23e réunion du groupe du travail Inhumations en contexte religieux
Vendredi 27 avril 2007 à 9 h 30 au CRAHM, salle de réunion de l’UFR d’histoire (SB 145, 1er étage).
La première partie sera consacrée au fonctionnement du groupe de travail :
- Actualités archéologiques,
- Bilan de la table ronde des 23-24 mars « Inhumations de prestige ou prestige de l’inhumation ? Expressions du pouvoir dans l’au-delà »,
- Établissement du calendrier des prochaines séances de travail et propositions d’intervention.
La suite de la matinée sera consacrée à l’intervention de
Rozenn COLLETER (INRAP Bretagne) : Étude anthropologique d’un échantillon d’une population carolingienne à Bréal-sous-Vitré (Ille-et-Vilaine) : tentative de rapprochement avec d’autres groupes de l’Europe du Nord-Ouest.
La partie de cimetière exhumée (250 m²) lors d’une fouille préventive à Bréal-sous-Vitré regroupe 159 sépultures. Elle se caractérise par deux phases d’inhumations distinctes et bien sériées d’un point de vue stratigraphique et chronologique. La première période d’occupation s’échelonne de la transition VIe - VIIe siècles à la fin du XIe siècle, et se matérialise par l’édification d’un bâtiment à vocation funéraire, de type chapelle, dans lequel la majorité des défunts ont été retrouvés. Les cadavres sont alors inhumés dans des sarcophages en plaques de schistes juxtaposées, sans aucun attribut vestimentaire, contrastant ainsi avec les grands ensembles mérovingiens du nord de la Gaule. La deuxième phase d’inhumation couvre la période du XIVe au XVIIe siècle, soit l’extrême fin du Moyen Âge et le début de l’époque Moderne. Elle correspond à l’extension maximale d’un nouveau cimetière centré sur l’église actuelle, bâtie au XIe siècle. Les tombes ont alors une orientation différente, axée sur le monument cultuel. Ce sont des inhumations en cercueil, sans mobilier funéraire.
La caractérisation anthropologique de l’échantillon de Bréal-sous-Vitré vise à appréhender l’origine de ce groupe et en déduire les éventuels mouvements de population de la fin du haut Moyen Âge en Armorique. Avons-nous affaire à un peuplement massif ou à l’arrivée d’une élite restreinte ? Les résultats obtenus par l’approche anthropométrique et la caractérisation morphologique mettent ainsi en évidence la spécificité de cet ensemble. Dans un second temps, la comparaison de l’échantillon avec des sites synchrones a permis des rapprochements phylogénétiques. Les sites de Notre-Dame de Cherbourg (Manche), de Saint-Urnel en Plomeur (Finistère) et de Cannington (Somerset, Angleterre) ont été retenus. Afin d’apprécier les distances inter-populationnelles, un site de référence a été choisi à l’extérieur de la zone géographique et culturelle étudiée. Il s’agit du cimetière de La Gravette (Gers). Ces populations archéologiques, déjà étudiées d’un point de vue anthropologique, ont été choisies parce qu’elles présentent des recrutements similaires.
Les caractères sexuels discriminent le plus les échantillons, mais les caractères phénotypiques (ostéométriques et ostéoscopiques) de Bréal-sous-Vitré se démarquent toutefois davantage des autres populations étudiées. C’est au travers d’analyses statistiques multivariées que la spécificité populationnelle de Bréal-sous-Vitré a ainsi pu être établie, se distinguant alors des sites de comparaison.
Tous les membres du CRAHM et tous les chercheurs concernés par ce thème sont cordialement invités à se joindre à nous.


