De la survie au bien-être

Lieu : MRSH - salle des Actes
Début : 09/10/2012 - 14:30
Responsable(s) scientifique(s) : Philippe Madeline et Jean-Marc Moriceau

Cette manifestation est programmée dans le cadre du sémnaire De la survie au bien-être. Santé et alimentation du Moyen-Age à aujourd'hui. Au coeur des recherches sur les sociétés et les espaces ruraux.


Au programme :

Philippe MADELINE et Jean-Marc MORICEAU

  • 10h - 11h30 : séance d’accueil pour les étudiants
  • 14h - 17h : ouverture du séminaire (tout public) 

Actualités et présentation du séminaire
Histoire et géographie de l’alimentation, état des lieux sur la place de l’alimentation en géographie
et en histoire (et la place qui y tient le monde rural)

  • Florent QUELLIER, titulaire de la Chaire CNRS histoire de l’alimentation des mondes modernes à l’Université François-Rabelais à Tours,
L'alimentation paysanne des Temps modernes, un dossier à (re)prendre ?
Résumé :
Héritée des années cinquante et soixante du XXe siècle, la vulgate historiographique dresse le tableau d'une alimentation paysanne débilitante, fortement carencée, faiblement carnée mais écrasée par les céréales et hantée par le spectre de la "famine-disette-cherté ". Cette présentation tient à une manière de faire de l'histoire largement inadaptée aux nombreuses parts d'ombre du dossier (autoconsommation, don d'aliments, cueillette, braconnage) et au rôle subalterne de facteur explicatif longtemps réservé à l'alimentation du monde rural par la démographie historique et l'histoire économique et sociale classique, sensibles aux malheurs du temps, alors que les historiens de l'alimentation n'avaient d'yeux que pour les livres de cuisine et les élites. Pourtant, en évitant les pièges des faux amis et des préjugés culturels, et en dénonçant l'amalgame dominant entre famine et culture de la faim, il est possible d'écrire une autre histoire.
  • Gilles FUMEY, Professeur de géographie à l’IUFM de Paris
Résumé
Engagés dans une refonte lente, progressive mais inéluctable de leur alimentation, les pays riches ont compris, grâce au travail des ONG et de l'ONU, que le modèle agroalimentaire mis en place après la Seconde Guerre mondiale n'était pas durable. Parce qu'une trop grande part de l'humanité n'a pas un accès sécurisé à l'alimentation et parce qu'une autre part non moins importante, vivant dans l'abondance alimentaire, est victime de pathologies dont la plupart sont nouvelles et difficilement traitables par la médecine et la diététique.
Pour comprendre vers quoi nous sommes engagés, il faut reprendre les fondamentaux de l'anthropologie de l'alimentation et, en particulier, comprendre la forte distinction qu'il y a entre le modèle industriel américain et le modèle "latin" ou méditerranéen ou européen du Sud qu'on appelle "géographique". L'alimentation géographique est bâtie sur un rapport aux territoires issu de fortes cultures paysannes  et fondé sur le mythe de la naturalité des classes urbaines de l'abondance. C'est ce modèle qui est perçu aujourd'hui comme porteur d'avenir et comme une alternative à l'alimentation industrielle envers laquelle la défiance est de plus en plus grande.