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Observations chrétiennes et politiques sur le célibat des prêtres

Introduction, établissement, présentation et annotation du texte par Carole Dornier

Le mariage des prêtres, instrument de refondation politique du clergé

§ 1

C’est en 1733 que l’abbé de Saint-Pierre fait paraître ses Observations politiques sur le célibat des prêtres, texte qu’il remaniera aussitôt pour y apporter des additions substantielles dont une version conservée à Neuchâtel témoigne1. Castel de Saint-Pierre s’y déclare en faveur du mariage des prêtres et utilise une partie des idées répandues par les thèses populationnistes pour soutenir son point de vue. Mais à y regarder de plus près et à associer cet écrit à d’autres projets de son auteur, on perçoit que les Observations relèvent moins d’une critique conventionnelle du célibat ecclésiastique que d’une volonté de refondation du clergé et des ordres réguliers, dont le rôle est défini dans le cadre d’un projet politique d’ensemble visant la construction d’un service public d’instruction populaire et d’œuvres sociales.

§ 2

Pour s’en tenir aux décennies qui précèdent la parution des Observations, la question du célibat des prêtres était naturellement soulevée par les protestants2. Par ailleurs l’argumentaire populationniste, depuis la formule célèbre de Bodin, il n’y a richesse, ni force que d’hommes3, constitue presque une vulgate au XVIIe siècle. L’État monarchique entendait augmenter sa population pour renforcer sa puissance militaire et économique, comme le montrent les tentatives infructueuses de Colbert en 1665 pour diminuer le nombre des religieux et des religieuses4. Sur le plan théologique, l’idée que le célibat du clergé n’avait pas de fondement dans les Saintes Écritures fut soutenue en 1688 par un historien anglican, Henry Wharton, dans son Treatise of Celibacy of the Clergy, wherein its Rise & Progress are historically considered5. L’ouvrage avait fait l’objet d’un compte rendu en français en 1688 dans l’Histoire des ouvrages des savants de Basnage de Beauval6. Wharton s’appuyait sur une série d’autorités pour souligner que l’institution était purement humaine et que la généralisation de la pratique était tardive. Si le texte ne fut pas traduit en français, le compte rendu que le chevalier de Jaucourt lui a consacré dans l’Encyclopédie, à l’intérieur d’un article prétexte sur une obscure bourgade de l’Angleterre, « Worsted »7, témoigne de sa diffusion au XVIIIe siècle parmi les Philosophes dans l’offensive contre le célibat des prêtres. Une dissertation de l’abbé Morin, prononcée le 7 décembre 1713 à l’Académie des Inscriptions, ridiculisait le célibat religieux chez les païens, feignant de le distinguer du haut degré de perfection du célibat chrétien8. Cette attaque biaisée n’atteignait cependant que les milieux savants tandis que la longue séquence sur la dépopulation des Lettres persanes de Montesquieu (1721) allait diffuser la critique auprès d’un public plus important, féminisé et mondain, accréditant la thèse d’Isaac Vossius d’un monde menacé par le manque d’habitants. Le Persan Usbek prédisait la chute du catholicisme par suite du célibat religieux9.

§ 3

La question du célibat des prêtres focalisait donc des éléments hétérogènes : des questions proprement théologiques, qui opposent les confessions chrétiennes sur la conception de la perfection, d’autres démographiques (crainte de la dépopulation), économiques et sociales (biens du clergé et mainmorte, fonction des prêtres et des moines), morales (difficultés et utilité de la continence sexuelle) et politiques (intérêts de l’Église opposés aux intérêts de l’État). La mise en cause du célibat des prêtres en pays catholiques rentrait plus globalement dans une critique du célibat en général, qu’il s’agisse du célibat provisoire ou définitif et de celui qui concerne les religieux, les soldats et les domestiques10. Comment situer, dans ce contexte, la position de l’abbé de Saint-Pierre formulée en 1733 ?

