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Dernière modification le 21/02/2022

Céline JOUIN

Maîtresse de conférences (HDR)

Membre de l'équipe Identité et subjectivité

fonctions actuelles :

• Maître de conférences en philosophie politique et philosophie du droit à l'Université de Caen Normandie depuis 2011

• Co-responsable pédagogique du Master de Philosophie à l'Université de Caen Normandie depuis 2016, avec Jérôme Laurent depuis 2020

• Secrétaire de rédaction des Cahiers de philosophie de l'Université de Caen depuis 2011

domaines de recherche :
philosophie du droit, philosophie politique, philosophie hégélienne et post-hégélienne

cursus :
Thèse de philosophie soutenue à l'Université de Rennes-1 en  2009, Droit international, épistémologie et idéologie chez Carl Schmitt, dirigée par Catherine Colliot-Thélène.
Études à l'ENS de Fontenay-Saint-Cloud et de Lyon ainsi qu’à Nanterre et à la Humboldt-Universität de Berlin

Mon actualité

Préparation d'un colloque sur "La constitution matérielle de l'Europe" qui aura lieu les 11, 12 et 13 octobre 2017 à l'Université de Caen Normandie

Après le « non » aux référendums de 2005, le traité de Lisbonne a tenu lieu de « constitution européenne ». Aujourd'hui avec le Brexit, c'est bien l'appartenance formelle des Britanniques à l'Union Européenne qui est en jeu. Pourtant, le régime effectif de l'Europe excède très largement son cadre formel. Il se caractérise par un ensemble de glissements institutionnels inscrits et non-inscrits dans les traités et par une division des pouvoirs, dont certains ont la propriété remarquable d’être en partie seulement visibles et institutionnellement légitimés. La géométrie du «système» des Etats européens inclut son rapport à d'autres structures (comme l'Otan ou l'eurozone) ainsi qu'à des corps politiques non étatiques (les autorités indépendantes, les lobbies, les fonds d'investissements, etc.).
Ce colloque a pour but de définir, pour l'Europe, ce que, dans les années 1930, les historiens Otto Hintze et Otto Brunner appelaient la Verfassung (par opposition à la Konstitution) ou ce que le constitutionnaliste italien Constantino Mortati nommait la « constitution au sens matériel » (La costituzione in senso materiale, 1940) : non pas une constitution issue d'un pouvoir constituant, mais un ordre concret inscrit dans un territoire.
Comment définir le diagramme des rapports entre « pouvoir de fait » et « pouvoir légitime », entre Herrschaft et Macht, au sein de l'Union européenne ? Comment décrire l'ordre spatial européen, son régime des frontières et l'inégalité des territoires ?
Comment penser les impasses actuelles de la construction européenne ? Quelles voies reste-t-il pour démocratiser l'Europe ? Est-il possible d'édifier une quasi-fédération européenne afin de « compléter » la construction de la monnaie (ou de « réparer » le défaut de sa constitution originelle) en instituant une souveraineté européenne analogue à celle d’un Etat, comme le souhaite Habermas ? Ou faut-il penser avec Dieter Grimm (Die Zukunft der Verfassung, 1991) que le processus de « déformalisation » du droit et de l’État est trop avancé, et que, dans la mesure même où l’Etat partage son pouvoir avec des acteurs « privés », la constitution devient un système partiel, un sous-système ?
Philosophes, juristes, économistes et politistes sont invités à réfléchir ensemble à ces questions. Ce qui suppose à la fois d'enquêter sur les dynamiques historiques et structurales concrètes qui caractérisent l’histoire du droit public de l’Etat sur le continent européen, comme le faisaient en leur temps Otto Brunner, Otto Hintze ou Constantino Mortati, mais aussi d'affronter les questions économiques et juridiques comme des questions directement politiques.

Intervenants : Agustin José Menendez (Université de León),Laurence Potvin-Solis (juriste, Caen), Sandro Chignola (philosophe, Padoue), Sandro Mezzadra (Bologne), Roberto Esposito (Scuola Normale Superiore de Pise), Olivier Beaud ( Paris 2 Assas), Dominique Rousseau ( Paris 1), Catherine Colliot-Thélène, (Rennes 1), Marie Rota (Caen), Mathilde Unger (Paris 1), Marcus Llanque (Augsburg), Robert Salais (ENS Cachan), Nicolas Levrat (Genève), Valéry Pratt (Lycée d'Annecy), Tristan Storme (Nantes), Céline Jouin (Caen)

Europe's material constitution

11-13 October 2017 in Caen, France, University of Caen-Normandie

Organized by Céline Jouin, Senior Lecturer in Philosophy and by the Research center EA 21/29

After the « no » vote in the French and Dutch referendums in 2005, the Lisbon Treaty has been serving as a Constitution for the EU. Today, after the Brexit vote, the formal membership of British citizens to the European Union is at stake. However, the actual European Union exceeds its legal framework. It is characterized by a set of institutionnal shifts which are written or unwritten in the treaties, and by a division of powers, some of which have the remarkable property of being only partially visible or institutionally legitimized. The geometry of the European States includes its relation to other structures (such as NATO or the Eurozone) as well as to other political bodies (independent authorities, lobbies, investment funds, etc.).
This symposium aims to define, for Europe, what historians Otto Hintze and Otto Brunner called in the 1930s Verfassung (as opposed to Konstitution) or what the Italian constitutional lawyer Constantino Mortati called “the Constitution in a material sense” (La costituzione in senso materiale, 1940): i.e. not a constitution born of a constituent power, but a concrete order anchored in a territory.
How can one define the relationship between actual and legitimate power, between Herrschaft and Macht, within the EU? How can one describe the European spatial order, its border management and territorial inequalities?
How can one reflect on the current impasses of the European project? What means are left to democratize Europe? Is it possible to build a quasi-federation to complete the building of a common currency (or to fix the failure of its original constitution) by creating a European sovereignty similar to that of a State, as proposed by Habermas? Or should we think, along with Dieter Grimm (Die Zukunft der Verfassung, 1991), that the process of deformalisation of law and State is too advanced, so that, just as the State shares its power with private actors, the constitution has become a partial system, or a subsystem ?

Participants : Agustin José Menendez (Université de León),Laurence Potvin-Solis (juriste, Caen), Sandro Chignola (philosophe, Padoue), Sandro Mezzadra (Bologne), Roberto Esposito (Scuola Normale Superiore de Pise), Olivier Beaud ( Paris 2 Assas), Dominique Rousseau ( Paris 1), Catherine Colliot-Thélène, (Rennes 1), Marie Rota (Caen), Mathilde Unger (Paris 1), Marcus Llanque (Augsburg), Robert Salais (ENS Cachan), Nicolas Levrat (Genève), Valéry Pratt (Lycée d'Annecy), Tristan Storme (Nantes), Céline Jouin

 


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