L’abbaye de Savigny (1112-1790). Un chef d’ordre anglo-normand
Cerisy-la-Salle (Manche) 4-6 octobre 2012
Aux confins de la Manche, de l’Ille-et-Vilaine et de la Mayenne, l’abbaye de Savigny fut le seul chef d’ordre monastique fondé en Normandie. Sa naissance est liée à un homme d’exception, Vital, qui devient chapelain du comte de Mortain puis choisit la vie érémitique avant de se voir confier des terres par Raoul de Fougères, en 1112, pour y fonder un monastère. Il y meurt en 1122.
Le développement de l’abbaye est rapide. L’afflux des vocations et la protection des princes, comme Henri II Plantagenêt, précipitent la création des filiales en France et en Angleterre ; deux sous Vital avec Dampierre à Mantilly (Orne) et l’abbaye Blanche à Mortain (Manche), trente sous l’abbatiat de son successeur, Geoffroy.
En 1147, Savigny est intégrée à l’ordre cistercien, entraînant avec elle ses trente cinq filles, majoritairement anglaises. À partir de 1173, la nouvelle église sort de terre, en pierre et plus vaste que la cathédrale de Coutances. Le 1er mai 1243 eut lieu la grande fête de la translation des reliques dans le nouvel édifice, une célébration prestigieuse.
À la veille de la Révolution, dix-sept moines vivent encore dans les locaux. Ils en partent définitivement le 15 décembre 1790 avant l’adjudication des bâtiments détruits et vendus pierre à pierre. Cinquante ans suffirent pour ruiner cette immense abbaye qui occupait près de 7000m² au sol.
Le colloque envisage de confronter les travaux menés tant en France qu’en Angleterre et, plus globalement, d’apporter de nouveaux éclairages sur l’ordre savinien.
Gilles désiré dit Gosset, Brigitte Galbrun, Véronique Gazeau



