Chapitre 18

Capitulum XVIII1caput 38 1536.

Cautius (glaucus) [le silure glane1La notice sur le cautius trouve son origine dans la tradition manuscrite défectueuse d’un passage de Pline consacré au comportement astucieux du poisson nommé glanis : Cautius qui glanis uocatur auersus mordet hamos nec deuorat, sed esca spoliat (Plin. nat. 9, 145), « plus précautionneux, le poisson nommé glanis mord les hameçons à contresens et ne les avale pas, mais il les dépouille de l’appât » (De Saint-Denis 1955, 83). La tradition manuscrite a transmis la leçon clautius / glaucius à la place de l’adverbe cautius, « plus précautionneusement », que le contexte réclame. La forme clautius / glaucius a alors été interprétée comme une autre appellation du glanis : clautius qui glanis uocatur, « le clautius qui est appelé glanis ». Le terme latin glanis est le simple calque du grec γλάνις, et l’information délivrée par Pline sur le glanis dont s’est inspiré Thomas de Cantimpré (TC 7, 20) est résumée d’Aristote (Arist. HA 621 a 21 - b 2). La description détaillée d’Aristote permet de reconnaître dans le glanis un des plus grands poissons d’eau douce d’Europe centrale et orientale, le silure, qu’il s’agisse du silure glane ou salut, Silurus glanis Linné, 1758, ou du silure grec, Silurus aristotelis Agassiz, 1856 (voir D’Arcy Thompson 1943, 43-44 ; De Saint-Denis 1947, 42 et 104-106). C’est ce même passage d’Aristote, redécouvert via la traduction de Michel Scot, qui a inspiré la notice consacrée au gamanem tirée d’Albert le Grand (AM 24, 59 (35) ; voir ch. 42), mais les déformations que le nom du glanis a subies au cours de la transmission médiévale d’Aristote, tout autant que le caractère succinct et mal assuré des renseignements fournis par Pline, empêchaient tout rapprochement possible entre les deux sources d’information.], capitatus [le chabot2Vincent de Beauvais (VB 17, 40), Thomas de Cantimpré (TC 7, 24) et Albert le Grand (AM 24, 27 (20)) décrivent sous les entrées capitatus, i / capito, onis un même poisson, dans lequel il faut reconnaître le chabot (Cottus gobio Linné, 1758) comme le propose Stadler 1920, 1526. Les deux termes capitatus / capito sont dérivés de caput, « la tête », et signifient « qui a une grosse tête ». Les indications concordantes et complémentaires réunies par Thomas de Cantimpré et Albert le Grand sur la petite taille de l’animal (un demi-pied), sa morphologie (la grosseur de la tête disproportionnée par rapport au reste du corps), sa couleur et son comportement (un poisson qui reste caché entre les pierres) conviennent parfaitement au chabot. On notera que le nom vernaculaire « chabot » remonte probablement lui-même à un étymon latin médiéval, cabos, dérivé de caput.] et carpera [la carpe3Le poisson désigné sous l’appellation carpera est la carpe commune (Cyprinus carpio Linné, 1758). La notice de Thomas de Cantimpré (TC 7, 23), reprise par Vincent de Beauvais (VB 17, 40), puis par l’Hortus sanitatis, constitue, avec le passage parallèle d’Albert le Grand (AM, 24, 26 (20)), l’une des plus anciennes attestations de l’élevage des carpes en Europe et compte parmi les documents précieux qui nous renseignent sur l’histoire controversée de l’introduction de la carpe en Europe de l’Ouest. S’il est communément admis que la carpe est restée jusqu’à une date récente confinée au bassin des moyen et bas Danube, la chronologie et les modalités de son introduction en Europe de l’Ouest et de sa domestication font l’objet de discussions serrées. Certains, comme Balon 1995, 23-29, plaident pour une datation haute et font des Romains les artisans de la domestication de la carpe et de son introduction, dès les Ier et IIe siècles, dans le Norique, la Rhétie et la Germanie ou à Rome même, à partir de leurs établissements de Pannonie et de Dacie. Mais les faits avérés résistent à une telle hypothèse et l’interprétation qu’en propose Hoffmann 1995, 71-74 et 83-85, avec une chronologie beaucoup plus tardive semble plus réaliste. En effet, si Aristote évoque à plusieurs reprises sous le nom de κυπρῖνος un poisson qu’on identifie traditionnellement depuis les traités d’ichtyologie de la Renaissance comme la carpe, Pline ne mentionne que dans deux rapides remarques un poisson qu’il appelle le cyprin, cyprinus, et, dans les deux cas, c’est sous l’autorité d’Aristote : [pariunt] cyprini sexiens (Plin. nat. 9, 162, d’après Arist. HA 568 a 16, « le cyprin fraie six fois dans l’année ») ; hoc et in mari accidere cyprino putant (Plin. nat. 9, 58, d’après Arist. HA 602 b 23, « le cyprin peut souffrir d’insolation ou être commotionné par la foudre comme le silure »). Pline ajoute à l’observation d’Aristote une précision malencontreuse, in mari, qui fait du cyprin, toujours fluviatile chez Aristote, une carpe de mer bien difficile à identifier (voir De Saint-Denis 1947, 30-31). On ne rencontre aucune autre mention ni description chez les auteurs latins d’un poisson qui pourrait être la carpe (Ausone, par exemple, au IVe siècle, ne la cite pas parmi les poissons de la Moselle). La plus ancienne attestation du nom de la carpe en latin, carpa, se trouve donc chez Cassiodore, qui l’évoque précisément, au début du VIe siècle, comme un poisson du Danube : Destinet carpam Danuvius (Cass. var. 12, 4, 1) et qui emploie pour la désigner, non le terme classique cyprinus, mais un terme d’emprunt, sans doute au gothique. Aucun des auteurs médiévaux qui citent la carpe et la connaissent n’a fait le rapprochement avec le cyprinus classique. Sensible au silence des auteurs latins de l’Antiquité sur la carpe et conjuguant témoignages littéraires et archéologiques, Hoffmann propose donc de distinguer trois phases dans la diffusion de la carpe en Europe. À la période romaine, la carpe nourrit les populations installées dans le bassin du Danube, mais on ne l’élève pas ; elle reste confinée à son habitat d’origine et ne suscite pas autrement l’intérêt du monde latin. En revanche, entre le VIIe et le XIe siècle, mais surtout au XIe siècle, la carpe serait lentement passée du bassin du Danube aux affluents du moyen Rhin. Jusqu’à la fin du XIe siècle, rien n’indique qu’elle ait été domestiquée, les témoignages littéraires sur la carpe restent rares. Au début du XIIe siècle encore, Alexandre Neckam passe sous silence la carpe dans son évocation des animaux aquatiques, ce qui laisse à penser que la carpe était ignorée au nord de la France. Mais du XIIe siècle au début du XIVe, la carpe gagne les cours de la Meuse et du Rhin et, de là, le Bassin parisien et la Bourgogne. C’est alors une émergence soudaine de la carpe dans une documentation variée : réglementations sur la pêche et l’élevage, recueils encyclopédiques ou littérature culinaire… Pour la première fois, on trouve des allusions précises à l’élevage de la carpe. Au cours d’une troisième étape, au milieu du XIVe siècle, la carpe se serait largement répandue vers le sud-ouest de la France et vers le nord, jusqu’en Angleterre et en Scandinavie ; elle n’aurait atteint l’Italie qu’à la fin du Moyen Âge. La citation de Thomas de Cantimpré est donc caractéristique de la phase d’accélération qu’a connue l’acclimatation de la carpe en Europe aux XIIe et XIIIe siècles.] [+][VB 17, 40 De caucio et capitato et carpera [-]][+]

