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Dernière modification le 01/04/2020

Pauline LAUNAY

Docteure en sociologie

Membre associé de l'équipe CERREV

pauline.launay@unicaen.fr / launay0pauline@gmail.com

Publications

Articles dans des revues avec comité de lecture

Launay Pauline, « Du “tabou de la mort” à l’accompagnement de fin de vie. », Anthropologie & Santé, no 12, 2016

Dans la seconde moitié du XXe siècle, la médecine palliative a pris corps avec le sentiment d’un nécessaire renouvellement de la prise en charge des incurables, qui contraste avec celle pratiquée dans les hôpitaux jusqu’alors. Son institutionnalisation en France dans les années 1980 débouche sur la création d’un lieu spécifique, l’Unité de Soins Palliatifs (USP), particulièrement révélateur de la configuration théorique, éthique et empirique de la médecine palliative. Devenue synonyme des pratiques palliatives, la notion d’accompagnement de fin de vie signe le passage d’une négativité – combattre le “tabou de la mort” – à une positivité dans la configuration d’une nouvelle médicalisation du mourir. À travers l’étude de la disposition spatiale (architecture, topographie et ambiance) d’une Unité de Soins Palliatifs, nous souhaitons montrer en quoi ce lieu particulier peut être un révélateur de cette nouvelle configuration médicale.

 

Directions d’ouvrages scientifiques

Launay Pauline (dir.), Louis-Vincent Thomas. Une pensée autre, Lormont, Le bord de l’eau, 2018

Louis-Vincent Thomas (1922-1994) commence sa carrière sur le continent africain et y étudie tour à tour les systèmes de pensée, les représentations, la notion de personnalité, les idéologies, les mythes, les rites et les symboles. Une idée-force résulte de ces premiers travaux : « La mort n'est pas le contraire de la vie mais peut-être sa condition fondamentale » (Thomas, 1993). Dès lors, la question de la finitude devient le cœur de ses recherches, mêlant diverses disciplines, approches et thématiques. Et c'est ainsi que l'initiateur de la thanatologie, voyageant dans les chemins de l'imaginaire, de la science-fiction, des obsessions, du quotidien, des corps et des mythologies, a tissé une science et un art de la mort dans la vie. Plus de vingt ans après sa disparition, nous proposons d'effectuer un retour sur l'œuvre féconde de ce penseur pluriel et insaisissable. Par la rencontre des trois générations – tous domaines confondus – qui lui ont succédé, cet hommage vise à percevoir les résonances de son héritage et les empreintes de sa personnalité, de son itinéraire et de ses recherches. Le présent ouvrage réunit donc des contributions hétéroclites en donnant la parole à ses élèves, ses proches et collègues, mais aussi à celles et ceux qui, sans l'avoir connu, poursuivent à leur manière les chemins que l'anthropologue a ouverts.

Avec les contributions de BAROILLER Aurélien, BAUDRY Patrick, BROHM Jean-Marie, CHABOT André, CHABOT-FUARD Anne, COPTI Michel, DEKONINCK-GAUTHIER Marie-Thérèse, DES AULNIERS Luce, ERNST Gilles, GAMBA Fiorenza, GIDOIN Jérôme, GRANGE David, LABESCAT Gil, LABONIA Monica, LALÈYÊ Issiaka-P. L., LAUNAY Pauline, MANGA Jean-Baptiste Valter, MASURIER Didier, MERCIER Evelyne-Sarah, MONG-HY Cédric, NDIAYE Lamine, SÉMÉDO Raymond, SOLDINI Fabienne, URBAIN Jean-Didier, VEYRIÉ Nadia.

Compte-rendu de lecture de l'ouvrage

 

Chapitres d’ouvrages scientifiques

Launay Pauline, « Prise en charge de la souffrance des proches de mourants et conception du deuil. Enjeux manifestes et latents de l’accompagnement des fins de vie en Unité de Soins Palliatifs », in Ferré Vincent et Sévérac Pascal (dir.), La Souffrance : remèdes et pratiques, Rennes, PUR, 2020 (à paraitre)

La médecine palliative est née d’une double critique de la gestion du mourir dans les hôpitaux et de l’approche réductionniste de la douleur, dont le traitement technique et médicamenteux ne la conçoit que dans ses retentissements biophysiologiques. La médecine palliative confronte donc nouvellement « l’art de guérir » aux incurables et aux mourants, jusqu’alors miroir de l’impuissance médicale, et déplace les enjeux du soin de la guérison vers l’accompagnement des souffrances. De cette conception holistique, le phénomène pathologique se situe moins dans l’espace tangible du corps que dans le temps, avec une forte mobilisation des notions de période, phase, chronicisation, de temps intérieur et de sa mise en récit.

À partir d’une enquête de type ethnographique dans une Unité de Soins Palliatifs, nous nous centrerons sur la manière dont la médecine palliative conçoit l’accompagnement des proches au cours de l’hospitalisation du patient. En particulier, nous analyserons comment se matérialise, dans les relations de soins, l’idée selon laquelle la présence « active » des membres de l’entourage participe autant à la prise en charge du patient lui-même qu’à celle de ces proches en cherchant à les « préparer » au deuil à venir, du moins à en prévenir les complications. À cet égard, la médecine palliative en France est révélatrice des changements que connait notre société contemporaine qui s’opèrent tant dans le domaine funéraire que médical.

 

Launay Pauline, « Mourir à son heure. Durée et rythme des trajectoires de fin de vie en Unité de Soins Palliatifs », in Balard Frédéric et Voléry Ingrid (dir.), La Médecine des âges au seuil du XXIe siècle, Nancy, PUN, 2020 (à paraitre)

Premières structures à émerger, les Unités de Soins Palliatifs (USP) assurent une triple mission de recherche, de formation et de soins et conservent une place particulière : cliniquement, elles sont les seuls services clos qui accueillent spécifiquement des patients en phases avancée et terminale de maladies graves, évolutives et incurables. Ce faisant, si la médecine palliative ne concerne pas un âge spécifique, elle s’inscrit pleinement dans les formes contemporaines de médicalisation du cours de la vie humaine par l’encadrement des transitions existentielles et des trajectoires vécues par les personnes atteintes de maladies chroniques. Étant donné le positionnement institutionnel des USP, ces dernières travaillent sur des patients aux trajectoires singulières. En ce sens, les malades qui y sont admis font l’objet d’une sélection permettant aux équipes de réduire autant que possible l’incertitude quant au séjour. De manière analogue, les modalités de sortie (actes médicaux en fin de vie, retour à domicile ou réorientation) permettent une régulation des durées et des rythmes de l’hospitalisation. On observe ainsi une contradiction apparente entre, d’un côté, une normalisation de la durée des séjours et de l’autre, une adaptation des équipes au rythme des patients. Pour comprendre ces phénomènes, l’ajustement institutionnel opéré par ces équipes doit être mis en lien avec la défense d’une conception « naturelle » de la mort qui passe par l’invention de temps biographiques et médicaux s’ordonnant autour de temporalités multiples. Après avoir décrit les modalités d’entrée et de sortie des patients hospitalisés dans le service, nous présenterons deux trajectoires de patients contrastées pour ensuite souligner les normes qui sous-tendent les accompagnements de fin de vie en USP.


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