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La moissonneuse header ou espigadora en Algérie

A l'Exposition universelle de Paris en 1878, on remarquait dans la section des États-Unis une machine à récolter les céréales, appelée header, présentée par M. Case ; la machine était poussée par 4 chevaux et dirigée par un homme placé à l’arrière, au gouvernail, commandant en même temps l’attelage ; les rabatteurs étaient à axe horizontal en forme de dévidoirs ; le tablier était garni d’une toile sans fin, amenant la récolte à un élévateur qui la déversait dans un chariot se déplaçant parallèlement à la machine. Le poids de cette moissonneuse, presqu’entièrement construite en bois, était de 1 500 kg ; l’appareil entier, y compris le chariot et les attelages, occupait 9 m de largeur sur 8 m de longueur, et pouvait récolter, disait-on, 20 à 25 ha par jour.

Dans les machines que nous avons étudiées en 1893, lors de notre mission aux États-Unis, la longueur de scie est d’environ 5 m, et on coupe à une grande hauteur en ne laissant aux épis qu’une vingtaine de cm de paille (on sacrifie la paille qui n’a pas de valeur dans ces pays).

Le header est attelé de 4 chevaux, dont la barre d’attelage est fixée à l’extrémité arrière de la flèche, de sorte que, bien que les animaux tirent sur leurs traits, ils poussent devant eux la machine conduite par 2 hommes, dont l’un actionne la roue d’arrière chargée de donner la direction voulue. (C’est le principe de l’ancienne moissonneuse de P. Bell appliqué à une machine à grand travail pourvue d’un élévateur.)

Le rabatteur, le tablier et l’élévateur à toiles sans fin sont analogues, sauf les dimensions, aux pièces correspondantes de nos moissonneuses-lieuses ordinaires ; l’élévateur, placé sur la gauche de la machine, déverse la récolte dans un chariot spécial attelé de 2 chevaux, qui se déplace parallèlement à la moissonneuse ; le chariot porte 2 hommes : un conducteur d’attelage et un ouvrier chargé de surveiller le chargement.

Il y a toujours plusieurs chariots qui suivent la moissonneuse, afin qu’il n’y ait pas de longues interruptions de travail. Vu de l’avant, le coffre de ces chariots a la forme d’un triangle rectangle ; c’est une sorte de grande boîte légère, montée sur un train de 4 roues ; les panneaux d’avant et d’arrière et un grand panneau de côté sont formés de toiles tendues sur des châssis légers en bois ; il n’y a pas de panneau sur le long côté (droit) où arrive la récolte coupée, fournie par l’élévateur de la moissonneuse.

Le chantier, composé de [10 hommes et de 10 chevaux] récolte, en pratique, de 14 à 15 ha par journée de travail.

                         Hommes      Chevaux

Moissonneuse        2                   4

Trois chariots        6                   6

À la meule             2                   -

TOTAL                 10                  10

Le grain coupé est mis en meules réparties dans le champ même, où on viendra l’égrener à l’aide de fortes machines à battre.

La figure 17 représente la vue d’arrière du header de la maison Johnston et Cie. Ces machines sont très répandues dans l’Amérique espagnole et en Algérie, où on les désigne sous le nom d’espigadoras. Ainsi que le dit M. Ryf (voir le Journal d’agriculture pratique, no 25 du 22 juin 1905, p. 794), l’espigadora ordinaire, qui présente de grandes dimensions, est un peu trop encombrante dans les moyennes exploitations ; c’est la machine convenable aux grands domaines en terrain peu accidenté.

Ajoutons enfin qu’on emploie aussi de semblables machines munies d’un mécanisme lieur.

Max Ringelmann

Source : M. Ringelmann , «Header ou espigadora»,
Journal d'agriculture pratique, 1905, vol. 2, p. 112-113.

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