§ 4

D’emblée l’auteur présente la question comme politique et se défend de parler en théologien. La suppression de l’obligation du célibat est présentée comme la restauration d’une ancienne liberté de se marier qu’avaient les apôtres, leurs disciples et le clergé des trois premiers siècles de l’ère chrétienne. Le célibat des prêtres, point de discipline apparu tardivement dans l’histoire de l’église, pouvait sans dommage être aboli. L’auteur évite toute référence requérant une interprétation des Écritures, en particulier celle du passage de saint Paul souvent invoqué pour justifier le célibat des religieux, et très discuté par les protestants11. Il développe son projet à partir de deux séries d’arguments : l’une relative à la puissance des États catholiques et des sociétés chrétiennes et fondée implicitement sur des thèses populationnistes, l’autre sur une conception nouvelle du rôle du clergé séculier reposant sur l’édification par l’exemple et la direction morale des fidèles. À ces deux séries d’arguments s’ajoute la présentation d’un dispositif de dispense de vœu qui permet de concilier l’intérêt des États et celui du Saint-Siège et de proposer un mode de financement des œuvres de bienfaisance de l’« Église universelle », qui complète le projet concernant les établissements religieux12.

Le mariage des prêtres, facteur de la puissance des États catholiques, de l’Église et des sociétés chrétiennes

§ 5

L’un des aspects les plus frappants du projet de l’abbé de Saint-Pierre est le recours aux arguments quantitatifs et au raisonnement économique. Le caractère extensif de toute mesure politique, évaluée en fonction du nombre de bénéficiaires et d’un calcul coûts / bénéfices, est caractéristique de sa pensée politique13. En 1690, William Petty, inventeur d’un impôt sur le célibat, qui s’appuyait sur L’État de la France de Nicolas Besongne, affirmait que le clergé catholique était un grand désavantage de la France, dans la comparaison établie entre ce pays et l’Angleterre, du point de vue de leur richesse respective14. L’argument quantitatif est non seulement utilisé dans l’écrit de Castel de Saint-Pierre relativement à la puissance des États mais aussi à celle de l’église catholique. Promouvoir l’augmentation d’une main-d’œuvre permettant de développer l’agriculture, les arts et les manufactures et celle du nombre de troupes disponibles n’est pas un argument original après Bodin. En revanche, il est moins conventionnel de mettre en parallèle, comme l’auteur, les missions en terre étrangère visant à augmenter le nombre de fidèles par la conversion et le mariage des prêtres qui offrirait un supplément d’enfants élevés dans la religion chrétienne. L’abbé évalue le supplément de population attendu à quatre millions en deux cents ans. Il semble s’inquiéter de l’ombrage que pourraient en prendre les autres États catholiques voisins de la France face à ce facteur de déséquilibre démographique, façon détournée de suggérer son efficacité. Il place ainsi ses propositions dans le cadre d’une réflexion sur l’équilibre des puissances européennes et sur celui entre États protestants et États catholiques.

§ 6

L’évaluation quantitative ne concerne pas seulement les hommes mais aussi les qualités morales des prêtres : justice, bienfaisance, patience, beaucoup plus utiles selon l’auteur que la continence. À travers l’éducation de leurs enfants et l’influence qu’ils auraient sur leurs épouses, les prêtres mariés multiplieraient les comportements vertueux.