Cautius2glaucus 1536 ut semper., capitatus et carpera [+][VB 17, 40 De caucio et capitato et carpera [-]][+]

Renvois internes : Cautius : cf. Gamanem, ch. 42.

Lieux parallèles : Cautius : TC, De cautio (7, 20), De glamanez (6, 26) ; AM, [Clancius] (24, 24 (19)), [Garcanez] (24, 59 (35)).
Capitatus : TC, De capitone (7, 24) ; AM, [Capitatus] (24, 27 (20)).
Carpera : TC, De carpera (7, 23) ; AM, [Carperen] (24, 26 (20)).

poisson

[1] [] VB 17, 40, 1D’après le Liber de natura rerum. [] TC 7, 20 Le cautius, qui est aussi le glanis [le silure glane], mord à contresens les hameçons appâtés ; et il ne les avale pas, mais les dépouille de l’appât4La rapide notice sur le glanis tirée de Thomas de Cantimpré reprend l’une des deux mentions du glanis qu’on peut relever chez Pline (Plin. nat. 9, 145 et nat. 32, 148). En effet, les observations précises et cohérentes réunies par Aristote sur le seul glanis (en particulier Arist. HA 568 a 22 - b 24 et Arist. HA 621 a 21 - b 2) laissent place chez Pline à de brèves remarques distribuées sous deux dénominations différentes de poissons, le glanis et le silurus. Ainsi en Plin. nat. 9, 145 (d’après Arist. HA 621 a 33 - b 2), Pline traduit le terme γλάνις par son calque latin, mais en Plin. nat. 9, 58 (d’après Arist. HA 602 b 22-24) et Plin. nat. 9, 165 (d’après Arist. HA 568 b 15-17) il préfère traduire γλάνις par silurus, lui-même emprunté au grec σίλουρος. Si l’emploi du nom silurus dans ces passages ou en Plin. nat. 9, 45 (à propos des silures du Mein et du Danube), comme dans la description enthousiaste qu’Ausone consacre au silure de La Moselle (Auson. mos. 135-149), semble bien renvoyer au silure glane, en revanche, le silurus du Nil évoqué en Plin. nat. 9, 44 ne peut être qu’un autre poisson, et le terme σίλουρος chez des auteurs grecs comme Athénée ou Élien paraît désigner un poisson ressemblant, mais différent du glanis (voir D’Arcy Thompson 1943, 233-237 ; De Saint-Denis 1947, 104-106). Il est donc difficile d’évaluer quelle connaissance exacte avait Pline du silure glane, inconnu des fleuves et des lacs d’Europe occidentale, d’autant plus qu’il range de façon inexpliquée le glanis parmi les animaux marins dans son catalogue du livre 32 (Plin. nat. 32, 148). Le silure peut se rencontrer dans les eaux saumâtres, mais rarement, et De Saint-Denis 1947, 42, formule l’hypothèse que le glanis de mer n’aurait jamais existé que dans le catalogue de Pline ! Les lecteurs médiévaux de Pline ont donc récupéré sur le silure glane un héritage malaisé à appréhender et desservi par une transmission manuscrite défectueuse. Thomas de Cantimpré et Albert le Grand ont ainsi logiquement distribué les connaissances tirées de Pline dans des notices distinctes, dédiées respectivement au caucius / glanis (TC 7, 20 ; AM 24, 24 (19) d’après Plin. nat. 9, 145), et au silure (TC 7, 24 De siluro ; AM 24, 109 (52) Sunus, d’après Plin. nat. 9, 45 et 165). On notera que Vincent de Beauvais, suivi par l’auteur de l’Hortus sanitatis, n’a pas réservé d’entrée au silurus dans son catalogue des animaux aquatiques..

