Réunion du vendredi 4 avril 2008
Présents : A. Alduc-Le Bagousse, A. Bocquet-Liénard, É. Broine, É. Coffineau, G.-R. Delahaye, S. Dervin, A. Duke, B. Fajal, V. Gallien, V. Gazeau, Y. Hamonou, C. Hanusse, V. Hincker, J.-Y. Langlois, C. Lorren, G. Marie, S. Oudry, J. Pilet-Lemière, A. Poirier.
Excusés : C. Allinne, P. Bauduin, F. Delahaye, J.-D. Desforges, D. Jeanne, C. Maneuvrier, C. Pilet, C. Niel, P. Roussel, Y. Rose, C. Treffort.
La vingt-sixième réunion du groupe s’est tenue le vendredi 4 avril 2008. Trois interventions étaient à l’ordre du jour :
Emmanuelle COFFINEAU (INRAP Grand-Ouest) : Les céramiques funéraires du cimetière de Monnoyer au Mans (fin XIIIe-XVIe siècle) [voir CR du 14 décembre 2007].
Aurélie DUKE (étudiante Master 2 histoire, université Caen Basse-Normandie) : Les quatre Mathilde et leur sépulture.
Cette intervention, présentée en novembre 2007 à Fécamp lors du colloque « Fécamp et les sépultures des ducs de Normandie », (organisé par le GRHIS de Rouen et le Centre Michel de Boüard) est le résultat de recherches commencées dans le cadre d’un master 1 et poursuivies en master 2, sur les sépultures et le patronage des duchesses et des reines dans l’espace anglo-normand . Les choix funéraires de quatre duchesses reines, qui se sont succédé aux côtés de leurs époux à la tête du duché de Normandie et du royaume d’Angleterre entre 1050 et 1067, sont examinés et commentés pour essayer d’en comprendre les motivations personnelles, politiques ou religieuses :
- Mathilde de Flandre, née vers 1030-1035, fille de Bauduin V comte de Flandre et d’Adèle de France. Elle épousa en 1050-51 Guillaume-le-Conquérant avec lequel elle eut huit enfants, dont le futur Henri 1er roi d’Angleterre puis duc de Normandie. Elle fut inhumée en 1083 à l’abbaye de la Trinité de Caen qu’elle avait fondée.
- Mathilde d’Écosse (prénommée Édith avant son mariage), née vers 1080, fille de Malcom Canmore roi d’Écosse et de Marguerite, petite nièce d’Édouard le Confesseur. Elle épousa en 1100 Henri Ier dont elle eut deux enfants, Guillaume Adelin (mort dans le naufrage de la Blanche Nef) et Mathilde dite l’Emperesse. Elle fut enterrée en 1118 à l’abbaye de Westminster.
- Mathilde l’Emperesse, née en 1101, fille d’Henri Ier et de Mathilde d’Écosse. Elle épousa vers l’âge de sept ans l’empereur germanique Henri V († 1125), puis en 1128 Geoffroy Plantagenêt, avec lequel elle aura trois fils, dont le futur Henri II. Spoliée du trône à la mort de son père, elle ne sera pas couronnée reine, mais porte le titre de Dame d’Angleterre. Elle fut inhumée en 1167 à l’abbaye normande du Bec, où elle résidait préférentiellement.
- Mathilde de Boulogne, née en 1105, fille d’Eustache III comte de Boulogne et de Mary d’Écosse (sœur de Mathilde), elle épousa en 1119 Étienne de Blois, devenu roi d’Angleterre à la mort d’Henri 1er en 1135. Elle fut enterrée en 1152 à l’abbaye de Faversham dans le Kent.
