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Rencontre thématique du 19/01/07

Compte rendu de la rencontre thématique – groupe de travail (thème V), du 19 janvier 2007

Présents : AVOINE J., BERNOUIS P., BOCQUET-LIENARD A., BROINE E, DUJARDIN L., FAJAL B., FOUCHER J.-P., FOUCHER-LEFEBVRE E., FRONTEAU G., HAMONOU Y., HEBERT T.-M., MANSON A.-L., NIEL C., PILET C., PILET-LEMIERE J., SAVARY X., SAVATON P.

Excusés : ALDUC-LE BAGOUSSE A., BAUDUIN P., CARPENTIER V., CARRE G., HANUSSE Cl., HUSI P., JEANNE L., KRAEMER C., LESPEZ L., LORREN C., MOULIN M.-A., THIRON D.

I. Actualités

I.1. ANNONCE DE COLLOQUES – SEMINAIRES – EXPOSITIONS

  • C. Niel annonce la table ronde du Groupe de travail « Inhumations en contexte religieux » les 23 et 24 mars 2007. Le thème est « Inhumation de prestige ou prestige de l’inhumation ? Les expressions du pouvoir dans l’au-delà ». Le programme est en ligne. http://www.unicaen.fr/ufr/histoire/crahm/spip.php?article295
  • Rappel des programmes des prochaines rencontres thématiques du thème V : La réunion du 16 mars 2007, animée par J. Pilet-Lemière, sera consacrée à La production et la circulation monétaire. Trois interventions sont programmées :

Pierre-Marie GUIHARD, Le rôle de la monnaie chez les peuples de la basse vallée de la Seine entre le IIIe et le Ier s. av. J.-C. : du moyen de paiement à sa fonction dans l’échange de biens.

Gildas SALÄUN, Les conséquences de la politique lancastrienne sur la monnaie bretonne.

Jérôme JAMBU, Le monnayage médiéval et moderne royal en Normandie.

Le programme définitif sera envoyé prochainement.

La rencontre thématique sur le bois et la charpenterie qui devait avoir lieu le 15 décembre 2006 est reportée au 30 mars 2007. Les interventions sont celles qui étaient initialement prévues (+ une courte intervention de Marie-Anne Moulin).

Frédéric Epaud : Charpentes romane et gothique.

Jacques Le Maho : Le fanum de l’abbaye Saint-Georges à Saint-Martin-de-Boscherville (Seine-Maritime) et le problème de la restitution des temples celto-romains en bois.

Marie-Anne Moulin, L’exploitation du bois d’œuvre en forêt de Gouffern au XVe siècle : quelques données textuelles.

Débat engagé par Claire Hanusse, à travers l’exemple du site d’habitat médiéval des Fosses Saint-Ursin (Courseulles-Mer, Calvados), La relation mur/charpente : comment fonder une restitution ?

La rencontre thématique du 25 mai 2007 sera consacrée aux Matériaux et aux pratiques de la construction. G. Carré évoquera le château de Caen et L. Dujardin les carrières souterraines découvertes récemment sur le site du château.

  • Laurent Dujardin annonce le Premier Congrès Francophone d’Histoire de la Construction. (À tous ceux que l’histoire de la construction intéresse et qui en font progresser le savoir). Il aura lieu en juin 2008 à Paris et le détail a déjà été transmis dans le courrier précédent. Les quatre axes non limitatifs sont :

1/- L’histoire des sciences et des techniques

2/- L’histoire sociale, économique et juridique

3/- L’histoire patrimoniale

4/- La construction et/dans son environnement

les organisateurs :

Sofia Foughali, ou Centre d’Histoire des Techniques et de l’Environnement/CNAM 5, rue Vertbois, 75003 Paris 01 53 01 80 25 foughali@cnam.fr

Joëlle Trouvé, Département de la recherche ENSA Paris-Malaquais 14, rue Bonaparte, 75272 Paris Cedex 06 01 55 04 56 62

joelle.trouve@paris-malaquais.archi.fr

  • Anne Bocquet-Liénard annonce la Journée d’étude organisée à Valenciennes (Hôtel de Ville) le 2 févier 2007 :

Typologie – fabriques- chronologies. Les productions potières médiévales et postmédiévales en Hainaut et Flandre organisée par le Service Archéologique de Valenciennes (P. Korpiun).

