L'éthique à l'épreuve du transhumanisme : enjeux académiques et citoyens

Lieu : Salle des Thèse Sh 028 - MRSH
Début : 07/02/2020 - 14:00
Fin : 07/02/2020 - 17:00
Responsable(s) scientifique(s) : Amandine Cayol et Emilie Gaillard

Séminaire Transhumanisme(s) et droit(s)

David Gruson, membre du comité de direction de la chaire santé de Sciences Po Paris & fondateur de l’initiative académique et citoyenne Ethik-I

Dans sa communication consacrée à l'éthique à l'épreuve du transhumanisme en santé, David Gruson, directeur du programme santé du groupe Jouve, spécialisé sur la transformation digitale, et fondateur d'Ethik-IA, insiste sur le fait que le risque éthique principal associé à l’intelligence artificielle dans le système de santé français est qu’elle n’est pas suffisamment utilisée. Selon lui, « il ne serait pas éthique de bloquer l’innovation ». Il plaide pour l’avènement « d’une principe d’innovation sous l’égide du principe de précaution » : accepter par principe l’innovation sans en sous-estimer les risques éthiques. Il commence par dresser un panorama des cas d’usages de l’IA dans le domaine de la santé. Puis il s’intéresse à l’impact de l’IA sur les professions de santé, pour ensuite se concentrer sur les nécessaires enjeux éthiques liés au déploiement de l’IA en santé. L’analyse des risques de délégation (que ce soit celle de la décision médicale ou celle du consentement) le conduit à conclure que le risque ultime serait de cumuler les deux types de délégation. Des clefs de régulation sont alors formulées parmi lesquelles figurent l’élargissement du devoir d’information du médecin et surtout la consécration, selon lui nécessaire, d’une « garantie humaine » lors du recours à l’IA.