Rdv

Journée d'étude

  • Lieu : Bibliothèque Alexis de Toqueville, Caen
    Début : 18/11/2022 - 09:00
    Fin : 18/11/2022 - 19:00
    Responsable(s) scientifique(s) : Annelie Jarl Ireman, Sophie Madeleine et Irène Baïdine

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    En partenariat avec le festival Les Boréales et la bibliothèque Alexis de Toqueville

    Dans le cadre du programme de recherche « Figures emblématiques, mythiques et légendaires dans les cultures contemporaines : récits du passé et réinterprétations »

    Programme prévisionnel:

    Session du matin: Les héros légendaires réinterprétés

    Alban Gautier (Professeur, Centre Michel de Boüard – CRAHAM, Université de Caen Normandie) :
    « Beowulf en français : un héros anglo-saxon dans la culture francophone, de la fin du XIXe siècle à nos jours »

    Sarah Vincent (Doctorante) :
    « La shieldmaiden face au male gaze : Étude de l’archétype féminin dans l’historie médiévale scandinave »

    Victor Barabino (Doctorant, Centre Michel de Boüard – CRAHAM, Université de Caen Normandie) :
    « Des guerriers-fauves mythiques à l'archétype vidéoludique: la représentation des berserkir dans The Witcher 3 »

    Harri Veivo (Professeur, ERLIS, Université de Caen Normandie) :
    « Kullervo, un héros kalévalien ambivalent »

    Aleksi Moine (Doctorant, Université d’Helsinki) :
    « Le Lemminkäinen de Juha Hurme: critique du nationalisme et apologie du multiculturalisme à travers la réécriture des mythes »

    Session de l’après-midi : Les créatures folkloriques réinventées

    Nadège Langbour (Professeur de Lettres, C.E.R.E.D.I., Université de Rouen et 3LAM, Université du Mans) :
    « Nanouk et Inukshuk : la réappropriation écologique de figures mythiques inuit dans la littérature de jeunesse »

    Malin Isaksson (Maître de conférences, Université d’Umeå) :
    « Romans de suspens en Sápmi : légendes retravaillées »

    Laurent Di Filippo (Maître de conférences, CREM, Université de Lorraine) :

    « Inspirations et évolutions des trolls dans Dungeons & Dragons »

    Maria Hansson (Docteure et chargée de cours, Université Paris-Sorbonne) :
    « Nisser, créatures maléfiques dans la série danoise Les Lutins – absurdité ou logique ? »

    Annelie Jarl Ireman (Maître de conférences, ERLIS, Université de Caen Normandie) :

    « Le tomte : d’une créature folklorique ambigüe à une figure de noël incarnant les valeurs suédoises »

     

    17h30 Rencontre avec Nadège Langbour, auteure française du livre jeunesse L’arche des Inukshuk : roman écologique en terres arctiques (2021).
    18h30 Rencontre avec l’auteur finlandais Juhani Karila autour de son roman La pêche au petit brochet (Pienen hauen pyydystys, 2019).

     

  • Lieu : MRSH - Salle des Actes
    Début : 29/09/2022 - 14:00
    Fin : 30/09/2022 - 14:00
    Responsable(s) scientifique(s) : F. Cavaillé / M. Juan

    Cette journée d’études propose de se pencher sur l’expérience des spectateurs et des spectatrices à travers la pratique des collections. Inaugurant un projet de recherche consacré aux objets de spectateurs, elle invite à se pencher sur les différentes traces matérielles qui, hors des salles, témoignent d’une pratique de spectatrice ou de spectateur ou au travers desquelles se manifeste un amour pour les arts (et les artistes) de la scène et du cinéma. On s'y intéressera aux collections constituées par des amateurs de théâtre, de cirque et par des cinéphiles, expression la plus flagrante de la manière dont les objets peuvent témoigner d'une telle expérience, retracer des carrières de spectateurs, être porteurs ou investis d’une histoire enfin, que celles et ceux qui les réunissent cherchent à préserver ou à s’approprier.