Programme :

  • Etat des lieux de la production de céramique médiévale à Valenciennes (Patrice Korpiun).
  • Evolution chrono-typologique des pâtes douaisiennes et leur diffusion (Jean-Michel Willot).
  • Le corpus céramique douaisien du XIe au XVe siècle (Eric Compagnon).
  • Un atelier de potier du XIe siècle à Bruay-la-Bruissière (Raphaël Pouriel, Nathalie Gilles et Lucille Alonso).
  • Céramiques médiévales en Flandre orientale, Belgique (Koen De Groote).
  • La céramique médiévale et post-médiévale de la région de Tournai – Caractérisation d’une production régionale et identification de quelques produits d’importation (Sophie Challe).
  • Ensemble céramique découvert sur le site des Symphoriales à Lille (seconde moitié du XIIIe siècle) (Laurent Gubellini).
  • Vases estampillés de la première moitié du XVIe siècle à Lille (Bernard Castelain).
  • Exposition 12/01/2007 au 15/02/2007 : Valenciennes XIe-XXIe s. – Un millénaire de vie urbaine

UN MILLENAIRE DE VIE URBAINE Exposition du 12 janvier au 15 février - Hall de l’hôtel de ville. L’exposition, organisée dans le cadre des manifestations de Valenciennes 2007, capitale culturelle régionale, fait donc le point sur les découvertes majeures et concerne toutes les périodes représentées, du XIe siècle à nos jours. Elle montre également le rôle de l’archéologie urbaine en présentant les différentes techniques de fouilles utilisées lors des grands chantiers urbains.

  • Colloque les 8 et 9 mars 2007 à Bourg-la-Reine : Les céramiques de l’Antiquité tardive en Île-de-France et dans le Bassin parisien.

Colloque organisé par l’ACR : Organisation et occupation du territoire dans le nord de la Gaule lyonnaise et l’UMR ArScAn (Archéologie de la Gaule).

Programme du colloque, en ligne :

http://www.inrap.fr/fichier_pdf/ann…

I.2. PUBLICATIONS – OUVRAGES

  • Publication électronique : Saint-Denis, une ville au Moyen Âge :

http://www.saint-denis.culture.fr

  • Production alimentaire et lieux de consommation dans les établissements religieux au Moyen Âge et à l’époque moderne. Actes du colloque de Lille, 16/17/18 oct. 2003. Histoire médiévale et archéologie, t. 1, vol. 19, 2006, Clavel. B. (textes recueillis par). 325 p. 23 €.
  • Du Rhône aux Pyrénées : Aspects de la vie matérielle en Gaule narbonnaise fin du 1er av. – 6e après JC, sous la dir. de Stéphane Mauné et Martine Genin (INRAP). Editions Monique Mergoil, 2006, 372 p. 57 €.
  • Bilan de trente ans d’archéologie médiévale en France

Le congrès de la Société d’archéologie médiévale consacré au bilan de trente ans d’archéologie médiévale en France s’est tenu les 16-18 juin 2006 à Vincennes. Trois publications, distribuées gratuitement à toutes les personnes inscrites au congrès, ont été réalisées à cette occasion. Elles peuvent être acquises par tous ceux, membres ou non de la SAM, qui sont intéressés.

- Dossiers Archéologie et sciences des origines. Le n° 314 (juin 2006) des éditions Faton rassemble 26 articles qui constituent les pré-actes du congrès de la SAM. Ils forment une synthèse de 118 pages et 170 illustrations actuellement sans équivalent sur l’archéologie médiévale en France. La revue pourra être acquise auprès de www.dossiers-archeologie.com