[1] [] VB 17, 40, 1Ex Libro de naturis3natura VBd. rerum4Vincent de Beauvais reproduit fidèlement le texte de Thomas de Cantimpré.. [] TC 7, 20Caucius5Le commentaire dont Vincent de Beauvais assortit la citation de Thomas de Cantimpré s’inscrit dans l’histoire perturbée de la transmission de Pline (Plin. nat. 9, 145), qui se prolonge jusqu’aux premières éditions incunables de l’Histoire naturelle. La correction apportée par l’édition de 1536 rejoint ainsi le texte retenu par l’édition de Pline de 1481 (Parme, Andrea Portilia) : glaucus qui et glanis uocatur. C’est une initiative malheureuse, qui fait contresens, puisque le glaucus, dans la tradition latine classique, est un poisson de haute mer, probablement un squale, le bleu, dénommé d’après sa couleur. Conscient sans doute de l’incohérence du texte ainsi conjecturé (les termes glaucus et glanis ne pouvant faire référence au même poisson), le correcteur de l’édition de 1536 s’en est tenu à la seule dénomination glaucus et a supprimé le développement qui glanis vocatur ainsi que le commentaire de Vincent de Beauvais., qui6qui — glanis om. 1536. et glanis, aversus mordet hamos inescatos ; nec eos devorat sed spoliat.

[2] [] VB 17, 40, 2L’auteur. [] VB 17, 40, 2Selon Pline, on écrit la première syllabe avec g et l : †lautius† glancius5Pour l’histoire de cette transmission perturbée du texte de Pline, se reporter à l’analyse proposée en introduction (« Des informations soumises aux aléas de la transmission ») ou voir s. v. Cautius..

[2] [] VB 17, 40, 2Actor7actor — glancius om. 1536.. [] VB 17, 40, 2Secundum Plinium per g et l in prima syllaba scribitur8idque melius post scribitur hab. VBd., ut †lautius†9laucius Prüss1. glancius10glaucius VB..

[3] [] VB 17, 40, 2 Nota HSDans le même livre que ci-dessus. [] TC 7, 24Le chabot6La notice de Thomas de Cantimpré ne doit rien à la tradition classique. Le chabot n’est mentionné qu’une seule fois par Aristote sous le nom de κόττος en Arist. HA 534 a 1-4, et il ne semble pas avoir retenu l’attention des Romains : peut-être faut-il mettre ce fait en relation avec la distribution géographique du chabot, qui se rencontre aujourd’hui dans une grande partie de l’Europe, sauf précisément en Europe du Sud. Le terme cottus désigne encore de nos jours un chabot de la zone littorale, c’est une espèce marine mais anatomiquement très proche du chabot de rivière. Thomas de Cantimpré distingue le capito d’eau douce (TC 7, 24), dont la description correspond au chabot, du capito de mer, sans doute le chaboisseau commun (Myoxocephalus scorpius Linné, 1758) auquel il consacre une notice spécifique (TC 7, 25), que n’a pas reprise Vincent de Beauvais et qui se trouve donc absente de l’Hortus sanitatis. Le terme capito a été aussi utilisé en latin classique, en particulier par Ausone (Auson. mos. 15, 85), mais pour désigner un poisson d’eau douce identifié traditionnellement depuis Rondelet (Guillaume Rondelet, Libri de piscibus marinis, livre VIII, ch. 16-18) avec le chevaine (ou meunier ou vilain… Leuciscus cephalus Linné, 1758). est un tout petit poisson, avec une tête presque aussi grosse que le reste du corps et une bouche arrondie et large. Il vit dans les fleuves, se cachant volontiers sous les pierres et entre les rochers.