  • Lieu : Université de Caen Normandie
    Début : 17/09/2022 - 09:00
    Fin : 17/09/2022 - 18:00
    Responsable(s) scientifique(s) : B. Poitrenaud-Lamesi

    Invitation de Gérard Macé & Présentation du centre de recherche ALMA par Laura Cannavacciuolo , U. Naples l’Orientale : La culture napolitaine au-delà de Naples ( fonds IMEC). Responsables B. Poitrenaud-Lamesi, M.-H. Boblet, V. D'Orlando. MRSH.
     
    Gérard Macé, poète essayiste photographe, a reçu de prestigieux prix littéraires Prix littéraires –  Prix Roger-Caillois 2002 et Prix Femina-Vacaresco 1980 – il viendra parler de « son Italie » en particulier de Rome dans les ouvrages tels que Rome ou le firmament (Fata Morgana, 1983), Rome, l'invention du baroque (Marval, 1997) ou encore Rome éphémère (Arlea, 2018).
     
    Ce volet du programme Passeurs s’intéresse aux livres fondateurs de l’imaginaire culturel italien hors de l’Italie et tout particulièrement en France. Il ne s’agit pas seulement d’analyser la production scientifique, mais également les ouvrages qui, hors du domaine académique, ont contribué à l’élaboration d’une certaine image de l’Italie qui, bien souvent, ne correspondait pas à celle que l’Italie avait d’elle-même. L’approche dépasse le cadre du « voyage en Italie », déjà largement étudié, pour envisager les constantes, les variations et les ruptures qui contribuent à la formation d’une image  actuelle de l’Italie, allant du « Jardin d’Italie » au « réel subjectif ». Les ouvrages considérés ne prennent pas simplement l’Italie comme « décor » de leurs narrations, ils font de l’Italie un « sujet », de réflexion, de rêverie, d’interrogations, d’inspiration. Les représentations imaginaires de l’Italie sont examinées à travers les références littéraires et plus largement culturelles italiennes convoquées dans les textes d’auteurs français (par exemple Beauvoir, Cheng, Duras, Giono, Gracq, Macé, Sollers, Quignard, Yourcenar…) ou dans des ouvrages critiques (Barthes, Fernandez, Malraux, Morand, Sartre). La démarche convoque également les « passeurs institutionnels » tels que les libraires, les instituts culturels et les éditeurs. L’originalité de la démarche consiste à faire dialoguer des chercheurs de disciplines différentes, spécialistes de la culture littéraire française et italienne, autour d’un même objet d’études. Elle convoque l’interdisciplinarité et l’approche comparatiste.
     
  • Lieu : MRSH - Salle des actes
    Début : 25/11/2022 - 09:00
    Fin : 25/11/2022 - 18:00
    Responsable(s) scientifique(s) : Jérémie Bichüe

    À quoi peut bien renvoyer la présence récurrente de l’expression « Dieu gard » qui figure dans un certain nombre de textes poétiques français du xviesiècle?  Parfois limité à quelques vers, ce syntagme va pourtant jusqu’à figurer au titre du Dieu gardde Marot à son retour de Ferrare(1537). Au fil du siècle, les « Dieu gard » perdurent, laissant ainsi envisager l’existence d’une tradition qui traverse les générations poétiques. La confidentialité de ces compositions et l’absence du « Dieu gard » dans les traités de poétique expliquent sans doute le désintérêt des chercheurs. La richesse du corpus jusqu’ici constitué a pourtant suscité notre curiosité et cette journée d’étude visera à déterminer les conditions d’existence de ce genre à géométrie variable. 
  • Lieu : Université de Caen
    Début : 21/10/2022 - 09:00
    Fin : 22/10/2022 - 13:00
    Responsable(s) scientifique(s) : Julie Anselmini

    Exiger dans vos œuvres les preuves de cette supériorité intellectuelle que vous affichez, cela peut être de la duperie, de la routine, de l’indiscrétion ; mais à coup sûr ce n’est pas de la méchanceté, et vos reproches ne nous intimideront pas.

     

    La lecture de cette « Défense de la critique » établie par Alida de Savignac dans le Journal des Femmes du 4 janvier 1835 amène à s’interroger sur la part des femmes dans l’essor et dans la définition de la critique au XIXe siècle. Si l’on sait désormais combien la réception des œuvres de femmes se fonde sur le genre des autrices, plus que sur les qualités littéraires déployées, les études littéraires ont jusqu’à présent peu exploré les caractéristiques propres à la critique littéraire des écrivaines-journalistes.