  • A) Annuaire des archéologues médiévistes professionnels ou rattachés à une formation de recherche et étudiant la France pendant les années 2002-2005. Par Jean Chapelot avec la collaboration d’Anne-Sophie Rieth. Société d’archéologie médiévale, XX, Caen, juin 2006, 248 p., ill. Prix : 15,62 €, port inclus. Cet ouvrage présente 523 personnes, professionnels ou étudiants en cours de thèse.
  • B) L’archéologie médiévale en France. Histoire de l’enseignement dans les Universités et les Grands établissements. État des thèses inscrites et soutenues de 1980 à 2005, par Jean Chapelot avec la collaboration d’Anne-Sophie Rieth. Caen, Société d’archéologie médiévale, XIX, juin 2006, 72 p. Prix : 8,76 €, port inclus. Prix de vente des deux ouvrages (A + B) : 22,83 €, port inclus. Ces deux ouvrages constituent, avec l’introduction de synthèse qui ouvre chacun d’eux, un tableau fouillé de la discipline. Les commandes doivent être adressées, avec un chèque établi au nom de la Société d’archéologie médiévale, à Madame Monique Zannettacci-Stephanopoli, trésorière de la SAM, service archéologique de la ville de Vienne, Centre archéologique, 11 rue du 24-avril-1915, 38200 Vienne.
  • De la cuisine à la gastronomie. Histoire de la table française par Patrick Rambourg, éd. Louis Audibert, Paris, 2005, 286 p., ill. en noir et en coul. Broché : 29 €. ISBN 2 84749 059 0. Une histoire de l’art culinaire, de la fin du Moyen Âge aux années 1980, au travers des premiers recueils de cuisine, de l’organisation de l’espace dans lequel on fait cuire les aliments et les repas, des ustensiles utilisés, de l’évolution des goûts et de la préparation des mets, des usages de la table, à la ville comme à la campagne. L’archéologie nous fournit des témoignages sur ces pratiques, notamment sur la mise en place des aires culinaires : foyers « ouverts » du XIVe s. du village déserté de Dracy, en Bourgogne ; foyers installés à côté d’une grande demeure du castrum de Rougiers, village provençal abandonné vers 1420-1430.

Philippe Bernouis fait part de la publication récente de l’ouvrage (en collaboration avec DUFOURNIER, Daniel & LECHERBONNIER, Yannick), Céramique architecturale en Basse-Normandie. La production de briques et de tuiles, XIXe-XXe siècles, éd. Cahiers du Temps, Cabourg, 2006, 144 p.

L’ouvrage est divisé en trois parties. La première concerne l’histoire régionale de la brique et de la tuile, la seconde est consacrée à l’historique des lieux de production bas-normands du XIXe s. avec de petites monographies des établissements. Dans la troisième partie sont développés les différents processus techniques de fabrication de la tuile et de la brique avec l’expression des particularismes bas-normands. L’ouvrage contient également des fiches techniques de recensement et un DVD reprenant l’inventaire de 482 sites. Cette étude est le résultat d’un travail de recensement initié et mené depuis 20 ans par l’association Histoire et Patrimoine Industriels en Basse-Normandie (HPI).

ERLANDE-BRANDENBOURG, Alain (coord.), "L’architecture religieuse médiévale. Art roman et art gothique, une nouvelle vision", Dossiers d’archéologie, n° 319, janv.-févr. 2007, 120 p.

Cette nouvelle vision passe bien par un peu d’archéologie mais les aspects techniques, comme la nature et l’origine des pierres, la charpente ou la métrologie restent dans l’ombre. Il faut signaler deux vues de Saint-Rémi de Reims pour illustrer l’exposé et pour montrer le calcaire lutétien en œuvre ; il y a également la remarquable pierre tombale de l’architecte de Saint-Nicaise de Reims, Hugues de Libergier (1229-1263). La pierre de Caen est aussi présente dans plusieurs illustrations.

I.3. DEPOUILLEMENT BIBLIOGRAPHIQUE

Les coordonnateurs du thème V ont constitué une liste des périodiques (environ 80) dont ils assurent désormais le dépouillement (celui des années 2005-2006 est entrepris). Cette liste et la bibliographie correspondante seront communiquées ultérieurement.

I.4. MATERIAUX.

Dans le cadre du projet collectif sur les matériaux de couverture du thème V (cf. quadriennal 2008-2011), une réflexion sur l’ardoise en Normandie (production, diffusion) sera prochainement engagée. Le travail de repérage de la pierre de Sainteny en œuvre continue (David-Nicolas Méry, Julien Deshayes, Laurent Dujardin).