Les sources documentaires utilisées sont variées. Cette étude s’appuie à la fois sur les écrits des historiens de la Normandie ducale, contemporains des ducs (Guillaume de Jumièges, Guillaume de Poitiers, et surtout l’Historia ecclesiastica d’Orderic Vital), les sources diplomatiques (actes des ducs de Normandie et rois d’Angleterre, chartes de parrainage, etc) et épigraphiques (Corpus des inscriptions de la France médiévale dans lequel on trouve les épitaphes de deux des duchesses). Ces quatre femmes d’action ont en commun d’avoir été inhumées dans une abbaye bénédictine, mais en quatre lieux différents des deux côtés de la Manche. Il n’existe pas en effet de mausolée familial regroupant les membres de la dynastie anglo-normande, et, à l’exception de Mathilde de Boulogne reposant auprès d’Étienne de Blois et de leur fils Eustache à Faversham, aucune n’a reçu sépulture auprès de son époux, puisque Guillaume le Conquérant fut inhumé à Saint-Étienne de Caen qu’il avait lui-même fondée, la dépouille d’Henri 1er fut partagée entre l’église du prieuré du Bec et l’abbaye de Reading, et Geoffroy Plantagenêt fut enterré dans la cathédrale du Mans. Pour trois d’entre elles, le lieu de leur sépulture paraît bien relever d’une préférence personnelle. Ainsi Mathilde de Flandre semble avoir préparé elle-même ses funérailles au monastère de la Trinité, sa fondation, à laquelle elle légua aussi son sceptre et sa couronne. De même, Mathilde l’Emperesse avait émis très tôt le désir d’être inhumée à l’abbaye du Bec, et ce contre le voeu de son père Henri 1er qui souhaitait lui imposer la cathédrale de Rouen. Quant à Mathilde de Boulogne, elle repose dans le monastère clunisien de Faversham, fondé conjointement avec le roi Étienne avec la volonté d’en faire le mausolée familial de leur dynastie. Le cas de Mathilde d’Écosse est plus complexe, car il semblerait que ce soit Henri 1er qui ait décidé du lieu d’inhumation de son épouse : à sa mort le 1er mai 1118, les moines de Westminster prennent possession de son corps au détriment des chanoines de la Sainte-Trinité d’Aldgate, prieuré augustin qu’elle avait fondé et largement doté tout au long de sa vie.
Le lieu de leur sépulture est à la fois le reflet de leur dévotion et de leur patronage ecclésiastique. Pour Mathilde de Flandre, la fondation de la Trinité de Caen, accompagnée de nombreuses donations, s’inscrit dans une tradition familiale (sa mère Adèle avait fondé l’abbaye de Messines près d’Ypres) mais aussi dans une politique religieuse commune à tous les princes d’Europe de l’époque. Elle fonda également Notre-Dame-du-Pré près de Rouen et fit diverses donations à d’autres établissements, mais aucun ne fut aussi généreusement doté : il était finalement logique que sa dernière preuve d’attachement à l’abbaye de la Trinité fut le don d’elle-même. Mathilde d’Écosse, sa bru, entretenait des liens étroits avec l’archevêque Anselme de Cantorbéry, sur les conseils duquel elle fonda, vers 1107, le prieuré de chanoines augustins de la Sainte-Trinité d’Aldgate à Londres, qu’elle dota largement ainsi que de nombreux autres établissements augustins en Angleterre. Le choix final de sa sépulture chez les bénédictins de Westminster, auprès d’Édouard le Confesseur et de la reine Édith, est peut-être une volonté de rappeler ses origines écossaise et anglo-saxonne. Sa fille Mathilde l’Emperesse hérita son attirance pour l’ordre des chanoines réguliers, elle fonda ainsi les abbayes Notre-Dame du Vœu à Cherbourg et Notre-Dame de Silly au diocèse de Sées. Elle soutint également largement les cisterciens en France et en Angleterre, mais le gros de ses donations alla au monastère bénédictin du Bec et ses dépendances, comme le prieuré de Notre-Dame du Pré à Émendreville (fondé en 1063 par ses grands-parents Guillaume et Mathilde), dans lequel elle résidait lors de ses séjours en Normandie. Elle entretenait des rapports spirituels et intellectuels privilégiés avec les moines du Bec et fit très tôt élection de sépulture dans l’église abbatiale ; selon sa volonté, elle fut enterrée devant le grand autel dédié à la Vierge Marie. Mathilde de Boulogne a vécu sur le même modèle de piété que les précédentes. Elle séjournait fréquemment au monastère de Saint-Augustin à Cantorbéry, d’où elle pouvait surveiller les affaires du royaume. Elle soutint également les nouvelles fondations de l’ordre de Savigny ou du Temple et se montra pareillement très généreuse envers les clunisiens, auxquels le roi Étienne confia en 1147 la construction de l’abbaye de Faversham, à 11 km de Cantorbéry, qui devait accueillir les tombes royales.