Une conception nouvelle du rôle du clergé séculier

§ 7

À côté de l’argument de la multiplication des chrétiens et de celle, conséquemment, des conduites vertueuses, l’abbé développe aussi une conception du rôle du prêtre qui en fait essentiellement un guide moral et un exemple pour les fidèles. Le prêtre doit édifier par sa capacité à répondre aux préoccupations morales ordinaires du père de famille ; seules une immersion dans le monde et une expérience de ces préoccupations peuvent le rendre apte à jouer ce rôle. Dans le même ordre d’idées, renvoyant à son Projet pour rendre les sermons plus utiles paru pour la première fois en 172615, l’abbé de Saint-Pierre dispense le curé d’imaginer et de rédiger lui-même ses sermons et suggère d’avoir recours à des sermons imprimés, sélectionnés et améliorés par les personnes les plus compétentes en la matière. Le prêtre n’a donc plus besoin des connaissances et des qualités intellectuelles et rhétoriques nécessaires au travail de la composition, pas plus qu’il n’a besoin de l’inspiration propre à convaincre ses ouailles. Le système de contrôle des sermons place les paroissiens à égalité face à la qualité du contenu de l’instruction religieuse et morale. Les vertus pratiques et les qualités morales, en particulier celles destinées à favoriser l’harmonie sociale, prennent le pas sur la formation théologique. L’instruction paroissiale se résume pour l’auteur en trois points : les articles du credo, les commandements et l’examen des cas de pratique de la bienfaisance. Le temps nécessaire à l’étude qui justifiait en partie le célibat n’est plus nécessaire dans une organisation qui contrôle étroitement la composition des sermons et le contenu de l’enseignement dispensé par le curé aux fidèles. L’auteur ne voit pas d’inconvénient à la représentation que le peuple peut se faire d’un prêtre ramené à une condition ordinaire : il argue du respect qu’on a en Hollande ou en Angleterre pour les ministres du culte, et d’une vénération qui s’appuie sur la bienfaisance et les exemples de vertu. Si on lui objecte le manque de temps d’un curé marié pour remplir sa fonction, l’auteur répond que les curés célibataires ont beaucoup de loisir, ce qui rejoint le grief convenu de l’oisiveté des réguliers. Un projet complémentaire à celui sur le célibat des prêtres intitulé Projet pour le perfectionnement du clergé en France16, paru en 1741, définit précisément le statut du curé chargé d’instruire ses paroissiens.

Les ordres réguliers comme service public

§ 8

Les adversaires du célibat des ecclésiastiques se focalisaient volontiers à l’époque sur l’inutilité sociale des réguliers ; le projet de l’abbé de Saint-Pierre sur le célibat ne prend en compte que les prêtres car il imagine dans son Projet pour rendre les établissements des religieux plus parfaits, c’est-à-dire plus utiles au prochain non de supprimer les ordres mais de les transformer au service de grandes missions sociales : éducation des collèges et des séminaires, soins des pauvres, des enfants en bas âge, des malades, infirmes, aliénés dans les hôpitaux, apprentissage d’un métier, correction des jeunes délinquants et même travaux publics. Utiliser la richesse des établissements religieux et l’énergie des réguliers à ces œuvres sociales au lieu de prières et cérémonies est pour l’abbé de Saint-Pierre la vraie façon de servir Dieu. Les ordres sont donc conçus pour assurer un « service public » que l’auteur juge mieux assuré par des « compagnies religieuses permanentes et immortelles »17. Sa réforme implique la transformation progressive des ordres existants en institutions remplissant ces missions de service public et une répartition des richesses des différents ordres visant à financer les œuvres sociales qu’il évoque.

La dispense de célibat, source de financement des œuvres de l’Église

§ 9

Choisir la procédure de la dispense pour permettre le mariage des prêtres présente pour l’abbé de Saint-Pierre plusieurs avantages : celui de se démarquer des revendications protestantes qui conduisirent au XVIe siècle l’empereur, l’électeur de Bavière et le roi de France, Charles IX, à demander au Concile de Trente la permission du mariage des prêtres dans leurs États, et de respecter les conciles et canons qui avaient refusé cette permission18. Il choisit aussi de ne pas préconiser d’emblée le moyen du concile national, arme traditionnelle du gallicanisme, qui oppose la monarchie au pouvoir pontifical, ce que lui permet la procédure de la dispense. Celle-ci offrirait au Saint-Siège des moyens considérables pour ses œuvres. L’acquittement d’une aumône pour obtenir une dispense profiterait ainsi à l’« Église universelle ». Pour l’auteur, les sommes acquises pourraient être affectées à l’entretien des cardinaux pauvres, au rachat des captifs chrétiens, aux pensions du Prétendant Stuart, à la propagation de la foi (missions), au mariage des pauvres filles. Les calculs financiers de l’abbé ne sont pas très précis puisque entre la version imprimée dans les Œuvres de politique et de morale parue chez Beman et la version conservée à Neuchâtel, les sommes avancées varient considérablement. Mais quels que soient les montants, l’auteur les juge infiniment plus utiles que la continence des prêtres.