[3] [] VB 17, 40, 2 compil.In11in — supra non hab. VB. libro ut supra12Vincent de Beauvais reproduit fidèlement le texte de Thomas de Cantimpré à la seule variante près sur le nom : capitatus / capito.. [] TC 7, 24Capitatus est piscis admodum parvus, habens caput13corpus 1491 Prüss1 1536 VB2. prope ad reliqui corporis magnitudinem, os quoque rotundum et amplum. Hic in fluviis habitans libenter sub lapidibus et inter saxa delitescit.

[4] [] VB 17, 40, 2 Nota HSDans le même livre. [] TC 7, 23La carpe est un poisson dont les écailles semblent d’or, qui vit dans les étangs et les rivières ; on l’appelle ainsi, car il se reproduit par ingestion. En effet quand la femelle, guidée par son instinct, sent que ses œufs, dans son ventre, sont prêts à être fécondés, elle va trouver le mâle et, des lèvres, en lui donnant de légers coups, elle lui indique de l’aider à se reproduire. Il répand alors, en guise de semence, un lait que la femelle prend dans sa bouche ; et elle pond aussitôt des œufs qui donneront naissance à des petits. Car elle ne peut pas pondre d’œufs si elle n’a pas auparavant pris la semence dans sa bouche. Mais quand la semence a été reçue, elle semble aider non seulement à pondre, mais aussi à concevoir et former les œufs dont on espère une descendance l’année suivante7Ces informations sont obscures, mais peuvent être l’écho déformé d’une certaine réalité. La parade amoureuse chez les carpes est bruyante et tapageuse, les mâles se couvrent d’excroissances cutanées et, au moment de lancer leur laitance, battent l’eau de leur queue et font un bruit remarquable (voir Cuvier & Valenciennes 1828-1849, t. 16, 39). Par ailleurs, les femelles pondent leurs œufs en plusieurs fois avec des intervalles d’une semaine environ et le poids des ovules peut dépasser le tiers du poids de la mère. La notice de Thomas de Cantimpré ne doit rien à la tradition classique et les lecteurs médiévaux d’Aristote n’ont pas reconnu la carpe qu’ils connaissaient dans les descriptions du poisson appelé kokoneoz dans la traduction de Michel Scot. Les indications sur la reproduction de la carpe ne recoupent donc pas les renseignements délivrés par Aristote à ce sujet.. Chez le petit de la carpe, il arrive parfois, la première année de son existence, qu’un petit ver noir infectieux se loge derrière les ouïes – le plus souvent après le mois d’août –, et que l’infection provoquée entraîne la mort8Les carpes sont victimes de parasites externes dont les blessures sont facteurs d’infection : des petits crustacés comme l’ergasilus ou l’argulus, des vers, comme le lernea, ou encore des sangsues, comme la piscicola geometra, ou encore la clepsine, qui s’attaque particulièrement aux alevins de la carpe..

[4] [] VB 17, 40, 2 compil.In14in — libro non hab. VB. eodem libro15Des paragraphes 4 à 10, l’Hortus sanitatis reproduit d’après Vincent de Beauvais le chapitre de Thomas de Cantimpré consacré à la carpe sous une forme légèrement remaniée et abrégée.. [] TC 7, 23Carpera16L’absence de la palatalisation normalement attendue du phonème [k] à l’initiale devant [a] est en faveur d’une pénétration tardive du mot carpa dans la Romania. Toutes les dénominations médiévales de la carpe en latin sont construites sur cette même racine : carpo, carpio, carpana (relevées dans le glossaire de Du Cange), ou les formes carpera / carperen, rencontrées dans la tradition manuscrite de Thomas de Cantimpré et d’Albert le Grand. On peut se demander s’il ne faut pas reconnaître dans carpera la latinisation d’une forme vernaculaire, comme le néerlandais carper, comparable à celle supposée pour le nom du flet, botha peut-être latinisé sur bot. piscis est quasi squamis aureis in lacis vel fluviis, sic dicta quasi quae carpens parit. Cum enim ova in ventre ad pariendum apta dictante natura praesenserit, marem suum17suam 1491. adit18odit 1491 Prüss1 1536. et ore innuit pulsu leni19levi VB. ut adjuvet20adjuvat Prüss1. parituram. Tunc ille loco seminis21feminis 1491. lac emittit ; quod illa suscipiens ore statim ova parit in sobolem profutura. Nam ova parere nequit22parere nequit om. Prüss1. nisi prius ore semen receperit. Semen autem cum receptum fuerit, non solum ad partum23ad partum om. 1536. juvare videtur, sed etiam ad ova concipienda et formanda, unde soboles in anno futuro speratur. Semini carperae nonnumquam in anno primo nativitatis niger vermiculus quidam post aurem suam tabificus innascitur, et hoc saepius post Augustum, eaque tabe moritur.

Propriétés et indications

Operationes

[5] [] VB 17, 40, 2A. [] TC 7, 23Pour y remédier le poisson doit vivre dans une eau douce et courante. Ses petits naissent en eau peu profonde si on creuse auparavant des fosses de dix coudées et qu’on place dans chacune d’elles un couple de carpes juste avant la ponte.