En choisissant d’établir leur sépulture dans une abbaye plutôt que dans une cathédrale, ces femmes attendaient de la part des moines des prières pour leur salut mais également qu’ils honorent dignement leur mémoire, d’où les nombreux legs fonciers et les donations faites de leur vivant ou juste avant leur mort pour la célébration de messes et de commémorations anniversaires. Les dalles funéraires des duchesses reines contribuent à cette mémoire : les épitaphes de Mathilde de Flandre, Mathilde d’Écosse et Mathilde l’Emperesse portent le nom et les dates des défuntes, rappellent leur haut lignage et louent leur piété et leur grande vertu, mais ne font aucune mention de leur rôle politique.
Ainsi, ces quatre Mathilde, femmes actives tant sur le plan politique que religieux, choisirent chacune pour dernière demeure un monastère qu’elles affectionnaient particulièrement et correspondant au patronage religieux qu’elles menèrent durant leur vie. Il n’existe pas de continuité dans ces patronages, il semble que chaque princesse possédait ses propres préférences envers un ordre ou un établissement. Ainsi Mathilde d’Écosse ne fut pas attirée par la Trinité de Caen fondée par sa belle-mère et ne lui consacra pas de donation, toutefois la dédicace d’Aldgate à la Sainte-Trinité pourrait être un hommage à Mathilde de Flandre et sa fondation. De même, sa fille Mathilde l’Emperesse ne montra pas de ferveur particulière pour Aldgate, mais son intérêt pour Notre-Dame du Pré, fondée par Guillaume et Mathilde en 1063, pourrait se situer dans la continuité du patronage de cette dernière. Cependant quatre femmes constituent un échantillon insuffisant pour en tirer des conclusions sur les pratiques funéraires de la dynastie anglo-normande. Jacques LE MAHO (Centre Michel de Boüard – CRAHAM) : Les sépultures de Richard 1er, duc de Normandie (942-996), et de son fils Robert à Fécamp. La sépulture de Richard Ier :
Petit-fils de Rollon, Richard Ier mourut à Fécamp, sa ville natale, le 21 novembre 996. La fin de ce duc, ses funérailles et son inhumation auprès de la collégiale de la Sainte-Trinité, qu’il avait fondée six ans plus tôt, sont longuement évoquées par Dudon de Saint-Quentin, historien officiel de la dynastie, dans le dernier chapitre du livre IV de ses gesta des ducs de Normandie. Dudon précise que le corps du duc fut placé dans un sarcophage de marbre, que cette cuve avait été réalisée à la demande même de Richard Ier et qu’elle avait été exposée dans la collégiale longtemps avant sa mort ; chaque vendredi, le duc la faisait remplir à ras bord de blé pour nourrir les pauvres. Dudon ajoute qu’il fut procédé à une visite de la tombe au lendemain de la cérémonie des funérailles et que les personnes présentes constatèrent une forte odeur de « térébenthine et de baume », permettant de supposer que le corps a subi un embaumement. Le biographe du duc affirme que Richard fut inhumé à l’extérieur de l’église, sous la gouttière, et que par la suite, on construisit sur cette tombe une chapelle dédiée à saint Thomas apôtre. S’il n’y a pas lieu de s’étonner que Richard, né à Fécamp et fondateur de la collégiale, ait choisi d’être inhumé en ce lieu, il convient cependant d’observer qu’il s’agissait d’une nouveauté pour la jeune dynastie normande, ses prédécesseurs Rollon († v. 932) et Guillaume Longue-Épée († 942) ayant tous deux, à l’imitation des rois anglo-saxons et des rois danois d’York, reçu leur sépulture dans une cathédrale, en l’occurrence Notre-Dame de Rouen. Par son choix de Fécamp, Richard Ier était le premier à renouer avec l’usage carolingien de l’inhumation princière dans une collégiale ou dans une abbatiale dynastique.
