Forum Tchernobyl

Lieu : MRSH - Amphithjéâtre
Début : 21/04/2016 - 14:00
Fin : 21/04/2016 - 17:00
Responsable(s) scientifique(s) : Frédérick Lemarchand

Eléments pour une histoire des catastrophes nucléaires

La question qui surgit des expériences tragiques de Tchelianbinsk (1957), Tchernobyl (1986) et Fukushima (2011) est la suivante : peut-on retirer de ces événements négatifs une connaissance utile pour l’avenir, une « heuristique de la catastrophe » et des peurs qui l’accompagnent ? Au-delà des « retours d’expériences » attendus par les industriels et les techniciens, au-delà des faits quantifiés et des données brutes et abstraites, comment prendre en compte dans la réalisation d’un champ d’expérience les dimensions du sensible et du monde vécu, en particulier par les riverains les plus touchés ? Cette expérience sensible de la catastrophe, son historicité-même, incluant ses dimensions symboliques, si tant est que nous puissions les saisir, sera mise en scène au Café des images par la parole de deux grands témoins.

L’écriture de l’histoire de cette « face cachée » du nucléaire passe par le ressaisissement de la mémoire des vaincus, de la parole des sans-paroles, de ces millions d’habitants, parfois en colère, le plus souvent résignés et silencieux, qui constituent désormais le peuple de Tchernobyl, de Tcheliabinsk ou de Fukushima. Pour transmettre les paroles qu’ils nous adressent et répondre à la question que se posait Varlam Chalamof au sujet des camps dans ses Récits de Kolyma  « est-ce que l’expérience acquise à l’intérieur du camp possède une validité à l’extérieur ? », nous inviterons pour cet après-midi exceptionnelle deux grands témoins qui ont, chacune à leur manière, œuvré pour que se transmette une mémoire des catastrophes nucléaires :

  • « Ma traversée de Tchernobyl », par Galia Ackerna, dont le dernier ouvrage Traverser Tchernobyl vient de paraître (éditons Premier Parallèle). D'origine juive russe, Galia Ackerman née le 24 juin 1948, est une écrivaine, historienne, journaliste et traductrice franco-russe, spécialiste du monde russe et ex-soviétique. Elle est docteure en histoire à l'Université Paris-1 Panthéon-Sorbonne et chercheuse associée à l'Université de Caen.
  • « Tchelianbinsk 1957, à l’origine des désastres nucléaires »  Nadjezda Kutepova, sociologie et avocate, a du fuir précipitamment la Russie en juillet 2015 avec ses trois enfants, gravement menacée par les autorités russes en raison de ses activités de défense des droits des victimes de la catastrophe de Tchelianbinsk. Dans cette usine de production nucléaire secrète se produisit en 1957 une immense explosion de déchets nucléaires qui affecta une zone de 800 km2 et près de 300 000 personnes, qui fut un premier Tchernobyl resté secret pendant cinquante ans. Nadejda Kutepova, fondatrice de l'ONG russe “Planet of hope“, nous conduira dans les tréfonds de cette histoire méconnue...
  • Avec le témoignage de Natalia Manzurova « Femme Liquidatrice » à Tchernobyl.
     

Le Forum Tchernobyl sera animé par Guillaume Grandazzi, Frédérick Lemarchand et Arnaud Morange, sociologues et spécialistes de Tchernobyl.

 

Le forum se poursuivra au Café des iamges (20h00) :

 Christophe Bisson, philosophe et plasticien caennais, présentera pour la première fois en Normandie le documentaire qu’il réalisa en 2007 avec Maryan De Leo White Horse , sélectionné au festival international de Berlin, au festival "Cinéma du réél" à Paris et au festival international de Viennes en 2008.

Synopsis : « Maxime est né à Pripyat, Ukraine, à trois kilomètres seulement de la centrale nucléaire de Tchernobyl. Le 27 avril 1986, après l’accident nucléaire, lui et sa famille ont été évacués de Pripyat avec 48 000 autres résidents. Dans White horse nous suivons le retour de Maxime dans sa ville natale devenue fantôme. A travers les traces évanescentes subsistant dans l’espace vide il se souvient de son enfance perdue. L’évocation de son passé laisse percevoir les lignes de faille profondes qui le divisent. Dans cet espace urbain en passe de disparaître, une seule image demeure pour Maxime: un vestige de son monde englouti, son « Rosebud » à lui ».

http://cafedesimages.fr/films/white-horse/