[5] [] VB 17, 40, 2A. [] TC 7, 23Remedium ejus24ejus non hab. VBd. est aqua dulcis et fluvialis. Hujus25cujus VBd. soboles paucis aquis provenit, si in singulis fossis decem cubitorum recenter factis ponantur singulae carperae cum paribus suis ante partum proxime.

[6] [] VB 17, 40, 2B. [] TC 7, 23Selon l’opinion courante, c’est ainsi que ses petits naissent. Mais après la naissance, on les sépare de leur mère. Les petits, fortifiés par trois ou quatre mois d’existence, sont sortis des fosses et remis là où ils doivent grandir, avec ceux qui ont fini de croître9La carpe est si prolifique – une grosse carpe peut pondre jusqu’à 600 000 œufs – que le nombre des alevins peut nuire à la croissance des petites carpes. L’éleveur doit retirer les alevins et ne laisser qu’une quantité convenable de petites carpes dans les aleviniers (Cuvier & Valenciennes 1828-1849, t. 16, 39-40)..

[6] [] VB 17, 40, 2B. [] TC 7, 23Opinio vulgi est earum sic sobolem provenire ; sed postquam pepererint26pepererit Prüss1 1536 peperit 1491 peperint VB2., eximuntur. Soboles quoque trium vel quattuor mensium tempore roborata fossis rejecta reponitur ubi habet crescere cum perfectis.

[7] [] VB 17, 40, 2C. [] TC 7, 23Ce poisson montre beaucoup d’habileté pour s’échapper du filet lorsqu’il va être pris. En effet, quand il est entré dans un filet, il en fait le tour à la recherche d’un trou. Et s’il n’en trouve pas, il déploie tous ses efforts pour bondir dans les airs au-dessus du filet et retomber à l’extérieur.

[7] [] VB 17, 40, 2C. [] TC 7, 23Habet hic piscis astutias multas ut reti capiendus evadat. Cum enim rete intraverit, circumiens foramen quaerit. Quod si non invenerit27evenerit Prüss1 1536., saltare nititur in auras liberas super rete, ut extra cadat.

[8] [] VB 17, 40, 2D. [] TC 7, 23Tantôt il trouve un moyen de s’en sortir sous le filet, tantôt il s’accroche en les mordant à des plantes au fond de l’eau pour échapper au filet qui lui tombe dessus.

[8] [] VB 17, 40, 2D. [] TC 7, 23Aliquando sub reti refugium quaerit, aliquando herbam ore tenet in fundo aquae, ut rete superveniens elidatur.

[9] [] VB 17, 40, 2E. [] TC 7, 23Tantôt même, prenant son élan depuis la surface, il se plante la tête profondément dans la vase, afin que le filet, glissant le long de sa queue, manque sa cible10La combativité et les habiletés de la carpe pour échapper à la prise sont réelles et sont communément évoquées dans la littérature ichtyologique. La carpe est, en effet, connue pour ses bonds considérables au-dessus des obstacles et pour l’adresse qu’elle déploie afin de se soustraire aux filets : Cuvier & Valenciennes 1828-1849, t. 16, 40 notent, comme ici, que la carpe enfonce sa tête dans la vase quand elle sent qu’on traîne le filet dans l’eau et qu’elle laisse ainsi passer la nappe de mailles au-dessus d’elle..

[9] [] VB 17, 40, 2E. [] TC 7, 23Aliquando etiam a superis veniens cum impetu caput in limo fortius figit, ut scilicet rete per caudam transiens28transitus 1491 Prüss1 1536. captione frustretur.

[10] [] VB 17, 40, 2F. [] TC 7, 23On dit que sa tête grossit et se réduit selon que la lune croît ou décroît.

[10] [] VB 17, 40, 2F. [] TC 7, 23Hujus cerebrum secundum29secundum om. 1491 Prüss1 ad 1536. augmentum et decrementum lunae crescere vel decrescere dicitur.

[11] [] VB 17, 40, 2G. [] TC 7, 23Et bien que ce soit le cas pour tous les poissons, ce l’est cependant davantage pour lui, comme ce l’est aussi, parmi les quadrupèdes, pour le loup et le chien.

[11] [] VB 17, 40, 2G. [] TC 7, 23Et licet hoc sit in omni pisce, in hoc tamen magis, sicut inter quadrupedia, in lupo scilicet30scilicet non hab. VB. et cane.

