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Cinquième rencontre thématique-groupe de travail du thème V (Ressources, productions, constructions, échanges)

Vendredi 16 mars 2007

CRAHM, salle de réunion de l’UFR d’histoire, SB 145 (bâtiment sciences B), Université de Caen, Campus 1, de 9 h 30 à 12 h 00.

Ordre du jour :

En dehors des actualités qui concernent tout le thème, cette rencontre, animée par Jacqueline Pilet-Lemière, sera consacrée à La production et la circulation monétaire. Trois interventions sont programmées :

Pierre-Marie GUIHARD, Le rôle de la monnaie chez les peuples de la basse vallée de la Seine entre le IIIe et le Ier s. av. J.-C. : du moyen de paiement à sa fonction dans l’échange de biens.

Résumé de la communication

La monnaie apparaît en Normandie à l’aube du IIIe s. av. J.-C. C’est le début du monnayage que l’on qualifie de « gaulois ». Selon la théorie économique classique - que l’on peut faire remonter selon les goûts à Adam Smith ou même à Aristote - la monnaie aurait été inventée pour remédier au troc et faciliter, de fait, les échanges au jour le jour entre les petits producteurs. Elle serait un intermédiaire privilégié des échanges. Rien de plus normal que l’histoire du monnayage gaulois en Normandie, entre le IIIe et la fin du Ier s. av. J.-C., en soit ainsi. Toutefois, les faits numismatiques confrontés aux données textuelles (auteurs antiques) et archéologiques nuanceraient ce schéma essentialiste pour mettre l’accent sur une évolution des usages monétaires, notamment en fonction du contexte économique et social du moment. La monnaie n’a pas eu, en Normandie, dès son apparition, uniquement le sens et la même fonction qu’on lui connaîtra par la suite. Pendant deux siècles, elle ne semble pas servir aux échanges quotidiens. Les faits numismatiques le montrent : unité monétaire trop élevée, circulation limitée des séries… Au contraire, troc et octroi de crédit réciproque entre les personnes semblent encore orienter les usages. La monnaie sera utilisée pour quelques calculs monétaires (paiements exceptionnels non compensables…). Elle tirera profit de l’attraction et de l’unité universelle que représente son métal : l’or. Enfin, elle ne pénétrera que tardivement l’usage quotidien à la suite des bouleversements économiques générés par la conquête romaine de la Gaule. C’est toute la structure du monnayage qui changera : variété des frappes, des modules, des poids et des métaux.

Gildas SALÄUN, Les conséquences de la politique lancastrienne sur la monnaie bretonne.

Résumé de la communication

Les troupes d’Henry V entreprennent la conquête de la Normandie après leur débarquement à Harfleur en septembre 1415. Dans les semaines suivant la prise de Caen le 4 septembre 1417, puis de Rouen le 19 janvier 1419, Henry fait frapper des imitations de monnaies françaises à son nom. Elias explique même « immediately after the capture of Caen, Henry established a mint there to strike the coins that were at that moment current in royal France ». Lors de la prise d’une cité, il est important de contrôler rapidement sa production monétaire. Ceci est d’autant plus vrai dans un contexte de guerre car les revenus tirés du droit de frappe monétaire permettent de payer les soldats, leur équipement etc. Or, pour obtenir ces revenus, il faut que les ateliers fonctionnent et pour cela, il est impératif de prévoir un approvisionnement régulier en métaux précieux, en argent avant tout. Les ressources naturelles étant quasi nulles, c’est la refonte des pièces anciennes ou étrangères qui permet aux ateliers de fonctionner. C’est pour cela qu’Henry V met en place une véritable stratégie d’importation des monnaies de bon aloi produites par ses voisins, Bretons en particulier. En période d’inflation, « la mauvaise monnaie chasse la bonne », nous dit la loi de Gresham. Ce phénomène « mécanique » est accentué en Bretagne par la politique monétaire lancastrienne (les bonnes monnaies bretonnes quittent le duché pour la Normandie). Aussi est-il intéressant de se poser les questions suivantes :

  • quelle est la réaction bretonne face à cette concurrence normande en matière monétaire ?
  • quelles sont les conséquences sur la monnaie en Bretagne et sur l’économie bretonne en général ?
  • la concurrence normande n’a-t-elle pas accentué l’inflation bretonne ? Les économies régionales sont liées, c’est ici une occasion supplémentaire de le vérifier.

Jérôme JAMBU, Le monnayage médiéval et moderne royal en Basse-Normandie.

Résumé de la communication

Les monnaies royales du Moyen Age et de l’époque moderne ont très largement été étudiées et, de la guerre de Cent Ans à la Révolution, nous connaissons à leur sujet beaucoup de choses (dates de création, caractéristiques, empreintes, cours, décri, etc.). Rares sont celles qui n’ont pas été retrouvées (monnayage d’or d’Henri V et d’Henri VI) ou, au contraire, qui demeurent non identifiables (monnaies noires de Jean II le Bon). Cependant, la fabrication de monnaie nationale dans des ateliers régionaux offre aux numismates de nombreux sujets d’étude : qualité des monnaies frappées, types particuliers dus à des gravures différenciées, marques distinctives utilisées par les maîtres et ateliers, etc.

Les monnaies de Saint-Lô (Bailhache 1924-26, Garnier, 1999), ont été plus étudiées que celles de Caen ou celles du Mont-Saint-Michel. Les excellentes contributions d’amateurs éclairés n’ont cependant pas été confrontées à des méthodes scientifiques. La consultation d’archives nationales et locales nous enseigne bien plus d’éléments que la seule numismatique a pu en relever. La confrontation des données archéologiques et de papier écrit un grand pan de leur histoire. Grâce à l’étude des marques, on peut arriver à une datation plus précise des monnaies avant l’insertion du millésime dans la légende ; grâce aux pièces de procès de la Cour des monnaies et à des études à l’accélérateur de particules, on peut conclure sur la qualité des monnaies.

L’étude du monnayage médiéval et moderne royal bas normand n’est donc pas terminée et fait actuellement l’objet de la rédaction d’une thèse.