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Rodrigues de Oliveira Manuel

lima14@orange.fr

Directeur de thèse : Françoise Ruzé - Codirecteur : Pierre Sineux

Titre de la thèse : Le Péloponnèse et Sparte : essai sur les relations entre Sparte et les cités et les peuples du Péloponnèse (550-192 avant J.-C.)

Descriptif et problématique :

Il s’agit, dans cette thèse, de rendre compte des relations entre Sparte et les peuples et cités du Péloponnèse entre 550 et 192 av. J.-C. Cette étude du Péloponnèse, des peuples et cités qui le composent et ses relations à Sparte couvre, d’une part l’histoire de la Ligue du Péloponnèse entre les années 550 et 362 av J.-C. (de sa constitution jusqu’à sa disparition après la seconde bataille de Mantinée) et d’autre part l’histoire du Péloponnèse qui fut le théâtre de tentatives de reconstitution de la Ligue ou tout du moins d’une alliance à l’échelle de la Péninsule ainsi que de vives oppositions à sa restauration après 362 et ce jusqu’en 192 av. J.-C. (année de la mort de Nabis).

Nombre de travaux plus ou moins anciens, se sont tournés déjà vers les origines de la Ligue du Péloponnèse, son fonctionnement et sa disparition comme outil de domination du Péloponnèse par Sparte. En revanche, peu ou pas de travaux ont été consacrés aux relations établies entre Sparte et ses alliés entre 550 et 362 encore moins après la perte de l’hégémonie par Sparte en 362. Il ne s’agit donc pas ici de proposer de faire une histoire de Sparte et de son hégémonie, mais bien de considérer le Péloponnèse dans sa globalité et d’étudier les relations d’alliance et de défiance des différents peuples qui le composent avec Sparte hégémon de la Ligue entre 550 et 362 puis candidate à une nouvelle forme de domination sur la péninsule après cette date et ce jusqu’en 192 av. J.-C. Il s’agit donc d’une histoire de la Ligue (de sa nature, de son fonctionnement, des différentes crises qui l’affectent) et de l’après Ligue dans le Péloponnèse du point de vue des Péloponnésiens et non de Sparte.

Il est vrai que Sparte, en raison d’une documentation plus abondante sur elle et de par son rôle d’hégémon de cette Ligue, apparaît souvent au premier plan. Mais cette place qu’occupe Sparte, ne doit pas nous faire oublier qu’elle intervient dans notre propos uniquement comme candidate à l’hégémonie ou comme hégémon de ces peuples du Péloponnèse qui recherchent ou rejettent son alliance. Cette perspective permet de redonner toute sa valeur aux alliés, à leurs motivations et mobiles politiques, militaires, sociaux, économiques et diplomatiques qui conditionnent leurs relations à Sparte entre 550 et 192 av J.-C. au sein ou en dehors de la Ligue du Péloponnèse.

Ces différents travaux nous permettront peut-être de savoir si Sparte aurait la place qu’on lui accorde dans l’histoire du monde grec sans l’existence des alliés de cette Ligue du Péloponnèse ; de savoir si les alliés ont pu être à la fois les outils mêmes de la puissance de Sparte mais peut-être aussi du déclin de celle-ci. Ainsi, l’existence de cette Ligue et la tentation de recréer une alliance après 362, n’ont-elles pas remis en cause, retardé, ou rendu caduques certaines réformes nécessaires à Sparte comme le partage des terres, la lutte contre l’oliganthropie et le problème des dettes ? De même, cette ligue ou les différentes tentatives de contrôle du Péloponnèse par Sparte, n’ont-elles pas favorisé ou bien gêné l’évolution propre des cités, des territoires, des régimes politiques, les relations entre les peuples et l’économie du Péloponnèse.

L’intérêt de ce sujet est donc multiple car il permet de tenter de rendre compte de l’évolution des cités du Péloponnèse un peu délaissées ou assez mal connues dans le domaine de leur politique étrangère liée à Sparte. Bref, de redonner toute sa dynamique à ce Péloponnèse qui n’était pas qu’attentiste et réductible à la seule Sparte. La nature, le fonctionnement, la diplomatie et les crises qui agitent la Ligue nous permettront d’aborder et peut-être de percer les motivations qui agitent, fracturent ou cimentent ce Péloponnèse. Enfin, reconsidérer l’histoire de la période depuis la fin de l’époque archaïque jusqu’au milieu de l’époque hellénistique, sera notre contribution à ce mouvement déjà initié depuis quelques années et qui s’est attaché à reconsidérer l’histoire des relations internationales au sein du monde grec vu sous un angle autre que celui d’Athènes ou de l’opposition trop franche entre Athènes et Sparte, en redonnant à tous ces peuples jugés comme secondaires, leur place de moteur de l’histoire.