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n° 53, 2016 : Totalitas. Aux origines d’un concept

Sous la direction de Maud Pouradier.
 

Totalitas est un terme tardif de la langue latine, datant probablement du XIIesiècle, qui ne traduit ni l’idée de « toutes les choses » (« ta panta » des Grecs – traduit par « omnia »), ni son « ensemble » (« to panuniversitas rerum »), ni le « tout structuré » (« to holontotum »). Quand il fait son apparition dans la langue philosophique, il traduit spécifiquement le concept néoplatonicien de « holotes », qui chez Proclus ne signifie pas seulement l’essence d’un tout structuré comme tout (sens qu’utilise Aristote), mais un tout d’une telle simplicité qu’en son sein aucune partition n’est possible. C’est cette acception néoplatonicienne que Guillaume de Moerbeke et Jean Sarrazin désignent par le terme de totalitas dans leurs traductions de Proclus et de Denys l’Aréopagite. Le concept permet aux scolastiques de pallier une déficience de la méréologie antique pour résoudre un certain nombre de problèmes métaphysiques (comme celui de la présence de l’âme au corps) et théologiques (comme celui de la présence de Dieu au monde, de sa simplicité ou du dogme trinitaire). Ce numéro des Cahiers de philosophie de l’université de Caen ouvre ainsi une autre histoire du concept de totalité, où celui-ci n’est réductible ni au problème du tout ni au problème de l’universalité.

2017, 14 x 22, br., 182 p.

ISBN : 978-2-84133-746-0

15 €

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