    Les femmes ayant accès à cette position d’autorité littéraire sont a priori peu nombreuses dans la presse généraliste. On y trouve des signatures féminines plutôt dans les feuilletons, notamment dans la chronique « Revue des théâtres ».  Le vaste corpus de la presse féminine nous permet d’interroger à partir d’une matière plus abondante les différents aspects de la critique journalistique au féminin. Cette presse spécialisée évoque en effet autant, voire davantage encore que le presse généraliste les parutions littéraires, les spectacles et Salons.

    La journée d’étude organisée le 21 octobre 2022 à l’université de Caen vise à analyser les pratiques, les représentations et les enjeux de la critique littéraire, dramatique et artistique des femmes entre 1800 et 1880, en soulevant différents questionnements.

    - Qui sont ces femmes critiques ? Où écrivent-elles ? Quels commentaires méta-critiques produisent-elles ? Quelles postures critiques construisent-elles, quelles stratégies adoptent-elles ? La légitimité des femmes à participer à la vie intellectuelle ayant été largement discutée au XIXe siècle, comment les écrivaines-journalistes répondent-elles aux reproches tendant à disqualifier leurs analyses ? Comment défendent-elles la légitimité de la pratique littéraire et critique des femmes ?

    - La participation des femmes aux débats critiques du temps peut se lire sur d’autres supports que le journal : préfaces, œuvres littéraires elles-mêmes, journaux, correspondances… Elle s’exprime aussi dans des lieux de sociabilité ou de convivialité littéraires, et par l’influence de certains réseaux. Ces autres espaces et modalités de la critique culturelle méritent également l’investigation.

    - Enfin, au-delà de la critique des femmes, la critique de genre féminin doit être interrogée. Si les femmes ont pu pratiquer la critique sous un pseudonyme masculin (on pense au « vicomte de Launay », nom de plume de Delphine de Girardin), des critiques hommes ont inversement écrit sous un pseudonyme féminin (Barbey d’Aurevilly par exemple, ou Mallarmé), ou pratiqué une critique affichant des codes, des postures, un ethos féminin à partir de caractéristiques pensées comme féminines. C’est la construction de ces codes et donc plus largement la critique au féminin que nous nous proposons d’interroger.

    Les propositions de communications d’environ 300 mots devront être accompagnées d’une notice biobibliographique et seront adressées au comité organisateur avant le 22 avril 2022 à l’adresse suivante : critiqueraufeminin@gmail.com

     

    • Bibliographie indicative

    Laure Adler, Les Premières journalistes : 1830-1850, à l’aube du féminisme, Paris, Payot, 1979.

    Olivier Bara & Christine Planté (dir.), George Sand critique. Une autorité paradoxale, Saint-Étienne, Publications de l’Université de Saint-Étienne, 2011.

    Lucie Barette (Roussel-Richard), Les écrivaines-journalistes sous la monarchie de Juillet : la presse au service d’une reconnaissance littéraire, Thèse de doctorat, Caen, 2018.

    Roger Bellet, Autour de Louise Colet : femmes de lettres au XIXe siècle, Lyon, Presses universitaires de Lyon, 1982

    Chantal Bertand-Jennings (dir.), Masculin/Féminin : le XIXe siècle à l’épreuve du genre, Toronto, Centre d’études du XIXe siècle Joseph Sablé, 1999.

    Claire Blandin, Hélène Eck et l’Institut Française de la Presse, La Vie des femmes : la presse féminine aux XIXe et XXe siècles, Paris, Éd. Panthéon-Assas, 2010.

    Jeanne Brunereau, Presse féminine et critique littéraire de 1800 à 1830 : leurs rapports avec l’histoire des femmes, Paris, EVE et son espace créatif, 2000.

    Béatrice Damian-Gaillard, Cégolène Frisque, Eugénie Saitta, Le journalisme au féminin. Assignations, inventions, stratégies, Rennes, PUR, 2010.

    Andrea Del Lungo & Brigitte Louichon (dir.), La Littérature en « bas-bleus », Romancières sous la Restauration et la monarchie de Juillet (1815-1848), Paris, Classiques Garnier, 2010.

    Brigitte Diaz & Isabelle Hoog Naginski, George Sand : Pratiques et imaginaires de l’écriture, Caen, Presses Universitaires de Caen, 2006.

