Terre-Neuve, une île très convoîtée
Les bancs de Terre-Neuve Terre-Neuve est une grande île (plus de 100 000 km2, soit 1/5 de la superficie de la France)
face à l'estuaire du Saint-Laurent. Les Vikings s'y installèrent vers l'an 1000, après
avoir colonisé l'Islande, puis le Groenland. Les sagas islandaises dénommaient cette île
le "Vinland", en raison de sa luxuriante végétation de vigne sauvage, alors que son climat paraissait
beaucoup plus doux qu'aujourd'hui.
L'île est retrouvée et appelée Terre-Neuve lors des Grandes découvertes, vers
1495-1500. Les navigateurs sont stupéfaits par l'abondance des morues qui vivent dans ses
parages.
L'annonce de cette manne se répand très vite dans les ports de l'Océan. Pêcheurs portugais,
basques, bretons, normands et anglais se retrouvent sur les bancs de Terre-Neuve et dans
les havres de l'île au début de chaque printemps. Louis XIV établit sa souveraineté sur l'île, qui devient le bastion avancé de la Nouvelle France. Lors du traité d'Utrecht
(1713), Terre-Neuve passe sous la domination de la Grande-Bretagne. Cependant, les pêcheurs
français conservent le droit de s'y établir durant la saison de la pêche: c'est le régime du
"French Shore".
La richesse halieutique des bancs de Terre-Neuve s'explique par la rencontre des eaux douces du Saint-Laurent avec les courants océaniques du Gulf Stream et du Labrador, ce qui crée un milieu très favorable pour la reproduction et la nourriture des morues. Chaque banc constitue comme un immense terroir océanique, dont les chemins d'accès et les limites sont néanmoins parfaitement connus des terre-neuvas. Le Grand Banc, au sud-est de Terre-Neuve, reste le plus fréquenté aux XVIe-XVIIIe siècles; mais il y avait d'autres zones de pêche, au large du Labrador et de la Nouvelle Ecosse.