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1La notice sur le cautius trouve son origine dans la tradition manuscrite défectueuse d’un passage de Pline consacré au comportement astucieux du poisson nommé glanis : Cautius qui glanis uocatur auersus mordet hamos nec deuorat, sed esca spoliat (Plin. nat. 9, 145), « plus précautionneux, le poisson nommé glanis mord les hameçons à contresens et ne les avale pas, mais il les dépouille de l’appât » (De Saint-Denis 1955, 83). La tradition manuscrite a transmis la leçon clautius / glaucius à la place de l’adverbe cautius, « plus précautionneusement », que le contexte réclame. La forme clautius / glaucius a alors été interprétée comme une autre appellation du glanis : clautius qui glanis uocatur, « le clautius qui est appelé glanis ». Le terme latin glanis est le simple calque du grec γλάνις, et l’information délivrée par Pline sur le glanis dont s’est inspiré Thomas de Cantimpré (TC 7, 20) est résumée d’Aristote (Arist. HA 621 a 21 - b 2). La description détaillée d’Aristote permet de reconnaître dans le glanis un des plus grands poissons d’eau douce d’Europe centrale et orientale, le silure, qu’il s’agisse du silure glane ou salut, Silurus glanis Linné, 1758, ou du silure grec, Silurus aristotelis Agassiz, 1856 (voir D’Arcy Thompson 1943, 43-44 ; De Saint-Denis 1947, 42 et 104-106). C’est ce même passage d’Aristote, redécouvert via la traduction de Michel Scot, qui a inspiré la notice consacrée au gamanem tirée d’Albert le Grand (AM 24, 59 (35) ; voir ch. 42), mais les déformations que le nom du glanis a subies au cours de la transmission médiévale d’Aristote, tout autant que le caractère succinct et mal assuré des renseignements fournis par Pline, empêchaient tout rapprochement possible entre les deux sources d’information.

2Vincent de Beauvais (VB 17, 40), Thomas de Cantimpré (TC 7, 24) et Albert le Grand (AM 24, 27 (20)) décrivent sous les entrées capitatus, i / capito, onis un même poisson, dans lequel il faut reconnaître le chabot (Cottus gobio Linné, 1758) comme le propose Stadler 1920, 1526. Les deux termes capitatus / capito sont dérivés de caput, « la tête », et signifient « qui a une grosse tête ». Les indications concordantes et complémentaires réunies par Thomas de Cantimpré et Albert le Grand sur la petite taille de l’animal (un demi-pied), sa morphologie (la grosseur de la tête disproportionnée par rapport au reste du corps), sa couleur et son comportement (un poisson qui reste caché entre les pierres) conviennent parfaitement au chabot. On notera que le nom vernaculaire « chabot » remonte probablement lui-même à un étymon latin médiéval, cabos, dérivé de caput.

3Le poisson désigné sous l’appellation carpera est la carpe commune (Cyprinus carpio Linné, 1758). La notice de Thomas de Cantimpré (TC 7, 23), reprise par Vincent de Beauvais (VB 17, 40), puis par l’Hortus sanitatis, constitue, avec le passage parallèle d’Albert le Grand (AM, 24, 26 (20)), l’une des plus anciennes attestations de l’élevage des carpes en Europe et compte parmi les documents précieux qui nous renseignent sur l’histoire controversée de l’introduction de la carpe en Europe de l’Ouest. S’il est communément admis que la carpe est restée jusqu’à une date récente confinée au bassin des moyen et bas Danube, la chronologie et les modalités de son introduction en Europe de l’Ouest et de sa domestication font l’objet de discussions serrées. Certains, comme Balon 1995, 23-29, plaident pour une datation haute et font des Romains les artisans de la domestication de la carpe et de son introduction, dès les Ier et IIe siècles, dans le Norique, la Rhétie et la Germanie ou à Rome même, à partir de leurs établissements de Pannonie et de Dacie. Mais les faits avérés résistent à une telle hypothèse et l’interprétation qu’en propose Hoffmann 1995, 71-74 et 83-85, avec une chronologie beaucoup plus tardive semble plus réaliste. En effet, si Aristote évoque à plusieurs reprises sous le nom de κυπρῖνος un poisson qu’on identifie traditionnellement depuis les traités d’ichtyologie de la Renaissance comme la carpe, Pline ne mentionne que dans deux rapides remarques un poisson qu’il appelle le cyprin, cyprinus, et, dans les deux cas, c’est sous l’autorité d’Aristote : [pariunt] cyprini sexiens (Plin. nat. 9, 162, d’après Arist. HA 568 a 16, « le cyprin fraie six fois dans l’année ») ; hoc et in mari accidere cyprino putant (Plin. nat. 9, 58, d’après Arist. HA 602 b 23, « le cyprin peut souffrir d’insolation ou être commotionné par la foudre comme le silure »). Pline ajoute à l’observation d’Aristote une précision malencontreuse, in mari, qui fait du cyprin, toujours fluviatile chez Aristote, une carpe de mer bien difficile à identifier (voir De Saint-Denis 1947, 30-31). On ne rencontre aucune autre mention ni description chez les auteurs latins d’un poisson qui pourrait être la carpe (Ausone, par exemple, au IVe siècle, ne la cite pas parmi les poissons de la Moselle). La plus ancienne attestation du nom de la carpe en latin, carpa, se trouve donc chez Cassiodore, qui l’évoque précisément, au début du VIe siècle, comme un poisson du Danube : Destinet carpam Danuvius (Cass. var. 12, 4, 1) et qui emploie pour la désigner, non le terme classique cyprinus, mais un terme d’emprunt, sans doute au gothique. Aucun des auteurs médiévaux qui citent la carpe et la connaissent n’a fait le rapprochement avec le cyprinus classique. Sensible au silence des auteurs latins de l’Antiquité sur la carpe et conjuguant témoignages littéraires et archéologiques, Hoffmann propose donc de distinguer trois phases dans la diffusion de la carpe en Europe. À la période romaine, la carpe nourrit les populations installées dans le bassin du Danube, mais on ne l’élève pas ; elle reste confinée à son habitat d’origine et ne suscite pas autrement l’intérêt du monde latin. En revanche, entre le VIIe et le XIe siècle, mais surtout au XIe siècle, la carpe serait lentement passée du bassin du Danube aux affluents du moyen Rhin. Jusqu’à la fin du XIe siècle, rien n’indique qu’elle ait été domestiquée, les témoignages littéraires sur la carpe restent rares. Au début du XIIe siècle encore, Alexandre Neckam passe sous silence la carpe dans son évocation des animaux aquatiques, ce qui laisse à penser que la carpe était ignorée au nord de la France. Mais du XIIe siècle au début du XIVe, la carpe gagne les cours de la Meuse et du Rhin et, de là, le Bassin parisien et la Bourgogne. C’est alors une émergence soudaine de la carpe dans une documentation variée : réglementations sur la pêche et l’élevage, recueils encyclopédiques ou littérature culinaire… Pour la première fois, on trouve des allusions précises à l’élevage de la carpe. Au cours d’une troisième étape, au milieu du XIVe siècle, la carpe se serait largement répandue vers le sud-ouest de la France et vers le nord, jusqu’en Angleterre et en Scandinavie ; elle n’aurait atteint l’Italie qu’à la fin du Moyen Âge. La citation de Thomas de Cantimpré est donc caractéristique de la phase d’accélération qu’a connue l’acclimatation de la carpe en Europe aux XIIe et XIIIe siècles.