    Wendelin Guenter, Women Art Critics in Nineteeth-Century France : Vanishing Acts, University of Delaware, 2013.

    Christine Léger-Paturneau, Le Journal des Demoiselles et l’éducation des filles sous la monarchie de Juillet (1833-1848), Thèse de Doctorat, Paris VII, 1988.

    Christine Planté, La Petite Sœur de Balzac. Essai sur la femme auteur, Lyon, Presse universitaire de Lyon, 2015. Préface inédite de Michelle Perrot. Postface inédite de l’auteure.

    Évelyne Sullerot, Histoire de la presse féminine en France, des origines à 1848, Paris, A. Colin, 1966.

    Marie-Ève Thérenty, Christine Planté, Féminin/Masculin dans la presse du XIXe siècle, Lyon, Presses Universitaires de Lyon, 2022.

    Marie-Ève Thérenty,  Femmes de presse, femmes de lettres – de Delphine de Girardin à Florence Aubenas, Paris, CNRS Éditions, 2020.

     

  • Lieu : MRSH
    Début : 17/11/2022 - 09:00
    Fin : 17/11/2022 - 18:00
    Responsable(s) scientifique(s) : Ph. Ortoli / J. Marino

    Genre de l’extrapolation, la science-fiction est rarement associée au comique et à la légèreté : elle est, au contraire, souvent cantonnée à une dimension sérieuse vis-à-vis des univers qu’elle crée. « La science-fiction passe parfois pour manquer d’humour. Il est vrai que ses sujets qu’elle préfère sont les fins du monde, les invasions extraterrestres, les sociétés totalitaires, les mutants et robots aux pouvoirs inquiétants, le basculement de la réalité, des matières plus propices à l’angoisse qu’au divertissement »[1]. Et, en effet, les thématiques abordées par le genre sont plus enclines à inquiéter qu’à faire sourire.

    Pourtant, dès les origines de ce genre littéraire, des personnages extravagants habitent les univers de Jules Verne et imbibent de légèreté un monde qui aurait été trop austère sans eux. En effet, « [d]étendre l’atmosphère » est ici une des fonctions de l’humour et, par-là, « dédramatiser » semble être la continuation d’un même programme[2]. On retrouve cela dans des adaptations cinématographiques de l’écrivain tels 20 000 lieues sous les mers (20,000 Leagues Under the Sea, Richard Fleischer, 1954) ou Le Maître du monde (Master of the World, William Whitney, 1961).

    Au cinéma, plus spécifiquement, cette fonction dédramatisante du rire traverse la première trilogie de Star Wars par l’invitation de certains dialogues drôles, voire graveleux, ou de certains personnages loufoques ; même chose pour la trilogie de Robert Zemeckis, empruntant à la thématique bien connue du voyage temporel et de ses paradoxes, Retour vers le futur (Back to the Future I, II, III, 1985, 1989, 1990), pour citer deux exemples extrêmement célèbres dont on peut trouver d’autres échos dans Les Visiteurs (Jean-Marie Poiré, 1993), Les Couloirs du temps : Les visiteurs II (Jean-Marie Poiré, 1998), Les Visiteurs en Amérique (Just Visiting, Jean-Marie Poiré, 2001) et Les Visiteurs : la révolution (Jean-Marie Poiré, 2016).

    Cependant, lorsque les mondes développés demeurent foncièrement inquiétants, par exemple dans le sous-genre de la dystopie, nombre de films se voient parsemés de traits d’humour – Total Recall : voyage au centre de la mémoire (Total Recall, Paul Verhoeven, 1990) et Demolition Man (Marco Brambilla, 1993) peuvent en témoigner – pour ainsi « désamorcer des peurs plus profondes sans chercher à les faire disparaître »[3], détournant ce qui habituellement suscite l’angoisse.

