L’expérience d’apprentissage des étudiants à l’épreuve du confinement sanitaire : mise en débat et perspectives

Par Jean-Luc Denny

La mise en œuvre de la continuité pédagogique en situation de crise interroge la capacité de l’université à relever le défi technopédagogique avec un recours exclusif au numérique dans un contexte d’impréparation généralisé. Si les injonctions faites aux enseignants sont explicites et  traduisent une forte pression tant politique que sociale quant à la nécessité de maintenir la qualité des apprentissages, elles mettent dans l’ombre le point de vue des apprenants.   

Notre présentation rend compte d’une recherche menée en 2020 durant la période d’interruption des cours en présentiel suite à l’épidémie du coronavirus (SARS-CoV-2). Nous ambitionnons de documenter en quoi la rupture, produite par la transformation brutale d’un environnement de formation et la modification des modalités d’enseignement et d’apprentissage, fait expérience pour les apprenants en l’abordant sous l’angle des normes et des valeurs (Durrrive, 2015). De type exploratoire, notre démarche privilégie une approche anthropocentrée visant à comprendre l’activité des étudiants en prise avec de nouvelles contraintes et prescriptions situationnelles. 

Tenant de la démarche ergologique (Schwartz, 2000), nous cherchons à comprendre les délibérations et raisons d’agir d’un groupe d’étudiantes de deuxième année de licence en Sciences de l’Éducation et de la Formation de l’Institut National Supérieur du Professorat et de l’Éducation de l’Université de Strasbourg. Les résultats font apparaître les prises d’initiatives permettant aux étudiantes de passer de l’hétéronomie à l’autonomie en réinterrogeant leurs rapports aux savoirs, à l’espace, au temps et à leur environnement social. 

La communication vise à poser le cadre d’une discussion entre chercheurs, enseignants et étudiants sur les conditions permettant aux apprentissages de produire des moments de développement. 

Bibliographie :

Durrive, L. (2015). L’expérience des normes : Comprendre l’activité humaine avec la démarche

ergologique. Toulouse : Octares. 

Schwartz, Y. (2000). Le paradigme ergologique ou un métier de philosophe. Toulouse : Octares,