La Presqu'île au nucléaire, 20 ans après

Lieu : Salle des actes, MRSH
Début : 23/09/2014 - 14:00
Fin : 23/09/2014 - 17:00
Responsable(s) scientifique(s) : Frédérick Lemarchand, Guillaume Grandazzi

Le Pôle Risques de la Maison de la Recherche en Science Humaine et le Master GREEN (Gouvernance des risques et de l’environnement) invitent :

Françoise Zonabend, anthropologue française, ancienne directrice d'études à l'École des hautes études en sciences sociales (EHESS, Paris) où elle a enseigné l'anthropologie de la France.
En 1985, elle ouvre un chantier à la Hague, pointe ouest de la presqu'île du Cotentin, (Manche, France). Elle y poursuit des recherches sur la parenté et la mémoire, mais elle y traque aussi, dans ce lieu dédié à l'industrie nucléaire, les stratégies défensives mises au point par les employés et les riverains pour travailler et vivre sans trop de souffrances auprès de ces établissements à haut risque. C'est tout un pan de ce champ nouveau qu'est l'anthropologie du risque qui se trouve, ici, exploré.

«  Plus de vingt ans ont passé depuis la première publication de ce livre qui racontait la vie des techniciens et des riverains de la plus grande usine au monde de retraitement des déchets nucléaires, édifiée à la Hague. - Pourquoi y revenir, aujourd'hui ? En raison de la catastrophe de Fukushima dont les causes restent, volontairement, peu élucidées et dont la tragédie n'en finit pas de se poursuivre, il est apparu important de rééditer ce texte introuvable qui déjà, à l'époque, révélait les façons de dire et de faire face au risque : l'ignorer, le nier ou le manipuler symboliquement pour mieux le maîtriser et l'oublier ! - Or, un tel déni du risque explique, pour partie, l'accident de la centrale de Fukushima et est au coeur même de la possibilité qu'à la Hague ou ailleurs, d'autres incidents majeurs ou mineurs puissent advenir. - Il s'agit aussi d'insister sur le fait que d'autres savoirs que ceux qui sont issus du cercle restreint des experts officiellement mandatés, sont légitimes pour analyser et porter la critique sur ces objets de haute technicité. Les sciences humaines et sociales ont la capacité à discuter et à analyser les faits les plus complexes de notre modernité, pour esquisser de nouvelles réflexions ».

Contact

Frédérick Lemarchand - 0627634193