    Dans une volonté plus discursive, le détournement des codes du genre peut se doter d’une fonction critique. La comédie de science-fiction peut s’accaparer un sujet grave et ainsi user d’ironie, provoquant la satire. Sur le vaste sujet de l’holocauste nucléaire, souvent traité par la science-fiction, le titre de Docteur Folamour ou comment j’ai appris à ne plus m’en faire et à aimer la bombe (Dr. Strangelove or : How I Learned to Stop Worring and Love the Bomb, Stanley Kubrick, 1964) résume à lui seul le traitement opté par le film. Brazil (1985), quant à lui, réalisé par un des Monty Python, Terry Gilliam, et inspiré du Procès (Franz Kafka, 1925), aborde le funeste sujet du totalitarisme bureaucratique et de ses répercussions sur l’individu en pointant les nombreuses absurdités de son monde par le rire. Ou, au sein du film d’extraterrestres, Starship Troopers (Paul Verhoeven, 1997) critique une vision trop patriotique et militariste des États-Unis.

    Contourner ou détourner, justement, peut aussi diriger la science-fiction vers le chemin de la parodie ou du pastiche. « Dans un jeu que l’on pourrait qualifier de carnavalesque, la parodie et le pastiche comme genres interrogent aussi bien les genres visités que la notion de genre elle-même. Ils destituent pour restituer, reconstituer »[4].

    Ainsi, une parodie de science-fiction emprunte à la comédie pour exagérer, caricaturer les fabrications du genre, fabrications et monstres qui, encore une fois, étaient censés effrayer. Ainsi, le rôle de l’extraterrestre est détourné, il devient non plus effrayant mais drôle : Mince de planète (Visit to a Small Planet, Norman Taurog, 1960), Le Gendarme et les extra-terrestres (Jean Girault, 1979), La Soupe aux choux (Jean Girault, 1981), The Hidden (Hidden, Jack Sholder, 1987) reprenant discrètement le scénario du Cerveau de la planète Arous (The Brain from Planet Arous, Nathan Juran, 1957) ou Mars Attacks ! (Tim Burton, 1996) raillant quant à lui plus explicitement la mode des méchants extraterrestres terriblement invasifs des années 1950[5].

    Comme la moussaka issue de L’Attaque de la moussaka géante (I epithesi tou gigantiaiou mousaka, Panos H. Koutras, 1999) qui trouve l’origine de son aspect visqueux et de son appétit inassouvissable dans Danger planétaire (The Blob, Irvin S. Yeaworth Jr., 1958), les monstres hideux de la science-fiction comique parodient alors ceux qui, terrifiants, hantent son imaginaire. Parmi eux, les bêtes acharnées de L’Attaque des tomates tueuses (Attack of the Killer Tomatoes !, John De Bello, 1978), Le Retour des tomates tueuses (Return of the Killer Tomatoes !, John De Bello, 1988) ou encore La Nuit de l’invasion des nains de jardin venus de l’espace (Dylan Pelot, 1997) doivent leur existence aux insectes, arachnides et animaux géants ou abondants traversant de nombreuses œuvres ouvertement destinées à effrayer.

    Certains sous-genres sont eux-mêmes parodiés. L’exploration spatiale dans Deux Nigauds chez Vénus (Abbott and Costello go to Mars, Charles Lamont, 1953) n’est pas sans rappeler celle de 24h chez les Martiens (Rocketship X-M, Kurt Neumann, 1950). Ou, le space opera de Star Wars, d’Alien ou de Star Trek dans La Folle histoire de l’espace (Spaceballs, Mel Brooks, 1987) est ridiculisé par un jeu sur les codes du sous-genre qui semble principalement relever de la farce.

                Dédramatiser et désamorcer, critiquer, détourner, parodier et pasticher, ou simplement blaguer : nous tenterons, dans notre journée d’études sur l’humour dans le cinéma de science-fiction, d’explorer en profondeur les fonctions du rire à l’intérieur de ce genre, pourtant bien conscient de ce qui le compose et dont les considérations sont marquées d’une certaine gravité d’usage.

    Les communications devront porter sur des films de science-fiction, soit pleinement comiques, soit porteurs de toutes formes d’humour, sans restriction de contexte géographique ou temporel. Le but est, justement, d'ouvrir la réflexion sur les cinématographies les plus hétérogènes qu'il soit.