II. Communication

Gilles Fronteau (ci-après G. F.), Maître de conférence (GEGENA - EA 3795, Université de Reims Champagne-Ardenne) a présenté « La pierre à bâtir à Reims, caractérisation et différences dans les usages à l’époque antique et médiévale ».

G. F. présente brièvement son équipe, GEGENA, Groupe d’Etude des Géomatériaux et des Environnements Naturels et Anthropiques qui a été créé en 2002. L’équipe travaille sur toutes les ressources utiles du sous-sol, l’évolution des milieux, des paysages, la pollution de l’eau. Pour les quatre prochaines années, la thématique archéologique va être ajoutée. G. F. travaille en collaboration avec Alain Devos, Olivier Lejeune & Christelle Sosson (Géographes membres du GEGENA), Phillipe Rollet, Agnes Balmelle et Stéphane Sindonino (INRAP, Reims) et Bruno Decrocq (Equipe inventaire patrimoine, Reims) sur les sujets à caractères archéologique et historique.

L’intervention de G. F. est subdivisée en 3 parties :

1) Présentation de la géologie de la Champagne-Ardenne, et des différents matériaux géologiques exploitables par l’homme.

2) Exemple d’études : le bâti gallo-romain à Reims.

3) Le bâti médiéval et évolution de l’emploi des matériaux au cours du temps.

Reims est une ville moyenne située sur la craie à l’extrémité est de la cuesta de l’île de France. Ce sous-sol crayeux, a été exploité de façon très ancienne comme en témoigne les carrières souterraines du quartier Saint-Rémy. Mais la craie n’est pas un matériau permettant de construire en grand appareil et pour la construction monumentale, il lui a toujours été préféré d’autres pierres, issues de sites un peu plus lointains.

G. F. nous présente plusieurs coupes géologiques nous permettant de comprendre simplement le contexte géologique régional et les différents bancs (séries sédimentaires) qui ont pu être exploités pour le bâti antique et médiéval.

Les principales pierres de taille utilisées à Reims proviennent de la formation du calcaire du Lutétien (Tertiaire), présent dans le centre du bassin parisien (St-Maximim, Noyant, St-Pierre-l’Aigle, St-Leu, St-Vaast, Paris, Laon, Noyon, etc.), présentant parfois 10 à 20 mètres de pierre utilisables pour la construction. En revanche, dans les environs de Reims, les premiers affleurements de cette couche géologique se trouvent sur le sommet des plateaux à 10-15 km à l’ouest de Reims ; les anciens sites d’extraction de calcaire lutétien s’y avèrent nombreux, mais sur une faible épaisseur (1m environ – Pierre de Courville ou d’Hermonville).

L’étude in situ des affleurements et des carrières à ciel ouvert ou souterraines encore accessibles permet de mieux comprendre l’importante palette des faciès existants dans ces niveaux, les méthodes d’extraction et les épaisseurs des bancs exploitables. Cependant, il reste peu d’affleurement et d’endroits d’observations privilégiés comme a pu nous l’illustrer G. F. La dernière carrière exploitée (Courville) a fermé ses portes en 2005, de nombreuses carrières ont été détruites ou comblées après la 1re Guerre Mondiale et de nombreux bâtiments anciens ont également été détruits. G. F. nous présente les variations latérales et verticales du calcaire lutétien grâce aux observations macroscopiques (couleur, fossiles, aspect, etc.) et pétrographiques. La pierre sera utilisée différemment suivant ses propriétés physiques et ses compétences (par exemple : le Liais de Courville était le banc le plus réputé et n’avait pas le même emploi que les bancs de calcaires à cérithes). La porosité est également très variable, de 15 à 45 %. Connaissant mieux les affleurements et les différentes séries sédimentaires régionales, deux études ont été réalisées sur des échantillons appartenant à deux puits à eau (500 blocs) situés dans un vaste ensemble cultuel gallo-romain, découvert lors des fouilles de la rue Belin à Reims (1999, responsable d’opération P. Rollet, INRAP) et l’observation des pierres de la cathédrale Notre Dame de Reims. Les parements des deux puits ont été construits à partir de blocs de pierre de remploi, des stèles funéraires ou des éléments architecturaux. Plus de 10 types de calcaires ont été identifiés, mais tous appartiennent à la formation du calcaire Lutétien. Les matériaux utilisés pour l’architecture sont variés (calcaires tendres ou durs) ; cependant, le faciès utilisé est différent suivant la destination des blocs. Ainsi, les colonnes sont taillées dans un calcaire tendre et poreux et les marches ou les dalles sont façonnées dans un calcaire compact. De plus, G.F. a constaté que les stèles funéraires étaient essentiellement sculptées dans des pierres tendres issues de la partie centrale de la série sédimentaire du Lutétien.