Le mariage du haut clergé et la perpétuation des dynasties européennes

§ 10

La liberté qu’aurait le haut clergé de se marier permettrait de remédier aux inconvénients liés au droit d’aînesse dans les familles nobles, à la primogéniture agnatique et à la loi salique dans certaines monarchies catholiques, dont la monarchie française. La dispense de célibat empêcherait l’extinction du nom et l’anéantissement des familles en permettant de faire des substitutions au bénéfice des enfants de ce clergé. Elle mettrait fin aux difficultés de succession de la Maison d’Autriche, qui doit sa disette d’héritiers mâles au fait que les évêques et archevêques n’ont pas eu de descendance. Néanmoins le cas des cardinaux embarrasse l’auteur : s’il ne recule pas d’abord devant la perspective du cardinal bon père de famille, il revient ensuite sur cette idée et réserve la dignité aux célibataires et aux veufs, en observant qu’elle concerne de toute façon les prélats âgés.

Les curés, « officiers publics » chargés de l’instruction du peuple

§ 11

Que la question du mariage des prêtres soit pour l’abbé de Saint-Pierre l’occasion de redéfinir le rôle du clergé et l’utilisation des biens ecclésiastiques et des bénéfices apparaît à l’évidence dans un manuscrit intitulé Observations pour augmenter l’instruction du peuple que l’auteur a souhaité joindre aux projets visant à perfectionner l’état ecclésiastique et à permettre le mariage des prêtres19. Ces Observations, non datées, sont à rattacher au projet Pour multiplier les maîtres d’école, et les sœurs grises, imprimé en 173720. Dans cet écrit, l’abbé de Saint-Pierre envisage deux dettes que l’État contracte envers ses sujets : la subsistance et la santé des pauvres d’une part, leur instruction d’autre part. Il considère que pour s’acquitter de ces deux dettes, le gouvernement doit faire que les riches donnent aux pauvres et que les dîmes, initialement destinées à ces emplois, et que se sont appropriées les abbayes et les évêchés, soient employées aux revenus des curés, à la subsistance et à l’instruction des pauvres. Convaincu des bienfaits de l’éducation du peuple, qui augmente la « raison humaine », il imagine une formation des ecclésiastiques dans les séminaires à partir d’ouvrages diffusant des connaissances pratiques et scientifiques. Le curé « officier de morale » serait chargé de recruter et de rétribuer des maîtres et maîtresses d’école21.