     

    Nous proposons, en guise de suggestion, les pistes suivantes :

     

    1. L'humour permet-il d'interroger la représentation traditionnellement angoissante des possibilités de la science, qui constitue un des enjeux du genre ?
    1. La satire sociale et politique des mondes dystopiques offerts par les futurs imaginés par le genre est-elle le mode majoritaire de la comédie de science-fiction ?
    1. Le registre parodique ou du pastiche permet-il à la comédie de science-fiction de réfléchir aux fonctions idéologiques des codes du genre qu'elle raille ?
    1. La place du ridicule provoqué de manière plus ou moins volontaire par différents facteurs (manque de moyens financiers, grotesque d'éléments visuels et techniques constituant un décalage d’attente entre les spectateurs contemporains de l'époque de production des films et ceux qui ne le sont pas, dialogues solennels et abscons, etc...) est-elle traductrice d'un discours volontiers critique envers les institutions (scientifiques, sociales, politiques, etc...) ?
    1. La comédie de science-fiction est-elle susceptible d'éclairer des périodes et/ou des civilisations spécifiques dans la manière dont elles s'envisagent ?

     

    La journée d'études aura lieu le jeudi 17 novembre 2022 à l'Université de Caen Normandie. Les propositions, accompagnées d'une courte bio-bibliographie, ne dépassant pas idéalement les 1500 caractères (espaces compris) devront être envoyées avant le 10 septembre 2022 aux adresses suivantes :

    jeremy.marino@unicaen.fr

    philippe.ortoli@unicaen.fr

    Le format des communications est de 45 minutes (extraits compris), suivi d’un échange de 15 minutes.

     

    Jérémy Marino et Philippe Ortoli

     

    Bibliographie indicative

    Sur l’humour au sein du genre de la science-fiction

    • BARETS, Stanislas, « Humour », Le Science-fictionnaire (volume 1), Paris, Denoël, Collection « Présence du futur », 1994, pp. 162-163.
    • BROWN, Fredric, « Science-fiction et humour » (1953), dans BOURGOIN, Stéphane, Fredric Brown, le rêveur lunatique, Amiens, Encrage, Collection « Portraits », 1988, pp. 103-104.
    • DORDIN, Gaëlle (thèse sous la direction de ZARAGOZA, Georges), L’Humour dans la littérature de science-fiction. Identification et spécification de ses contours, ses attributs, ses techniques et ses variations, Université de Bourgogne, 2014.
    • GOIMARD, Jacques, Préface, dans GOIMARD, Jacques, IOAKIDIMIS, Demètre, KLEIN, Gérard, La Grande anthologie de la science-fiction (volume 11). Histoires à rebours, Paris, Livre de poche, Collection « La Grande anthologie de la science-fiction », n° 3773, 1976, 1984, pp. 15-20.
    • MILLET, Gilbert, LABBÉ, Denis, La Science-fiction, Paris, Belin, 2004.

    Sur la science-fiction au cinéma

    • BOUYXOU, Jean-Pierre, La Science-fiction au cinéma, Paris, Union Générale d’Éditions, Collection « 10/18 », 1971.
    • CHION, Michel, Les Films de science-fiction, Paris, Cahiers du cinéma, Collection « Essais », 2008.
    • DUFOUR, Éric, Le Cinéma de science-fiction, Paris, Armand Colin, Collection « Cinéma / Arts visuels, 2011.
    • GRESSARD, Gilles, Le Film de science-fiction, Éditions J’ai lu, 1988.

    Sur les détournements des codes de la science-fiction au cinéma

    • BENAÏM, Stéphane, Les Extraterrestres au cinéma, La Madeleine, LettMotif, 2017.
    • SORIN, Cécile, Pratiques de la parodie et du pastiche au cinéma, Paris, L’Harmattan, Collection « Champs Visuels », 2010.


    [1]MILLET, Gilbert, LABBÉ, Denis, La Science-fiction, Paris, Belin, 2004, p. 368.

    [2]Ibidem.

    [3]Ibid., p. 369.

    [4]SORIN, Cécile, Pratiques de la parodie et du pastiche au cinéma, Paris, L’Harmattan, Collection « Champs Visuels », 2010, p. 122.

    [5]BENAÏM, Stéphane, Les Extraterrestres au cinéma, La Madeleine, LettMotif, 2017, pp. 95-98.

     

  • Lieu : Université de Caen, MRSH, salle sh 027
    Début : 21/10/2022 - 09:00
    Fin : 21/10/2022 - 18:00
    Responsable(s) scientifique(s) : Armelle Parey

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