La construction d’une chapelle au-dessus de la tombe princière est un fait très exceptionnel. Lucien Musset pensait y voir la trace d’une influence italienne et, plus particulièrement, d’une volonté d’imitation des mausolées des rois lombards à Pavie. Le choix du vocable de saint Thomas apôtre n’est pas moins singulier, cette dédicace étant très peu répandue en Normandie et ne se rattachant, autant qu’on sache, à aucune tradition spécifiquement fécampoise. Cette seconde question est facilement résolue si l’on observe que la fête de saint Thomas apôtre se situe le 21 décembre, ce qui correspond à un mois, jour pour jour, après la mort de Richard Ier. On peut dès lors supposer que, selon la coutume de la « trentaine » en usage pour certaines messes des morts, les funérailles durèrent trente jours et que la chapelle fut fondée à l’issue de ce cycle liturgique, au cours de la cérémonie finale. Cette interprétation semble corroborée par un texte fécampois de la fin du XIe siècle signalant que les funérailles de Richard Ier s’étendirent sur une période particulièrement longue. Elle expliquerait également pourquoi, comme le laisse entendre Dudon de Saint-Quentin lorsqu’il évoque la présence d’une forte odeur de térébenthine et de baume lors de la réouverture du sarcophage, le corps fut embaumé. Si donc la chapelle Saint-Thomas fut fondée dès 996, il faudrait renoncer à y voir un mausolée de tradition italienne, une telle hypothèse n’étant envisageable que pour une fondation postérieure à l’arrivée à Fécamp en 1001 de Guillaume de Volpiano.
La chapelle Saint-Thomas ayant très tôt disparu et la tradition fécampoise restant assez floue à ce sujet, on s’interroge encore aujourd’hui sur la situation exacte de cet oratoire par rapport à l’église de la Sainte-Trinité. Selon les érudits mauristes des XVIIe et XVIIIe siècles, l’emplacement de la sépulture ducale correspondrait à la chapelle dite du « Précieux-Sang », dans le bras sud du transept de l’abbatiale. C’est de cette chapelle que les restes de Richard Ier et de son fils Richard II auraient été exhumés pour être transférés dans le chœur lors de la translation de 1162. Cependant une autre hypothèse est suggérée par divers documents attestant l’existence d’une chapelle Saint-Thomas contre le pignon ouest de l’église paroissiale Saint-Fromond, située dans les anciens fossés du château, à 150 m au nord-ouest de l’abbatiale. On sait en effet que cette église Saint-Fromond fut fondée en remplacement de la nef de l’abbatiale détruite par un incendie en 1168. Si, comme tout porte à le croire, la nouvelle chapelle Saint-Thomas fut construite elle aussi en remplacement de l’ancienne, on peut penser que sa situation contre la façade ouest de Saint-Fromond reproduisait la disposition de l’édifice originel par rapport à la collégiale. Dans ce cas, l’emplacement de la première sépulture de Richard Ier ne se situerait pas au niveau du transept de l’église, mais au pied de la façade occidentale et plus précisément, tout comme la nouvelle chapelle Saint-Thomas par rapport à Saint-Fromond, au sud du portail.