4La rapide notice sur le glanis tirée de Thomas de Cantimpré reprend l’une des deux mentions du glanis qu’on peut relever chez Pline (Plin. nat. 9, 145 et nat. 32, 148). En effet, les observations précises et cohérentes réunies par Aristote sur le seul glanis (en particulier Arist. HA 568 a 22 - b 24 et Arist. HA 621 a 21 - b 2) laissent place chez Pline à de brèves remarques distribuées sous deux dénominations différentes de poissons, le glanis et le silurus. Ainsi en Plin. nat. 9, 145 (d’après Arist. HA 621 a 33 - b 2), Pline traduit le terme γλάνις par son calque latin, mais en Plin. nat. 9, 58 (d’après Arist. HA 602 b 22-24) et Plin. nat. 9, 165 (d’après Arist. HA 568 b 15-17) il préfère traduire γλάνις par silurus, lui-même emprunté au grec σίλουρος. Si l’emploi du nom silurus dans ces passages ou en Plin. nat. 9, 45 (à propos des silures du Mein et du Danube), comme dans la description enthousiaste qu’Ausone consacre au silure de La Moselle (Auson. mos. 135-149), semble bien renvoyer au silure glane, en revanche, le silurus du Nil évoqué en Plin. nat. 9, 44 ne peut être qu’un autre poisson, et le terme σίλουρος chez des auteurs grecs comme Athénée ou Élien paraît désigner un poisson ressemblant, mais différent du glanis (voir D’Arcy Thompson 1943, 233-237 ; De Saint-Denis 1947, 104-106). Il est donc difficile d’évaluer quelle connaissance exacte avait Pline du silure glane, inconnu des fleuves et des lacs d’Europe occidentale, d’autant plus qu’il range de façon inexpliquée le glanis parmi les animaux marins dans son catalogue du livre 32 (Plin. nat. 32, 148). Le silure peut se rencontrer dans les eaux saumâtres, mais rarement, et De Saint-Denis 1947, 42, formule l’hypothèse que le glanis de mer n’aurait jamais existé que dans le catalogue de Pline ! Les lecteurs médiévaux de Pline ont donc récupéré sur le silure glane un héritage malaisé à appréhender et desservi par une transmission manuscrite défectueuse. Thomas de Cantimpré et Albert le Grand ont ainsi logiquement distribué les connaissances tirées de Pline dans des notices distinctes, dédiées respectivement au caucius / glanis (TC 7, 20 ; AM 24, 24 (19) d’après Plin. nat. 9, 145), et au silure (TC 7, 24 De siluro ; AM 24, 109 (52) Sunus, d’après Plin. nat. 9, 45 et 165). On notera que Vincent de Beauvais, suivi par l’auteur de l’Hortus sanitatis, n’a pas réservé d’entrée au silurus dans son catalogue des animaux aquatiques.

6La notice de Thomas de Cantimpré ne doit rien à la tradition classique. Le chabot n’est mentionné qu’une seule fois par Aristote sous le nom de κόττος en Arist. HA 534 a 1-4, et il ne semble pas avoir retenu l’attention des Romains : peut-être faut-il mettre ce fait en relation avec la distribution géographique du chabot, qui se rencontre aujourd’hui dans une grande partie de l’Europe, sauf précisément en Europe du Sud. Le terme cottus désigne encore de nos jours un chabot de la zone littorale, c’est une espèce marine mais anatomiquement très proche du chabot de rivière. Thomas de Cantimpré distingue le capito d’eau douce (TC 7, 24), dont la description correspond au chabot, du capito de mer, sans doute le chaboisseau commun (Myoxocephalus scorpius Linné, 1758) auquel il consacre une notice spécifique (TC 7, 25), que n’a pas reprise Vincent de Beauvais et qui se trouve donc absente de l’Hortus sanitatis. Le terme capito a été aussi utilisé en latin classique, en particulier par Ausone (Auson. mos. 15, 85), mais pour désigner un poisson d’eau douce identifié traditionnellement depuis Rondelet (Guillaume Rondelet, Libri de piscibus marinis, livre VIII, ch. 16-18) avec le chevaine (ou meunier ou vilain… Leuciscus cephalus Linné, 1758).