La sécularisation de l’Église

§ 12

Dans la réflexion de l’abbé de Saint-Pierre sur le mariage des prêtres, les arguments populationnistes permettent d’introduire une réflexion originale sur le sacerdoce, imaginé comme magistère moral vidé d’une grande partie de sa substance théologique et strictement contrôlé par la sélection des sermons, la définition restrictive de l’instruction paroissiale et les modalités d’attribution des bénéfices. Le prêtre devient un fonctionnaire avant la lettre22, recruté et rétribué au mérite, chargé d’organiser l’instruction dans sa paroisse. Les vœux monastiques sont conçus comme un engagement révocable et limité dans le temps, destiné à faire fonctionner un vaste service social et de santé. Les biens et ressources de l’Église de France sont destinés à financer ces services tandis que l’auteur suggère ce que le Saint-Siège pourrait faire des gains obtenus par les dispenses. En parlant de service public, à propos des missions sociales des ordres religieux, d’officiers pour désigner les curés, l’abbé de Saint-Pierre considère le clergé comme un ordre destiné à servir l’État. Il définit « l’essentiel de la religion » comme l’observation de la justice et la pratique de la bienfaisance et il fait consister les devoirs religieux en l’application d’une morale fondée sur le droit naturel23, ce qui lui permet de confondre service de Dieu et service du gouvernement et de la société. Ainsi les ecclésiastiques servent Dieu en servant l’État. Celui-ci doit s’acquitter des dettes qu’il a contractées envers les pauvres, le peuple et les plus faibles et remplir sa fonction principale qui est d’assurer le plus grand bonheur du plus grand nombre et de faire respecter l’éthique de réciprocité ou Règle d’or24.

Conclusion

§ 13

Les Observations politiques sur le célibat des prêtres intéressèrent dès leur parution Jean-François Melon, qui y fait référence l’année suivant sa parution dans son Essai politique sur le commerce25. Diderot, dans l’article « Célibat » de l’Encyclopédie, donne des Observations un compte rendu développé26. Il s’intéresse suffisamment aux thèses de l’auteur pour relever et commenter l’addition sur les bénéfices héréditaires27. L’idée que l’accomplissement des devoirs du père de famille avait une valeur sociale bien supérieure à la chasteté religieuse rejoignait ses propres positions28.

§ 14

La transformation du clergé en un corps chargé par l’État de services publics d’éducation et d’action sociale, reposant sur une conception de la religion perçue uniquement sous l’angle de son utilité politique, sociale et morale, sous-tend les positions de l’abbé de Saint-Pierre. Celles-ci s’inscrivent dans la perspective d’une sécularisation de l’Église, d’un contrôle politique de l’utilisation de ses ressources, d’une redéfinition de la fonction des clercs, dans le sillage de la politique de Colbert et des théories gallicanes29. C’est dans cette tentative de refondation que semble résider l’originalité de ce projet, à une époque où la critique du célibat devient un lieu commun.

Note sur l’établissement du texte

Manuscrits

Observations politiques sur le célibat des prêtres, seconde ébauche, BM Rouen, ms. 949 (I. 12), t. II, p. 335-355. (A)

Observations chrétiennes et politiques sur le célibat des prêtres, BPU Neuchâtel, ms. R257, note autographe « Octob 1733 », p. 1-24. (C)

Observation. Addition au traité du célibat. Objection 8, BNF, ms. N. A. fr. 11231, f. 176r-177r. Autographe. (D)

Imprimé

Observations politiques sur le célibat des prêtres, troisième ébauche, in Ouvrages de politique, Rotterdam, J. D. Beman, 1733, t. II, p. 151-183. (B)

§ 15

La version publiée dans les Ouvrages de politique (Rotterdam, J. D. Beman, 1733, t. II, p. 150-183) est donnée comme « troisième ébauche » (B), donc postérieure à la « seconde ébauche » (A) désignant le texte manuscrit du recueil de Rouen (BM Rouen, ms. 948 (I. 12), t. II, p. 335-355) ; la version conservée à Neuchâtel (BPU Neuchâtel, ms. 257) est datée d’octobre 1733 (C). Une addition autographe (D) est conservée à la Bibliothèque nationale de France (Observation. Addition au traité du celibat. Objection 8, N. A. fr. 11231, f. 176r-177r). Le texte de base choisi correspond à l’état le plus complet : celui conservé à Neuchâtel, auquel est intégrée l’addition de Paris.