La sépulture du prince Robert :
En 1711, au cours des travaux effectués dans une cour de l’abbaye de Fécamp, au nord-ouest de l’abbatiale, à l’emplacement d’une ancienne église Notre-Dame, appelée aussi la « Chapelle des Vierges », on découvrit une dalle tumulaire de marbre portant l’épitaphe d’un prince Robert, fils de Richard Ier, mort à Fécamp peu après son baptême. Au-dessous se trouvait un sarcophage encore en place, avec le corps d’un enfant. La dalle ne fut pas conservée mais il en fut réalisé un dessin qui a été, depuis lors, plusieurs fois reproduit. Nous connaissons ainsi le texte complet de l’épitaphe. Publiée pour la dernière fois en 2002 dans le Corpus des Inscriptions de la France médiévale, cette inscription en lettres capitales peut se traduire comme suit : « Sous cette dalle reposent les membres du jeune Robert, fils du comte Richard ; après qu’il eut été engendré de la fontaine sacrée, revêtu de ses vêtements blancs, il s’en alla vers le Seigneur, aux calendes de mars. Que son âme repose au nom du Christ. Amen ». Le médaillon central semble antérieur à la mise en place de l’épitaphe, installée tant bien que mal autour. Cette découverte soulève de multiples questions. Qui était la mère de ce prince Robert, inconnu de l’historiographie ? Quelles étaient les origines et la fonction de l’église Notre-Dame dans laquelle il fut inhumé ? La dalle elle-même – le plus ancien monument chrétien actuellement connu dans le duché – ayant vraisemblablement été réalisée hors de Normandie, par quelle voie cet objet a-t-il pu parvenir jusqu’à Fécamp ? On sait que Richard Ier eut deux fils du nom de Robert, l’un étant celui de la tombe retrouvée en 1711 qui mourut en bas-âge, l’autre étant fils de la duchesse Gonnor, qui devint archevêque de Rouen en 989 et mourut en 1037. Dans un acte des années 970-980 pour Saint-Ouen de Rouen, le futur archevêque est appelé Robert le Danois, référence probable à l’ascendance scandinave de sa mère. Il est logique de supposer que ce surnom lui avait été donné pour le distinguer d’un premier Robert, issue d’une union de Richard Ier avec une épouse française. En l’occurrence, il ne peut guère s’agir que d’Emma, fille d’Hugues le Grand, dont on sait qu’elle fut mariée à Richard Ier vers 960 et mourut en 968 sans laisser de descendance. C’est donc à ce prince Robert, mort en bas âge entre 960 et 968, qu’appartiendrait la sépulture de Fécamp.
La plus ancienne mention connue de l’église Notre-Dame est du XIe siècle. Sous l’appellation de « Chapelle des Vierges », elle fut considérée jusqu’à sa démolition au XVIIe siècle comme un vestige du monastère de femmes fondé au VIIe siècle sur ce même site de Fécamp. Compte tenu de la présence d’un grand nombre de sarcophages sous le sol de la chapelle – les plus anciens témoignages remontent au XIIIe siècle – on ne peut en effet exclure que cette chapelle ait été l’héritière d’un des sanctuaires du groupe ecclésial prénormand. Quoi qu’il en soit, l’identification d’une sépulture princière du Xe siècle dans l’enceinte de cette même église pose en termes nouveaux la question des antécédents de la collégiale de Richard Ier. S’il s’agit bien d’une sépulture des années 960, il en résulte que les débuts de la nécropole dynastique de Fécamp sont assez nettement antérieurs à la fondation de la collégiale, traditionnellement datée des environs de 990, et que l’église Notre-Dame avait précédé celle de la Sainte-Trinité dans le rôle de sanctuaire familial des ducs.
La dalle funéraire présente un décor comparable à celui d’œuvres datées du Xe siècle, comme la dalle à oculus du musée d’Évreux, mais le traitement très particulier du médaillon central avec son inscription trouve ses meilleurs parallèles avec des œuvres pyrénéennes. La similitude avec les motifs et les inscriptions d’une dalle de marbre de Montolieu (Aude) au diocèse de Narbonne, datée des environs de 960, est telle que l’hypothèse d’une œuvre exécutée dans un atelier méridional apparaît comme la plus vraisemblable. Cette dernière hypothèse entraîne à son tour une foule de questions qu’il n’y a pas lieu d’aborder ici. On notera seulement que le premier historien de la Normandie, chapelain de Guillaume Longue-Épée († 942) puis conseiller du duc Richard Ier et auteur vers 950 d’une Historia Normanniae aujourd’hui perdue, était vraisemblablement originaire du diocèse de Narbonne.