7Ces informations sont obscures, mais peuvent être l’écho déformé d’une certaine réalité. La parade amoureuse chez les carpes est bruyante et tapageuse, les mâles se couvrent d’excroissances cutanées et, au moment de lancer leur laitance, battent l’eau de leur queue et font un bruit remarquable (voir Cuvier & Valenciennes 1828-1849, t. 16, 39). Par ailleurs, les femelles pondent leurs œufs en plusieurs fois avec des intervalles d’une semaine environ et le poids des ovules peut dépasser le tiers du poids de la mère. La notice de Thomas de Cantimpré ne doit rien à la tradition classique et les lecteurs médiévaux d’Aristote n’ont pas reconnu la carpe qu’ils connaissaient dans les descriptions du poisson appelé kokoneoz dans la traduction de Michel Scot. Les indications sur la reproduction de la carpe ne recoupent donc pas les renseignements délivrés par Aristote à ce sujet.

8Les carpes sont victimes de parasites externes dont les blessures sont facteurs d’infection : des petits crustacés comme l’ergasilus ou l’argulus, des vers, comme le lernea, ou encore des sangsues, comme la piscicola geometra, ou encore la clepsine, qui s’attaque particulièrement aux alevins de la carpe.

9La carpe est si prolifique – une grosse carpe peut pondre jusqu’à 600 000 œufs – que le nombre des alevins peut nuire à la croissance des petites carpes. L’éleveur doit retirer les alevins et ne laisser qu’une quantité convenable de petites carpes dans les aleviniers (Cuvier & Valenciennes 1828-1849, t. 16, 39-40).

10La combativité et les habiletés de la carpe pour échapper à la prise sont réelles et sont communément évoquées dans la littérature ichtyologique. La carpe est, en effet, connue pour ses bonds considérables au-dessus des obstacles et pour l’adresse qu’elle déploie afin de se soustraire aux filets : Cuvier & Valenciennes 1828-1849, t. 16, 40 notent, comme ici, que la carpe enfonce sa tête dans la vase quand elle sent qu’on traîne le filet dans l’eau et qu’elle laisse ainsi passer la nappe de mailles au-dessus d’elle.

~

1caput 38 1536.

2glaucus 1536 ut semper.

3natura VBd.

4Vincent de Beauvais reproduit fidèlement le texte de Thomas de Cantimpré.

5Le commentaire dont Vincent de Beauvais assortit la citation de Thomas de Cantimpré s’inscrit dans l’histoire perturbée de la transmission de Pline (Plin. nat. 9, 145), qui se prolonge jusqu’aux premières éditions incunables de l’Histoire naturelle. La correction apportée par l’édition de 1536 rejoint ainsi le texte retenu par l’édition de Pline de 1481 (Parme, Andrea Portilia) : glaucus qui et glanis uocatur. C’est une initiative malheureuse, qui fait contresens, puisque le glaucus, dans la tradition latine classique, est un poisson de haute mer, probablement un squale, le bleu, dénommé d’après sa couleur. Conscient sans doute de l’incohérence du texte ainsi conjecturé (les termes glaucus et glanis ne pouvant faire référence au même poisson), le correcteur de l’édition de 1536 s’en est tenu à la seule dénomination glaucus et a supprimé le développement qui glanis vocatur ainsi que le commentaire de Vincent de Beauvais.

6qui — glanis om. 1536.

7actor — glancius om. 1536.

8idque melius post scribitur hab. VBd.

9laucius Prüss1.

10glaucius VB.

11in — supra non hab. VB.

12Vincent de Beauvais reproduit fidèlement le texte de Thomas de Cantimpré à la seule variante près sur le nom : capitatus / capito.

13corpus 1491 Prüss1 1536 VB2.

14in — libro non hab. VB.

15Des paragraphes 4 à 10, l’Hortus sanitatis reproduit d’après Vincent de Beauvais le chapitre de Thomas de Cantimpré consacré à la carpe sous une forme légèrement remaniée et abrégée.

17suam 1491.

18odit 1491 Prüss1 1536.

19levi VB.

20adjuvat Prüss1.

21feminis 1491.

22parere nequit om. Prüss1.

23ad partum om. 1536.

24ejus non hab. VBd.

25cujus VBd.

26pepererit Prüss1 1536 peperit 1491 peperint VB2.

27evenerit Prüss1 1536.

28transitus 1491 Prüss1 1536.

29secundum om. 1491 Prüss1 ad 1536.

30scilicet non hab. VB.

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