1.Voir ci-après, « Note sur l’établissement du texte ».
2.Pierre Bayle, Nouvelles Lettres de l’auteur de la critique générale de l’Histoire du calvinisme, Œuvres diverses, La Haye, Husson et al., 1727, t. II, p. 260-331 ; voir aussi, sur le célibat des prêtres, les articles « Baduel », « Farel », « Hall » et « Vayer » de son Dictionnaire historique et critique.
3.Jean Bodin, Les Six Livres de la République [1re éd., Paris, J. Du Puys, 1576], Paris, J. Du Puys, 1583, livre V, chap. II, p. 705-706.
4.Voir Catherine Maire, « La critique gallicane et politique des vœux de religion », Les Cahiers du Centre de recherches historiques [en ligne], no 24, 2000, mis en ligne le 17 janvier 2009, consulté le 12 mai 2013 ; DOI : 10.4000/ccrh.2052.
5.Londres, H. Clark, 1688.
6.Décembre 1688, p. 384-396.
7.T. XVII, 1765.
8.« Histoire critique du célibat », in Mémoires de littérature tirés des registres de l’Académie royale des Inscriptions et Belles-Lettres, Paris, Imprimerie royale, 1723, t. IV, dissertation prononcée le 7 décembre 1713, p. 308 sq.
9.Lettres persanes, lettre 118 (texte de 1758).
10.Voir Jacqueline Hecht, « Célibat, stratégies familiales et essor du capitalisme au XVIIIe siècle : réalités et représentations », in Ménages, familles, parentèles et solidarités dans les populations méditerranéennes, Actes du IVe Séminaire international d’Aranjuez (27-30 septembre 1994), Paris, INED (Association internationale des démographes de langue française ; 7), 1996, p. 259 ; Carol Blum, Croître ou périr : population, reproduction et pouvoir en France au XVIIIe siècle, Paris, INED, 2013 [1re éd. en anglais 2002], chap. III ; Éric Walter, « Le complexe d’Abélard ou le célibat des gens de lettres », Dix-huitième siècle, no 12, 1980, p. 127-152 ; Christine Théré, « L’Église funeste à la population ? Une controverse sulfureuse autour du célibat ecclésiastique », Revue française d’histoire des idées politiques, vol. XXXV, no 1, 2012, p. 109-122. DOI : 10.3917/rfhip.035.0109.
11.1 Corinthiens, 7, 9.
13.Carole Dornier, « Morale de l’utile et lumières françaises : Duclos, Considérations sur les mœurs (1751) », Studies on Voltaire and the Eighteenth Century, no 362, 1998, p. 173.
14.Dans son Political Arithmetick (1690) : voir Sabine Reungoat, William Petty : observateur de la population des îles Britanniques, Paris, INED, 2004, p. 128 ; Saint-Pierre renvoie aux travaux de Petty dans son Mémoire sur l’établissement de la taille proportionnelle, s.l.n.d., « Au Palais-Royal, 27 mai 1717 », p. 19, dans son Projet pour perfectionner le commerce de France, in OPM, t. V, p. 256, dans ses Observations sur les colonies éloignées, in ibid., t. X, p. 278-280.
19.Archives départementales du Calvados, 38 F 42 (ancienne liasse 3).
22.Terme attesté pour la première fois en 1770 chez Turgot (Œuvres, G. Schelle [éd.], Paris, F. Alcan, 1919, t. III, p. 252).
24.Sur l’émergence et l’histoire de cette maxime universelle, voir la somme d’Olivier Du Roy, La Règle d’or. Histoire d’une maxime universelle, Paris, Éd. du Cerf, 2012, t. I.
25.S.n., s.l., 1734, chap. III, « De l’augmentation des habitans », p. 42-43.
26. T. II, 1752, daté 1751.
27.Voir note 15.
28.Carol Blum, Croître ou périr : population, reproduction et pouvoir en France au XVIIIe siècle, Paris, INED, 2013 [1re éd. en anglais 2002], chap. III, p. 53-58.
29.Éric Walter, « Le complexe d’Abélard ou le célibat des gens de lettres », Dix-huitième siècle, no 12, 1980, p. 145-147.