L’humour dans le cinéma de science-fiction : exploration de la présence et des fonctions du rire au sein du genre

Lieu : MRSH
Début : 17/11/2022 - 09:00
Fin : 17/11/2022 - 18:00
Responsable(s) scientifique(s) : Ph. Ortoli / J. Marino

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Genre de l’extrapolation, la science-fiction est rarement associée à l’humour ou à la légèreté. Pourtant, dès les origines de ce genre littéraire, des personnages dotés de caractères extravagants habitent les univers de Jules Vernes et imbibent de légèreté par l’humour un monde qui aurait été trop austère sans eux. Au cinéma, cette fonction dédramatisante du rire traverse la première trilogie de StarWars par l’invitation de certains dialogues drôles voire graveleux ou de certains personnages loufoques ; même chose pour la trilogie de Robert Zemeckis, empruntant à la thématique bien connue du voyage temporel et de ses paradoxes, Retour vers le futur (Back to the Future I, II, III, 1985, 1989, 1990).Nombre de films aux mondes inquiétants, par exemple dans le sous-genre de la dystopie, se voient parsemés de traits d’humour pour ainsi « désamorcer des peurs plus profondes sans chercher à les faire disparaître »,  détournant ce qui, habituellement, suscite l’angoisse : Total Recall : voyage au centre de la mémoire (Total Recall, PaulVerhoeven, 1990), Demolition Man (Marco Brambilla, 1993). Dans une volonté plus discursive, le détournement des codes du genre par l’humour peut se doter d’une fonction critique. Dans cette tradition, Starship Troopers (Paul Verhoeven, 1997) critique la vision patriotique et militariste des États-Unis au sein du film d’extraterrestres. Contourner ou détourner peut aussi diriger la science-fiction vers le chemin de la parodie ou du pastiche. Ainsi, le rôle de l’extraterrestre est détourné, il devient non plus effrayant mais drôle : Mince de planète (Visit to a Small Plane, Norman Taurog, 1960), Le Gendarme et les extra-terrestres (Jean Girault, 1979), La Soupe aux choux (Jean Girault, 1981), parodiant quant à lui plus explicitement la mode des méchants extraterrestres terriblement invasifs des années 1950. Blague ou farce, on peut aussi les trouver à l’inverse, si l’on peut dire, dans des comédies empruntant des thématiques de la science-fiction : par exemple, le voyage temporel dans Les Visiteurs (Jean-Marie Poiré, 1993 et ses suites. 
 
Dédramatiser et désamorcer, critiquer, détourner, parodier et pasticher : nous tenterons, dans notre journée d’études sur l’humour dans le cinéma de science-fiction, d’explorer en profondeur les fonctions du rire à l’intérieur de ce genre, bien conscient de ce qui le compose et dont les considérations sont marquées d’une certaine gravité d’usage. Les communications devront porter sur des films de science-fiction comiques, sans restriction de contexte géographique ou temporel. Le but est, justement, d'ouvrir la réflexion sur les cinématographies les plus hétérogènes qu'il soit.
 

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