À l’époque gallo-romaine (II-IIe s.), les différents bancs géologiques ou faciès sont utilisés à des positions architecturales précises et en fonction de leurs propriétés pétrophysiques. La connaissance des affleurements a permis de proposer des hypothèses d’origine d’extraction pour les différentes pierres utilisées. 95 % des blocs étudiés sont en calcaire du Lutétien et proviennent d’une distance minimum de 30 à 40 km (les autres sont un calcaire lacustre d’origine incertaine). En effet, la dimension des blocs et les faciès identifiés ne correspondent pas avec les pierres disponibles localement. La seconde étude concerne les matériaux utilisés pour la cathédrale Notre-Dame de Reims (XIIIe s.). L’étude est limitée par les difficultés de prélèvements d’échantillons sur un monument historique. Cependant, à partir des observations macroscopiques, il semble qu’un des calcaires les plus utilisés est un calcaire fin, crème, qui présente parfois une veine bleue caractéristique du Liais de Courville (25 Km de Reims). En soubassement, les bâtisseurs de la cathédrale ont utilisé un calcaire dur à cérithes du Lutétien supérieur, proche de celui utilisé par les carriers romains pour les dalles. Les faciès utilisés à la période médiévale et à la période gallo-romaine sont différents, exceptés pour les soubassements. Les pierres utilisées pour la cathédrale de Reims proviennent d’affleurements situés dans les environs de Reims (rayon de 15-20 Km).

Il semblerait que l’approvisionnement des chantiers rémois en pierre se fait essentiellement par route en raison de la quasi-absence de voies navigables. On constate que la connaissance de la pierre chez les constructeurs est particulièrement bonne et les circuits d’approvisionnement semblent bien établis. Les bancs sont utilisés de façon raisonnée, les propriétés d’emploi ou de remploi des faciès connus.

G.F. va développer de nouvelles études sur les sources d’approvisionnement de la pierre à Reims, afin de conforter ces premières conclusions, en améliorant la caractérisation des matériaux locaux et des pierres importées des Ardennes ou de la Meuse. G. F. espère également comparer les matériaux utilisés à Reims avec ceux des cités voisines comme Laon ou Soissons, ce qui permettrait de mieux définir les zones d’échange ou d’influence à l’intérieur de ce secteur géographique. Ces différentes études seront très utiles dans les opérations de restauration et de conservation.

Débat :

De nombreuses questions ont été abordées, après l’exposé de G. F., à propos de métrologie, sarcophages, base de données, lithothèques, prospection géophysique des carrières souterraines, réseaux souterrains de Reims, etc. Le débat prend fin sur l’affirmation par G. F. de la nécessité d’une collaboration entre équipes (LAMOP ou CRAHM) et aussi de la nécessité de la création de banques de données simples à destination des non-géologues ainsi que d’ensembles plus complets à destination des spécialistes concernant les matériaux lithiques.

NB Jean-Pascal Foucher, à l’issue de la séance, présente rapidement la dernière livraison du bulletin de la Société historique et archéologique de l’Orne Aspects économiques ornais (XVIIe – XXe siècle), t. CCXV, juin 2006, qui comprend un article de Maud Guichard, intitulé L’exploitation des carrières de l’Orne de 1870 à 1939 (p. 7-38). L’auteur y évoque le sous-sol ornais, les types de matériaux exploités, les carrières, d’un point de vue à la fois technique et social ainsi que les traces actuelles de ce patrimoine industriel. En annexe se trouve une liste très complète, tirée des séries S et M des Archives départementales de l’Orne, par commune, des carrières en activité à cette période.

