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Écoféminisme de subsistance et matière-monde

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Date : 04/06/2022
Lieu : CCIC Cerisy
Durée : 38:42

Cette communication a été enregistrée dans le cadre du colloque intitulé Vers une politique des mondes ? qui s’est tenu au Centre Culturel International de Cerisy du 1er au 7 juin 2022, sous la direction de Haud Guéguen, Laurent Jeanpierre et PierreSauvêtre.

Où en est le projet cosmopolitique, l'horizon d'une politique mondiale ? La question engage aujourd'hui des réponses différentes de celles qui ont jalonné les discours sur la mondialisation. À l'heure où se généralise le nationalisme concurrentiel des États, avec des tendances néo-fascisantes dans de nombreux pays, et où le capitalisme néolibéral triomphe des crises qu'il provoque, où le dérèglement climatique et le dépassement des limites planétaires poursuivent leur marche menaçante, peut-on repenser les conditions d'une politique planétaire d'autonomie et de justice ? Comment imaginer, sur de telles bases, ses contenus et ses formes ? La reconnaissance, par l'anthropologie notamment, de la diversité de cosmologies, des ontologies sociales et des manières de faire, ne commande-elle pas de nouvelles modalités de se relier, de faire de la politique ?

Geneviève Pruvost est chargée de recherche-HDR au CNRS au Centre d'Études des Mouvements sociaux (Paris-EHESS). Sociologue du travail, du genre, du mode de vie écologique, elle co-dirige un master interdisciplinaire avec un parcours en études environnementales. Après avoir travaillé sur l'accès des femmes à la violence légale (De la sergote à la femme flic. Une autre histoire de l'institution policière, La Découverte, 2008) et illégale (avec C. Cardi, Penser la violence des femmes, La Découverte, 2012), elle enquête depuis dix ans sur les alternatives écologiques en zone rurale, l'écoconstruction, la néo-paysannerie, la naissance alternative, les luttes environnementales et la politisation du moindre geste. Son dernier livre porte sur l'écoféminisme et une autre histoire du progrès à partir de la marchandisation de la quotidienneté (Quotidien politique. Féminisme, écologie et subsistance, La Découverte, 2021).

Résumé de la communication

Comment voulons-nous boire, manger, dormir, habiter, être vêtu, être soigné, renouveler les matières, de sorte que le spectre de la pluralité des mondes possibles reste ouvert et non drastiquement réduit ? Comment faire pour que ces activités vitales ne soient ni appropriées, ni parcellisées en autant de tâches réservées à des populations subalternisées tandis que d'autre auraient le loisir de s'en abstraire ? Ce questionnement est une préoccupation typiquement féministe : il n'y a pas de petites ou grande arènes, de grandes et basses tâches. Le privé est politique. C'est aussi une préoccupation typiquement écologiste : la possibilité d'un renouvellement des matières qui permette l'abondance est politique. L'écoféminisme, né dans les années 1970-1990, ajoute une strate : le mouvement qui conduit un certain nombre d'être humains à exploiter la terre au-delà de ses capacités de régénération et de redistribution au plus grand nombre n'est pas séparable du mouvement qui conduit à la surexploitation des femmes, en tant qu'être reproductif de la matière humaine et de la charge de la reproduction de la vie. Cette communication ne va pas détailler ici tous les écoféminismes et toutes les déclinaisons variées de cette proposition, pour se concentrer sur une seule que j'ai qualifié de féminisme de la subsistance. Nous aborderons le contre-récit des naissances du capitalisme, le renouvellement de la conceptualisation du travail domestique que ce déplacement opère et les lignes d'horizon utopiques qui s'ouvrent.

 

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