les imaginations, traversent les frontières et marquent notre patrimoine. Rien qu’en Europe, le monstre du Loch Ness en Écosse, le comte Dracula en Transylvanie, voire le Minotaure en Crète, fascinent : pourtant il ne s’agit que de légendes. Tel n’est pas le cas de la Bête du Gévaudan. Le 16 novembre 1764, quand la presse lance la nouvelle, la France et très vite le monde occidental jusqu’aux colonies américaines découvrent une affaire dont l’opinion va pouvoir suivre, à distance, l’une après l’autre, les péripéties. Aujourd’hui, en venant sur place redécouvrir la « bête du Gévaudan », les randonneurs mettent leurs pas dans ceux d’une figure mystérieuse – mais à l’existence bien réelle – qui hypnotise le public depuis 250 ans.

Grâce à elle, nous pénétrons dans un véritable théâtre historique qui a secrété et entrecroisé ensuite ses multiples couches de légende. Accrochée à des hautes terres éloignées des lumières de la ville et des progrès de l’économie, cette « bête » semble bien étrange. Cinq départements actuels en revendiquent la paternité : la Lozère et la Haute-Loire au premier chef, mais aussi le Cantal et accessoirement l’Ardèche et l’Aveyron. Son rayon d’action, de plus de 2 500 km2 à son maximum, a défié les frontières des hommes et de la nature. Trois années durant, de juin 1764 à juin 1767, la « bête féroce » a fait trembler les montagnards du Gévaudan mais aussi de Haute Auvergne. Mais en même temps, le fait-divers localisé est passé sur la scène internationale, interpellant cent fois plus de lecteurs. Comment en est-on arrivé là ? Que représente cet événement au juste ? Pourquoi a-t-il atteint si vite une dimension mythique ? Quelles réalités historiques révèle-t-il ? Sur l’histoire des hommes et leurs représentations, anciennes et actuelles, la bête du Gévaudan assure un véritable coup de filet.

 

« Le livre informé et argumenté sur la « Bête », qui se lit comme un polar »

Jean-Pierre Rioux, L’Histoire, 484, juin 2021.

 

« Jean-Marc Moriceau réécrit l’histoire du fameux drame qui secoua la France de la fin du règne de Louis XV, dans un récit vivant, fruit de plus de dix années de recherches passionnées » 

Jean-Louis Beaucarnot, Revue française de généalogie n° 254, juin-juillet 2021.

 

« Un grand livre d’histoire. La Bête du Gévaudan de Jean-Marc Moriceau mérite sa place dans bien des bibliothèques, pour les mêmes raisons que Montaillou, village occitan ou Le Pouvoir au village : une de ces démonstrations méthodologiques magistrales, dont notre discipline a régulièrement besoin pour se ressourcer. »

Bruno Jaudon, Histoire et Sociétés Rurales, 1er semestre 2021.