III. Visite des carrières souterraines de Fleury-sur-Orne (le samedi 20 janvier)

Guidée par Laurent Dujardin et Damien Butaeye (géologue-hydrographe), l’excursion dans les exploitations souterraines de Fleury, à quelques kilomètres au sud de Caen, a permis une présentation de la géologie locale limitée au Calcaire de Caen et au Calcaire de Creully ainsi que des échanges sur la pierre à bâtir sous tous ses aspects. Après avoir pénétré, par le plateau, dans les carrières les plus récentes, les douze de participants sont ressortis par les coteaux dominant l’Orne, là où se trouvaient les carrières présumées les plus anciennes. L’emplacement d’un sondage archéologique récent, mené par L. Dujardin, y a été observé. La fracturation, la calcification et les conditions de dépôts des boues calcaires, il y a 165 Ma ont été abordées ainsi que les différentes techniques d’extraction et la description des treuils permettant de monter les blocs à la surface.

On trouvera ci-dessous quelques photos réalisées par Eric Broine et commentées par Laurent Dujardin.

Visite des carrières souterraines de calcaire de Caen, à Fleury-sur-Orne (Calvados), le 20 janvier 2007. Echanges entre les membres du groupe en Allemagne souterraine… Fleury-sur-Orne se nommait, en effet, « Allemagne » avant 1917. (Cl., E. Broine CRAHM ; légende L. Dujardin CRAHM)

Exploitation en chambres et piliers de la pierre de Caen, dans les carrières Fouquet. Cette partie a été creusée dans la deuxième moitié du XIXe siècle en laissant des piliers dont la partie supérieure (4 à 5 mètres) porte les traces d’un découpage géométrique. Dans un deuxième temps (fin XIXe-début XXe), la partie basse a été surcreusée sur 3 à 4 m à l’aide d’explosifs pour produire de la pierre à chaux. Il n’y a plus de géométrie simple. Une nappe phréatique perchée a été atteinte et des pompes en assuraient l’exhaure. La belle coloration bleu-vert est due à la présence de carbonate de calcium en solution. (Cl., E. Broine, CRAHM ; légende L. Dujardin, CRAHM)

Carrières Fouquet. Vue générale des cavités et des piliers laissés après l’extraction de la pierre de Caen. Certaines de ces « salles » sont utilisées en champignonnières. Cette partie a été creusée dans la deuxième moitié du XIXe siècle en laissant des piliers régulièrement disposés, selon les règlements préfectoraux. La nappe phréatique est ici fortement polluée ; plusieurs hectares de carrières souterraines servent ici de bassin de décantation illégal pour un égout d’eau pluviale. La coloration noire est due au dépôt de boues. (Cl. E. Broine, CRAHM ; légende L. Dujardin, CRAHM)

Blocs en cours d’extraction ; hauteur des blocs dégagés, environ 0,80 m. Dans les carrières Fouquet. Les carriers ont abandonné des blocs prêts à extraire, ce qui permet de comprendre leur méthode de travail : ils découpent autour du premier des tranches verticales et des saignées horizontales à l’aide de marteaux à pointes ou d’aiguilles, puis ils le détachent à l’aide de coins métalliques frappés par de gros marteaux. Une fois ce premier bloc ôté, ils recommencent avec le suivant sans pratiquer de saignées horizontale supérieures mais en réalisant une tranche verticale sur la face arrière qui pouvait être atteinte grâce au premier vide créé. A l’aide de coins et de marteaux, ils détachent le deuxième bloc, puis recommencent le processus pour le troisième. (Cl. E. Broine, CRAHM ; légende L. Dujardin, CRAHM)

Carrières des Coteaux. Observation des traces d’outils. Ce sont les parties les plus proches des entrées et les plus anciennes. Les traces d’outils, visibles ici, montrent l’emploi exclusif du marteau à pointes. Un sondage archéologique, réalisé à la base de ce pilier, avait permis de constater que de nombreuses pierres et de nombreuses dalles étaient préparées ici par sciage mais le matériel découvert, très peu abondant, n’avait pas permis de prouver une antériorité au XVIIe siècle, alors que les textes suggèrent une exploitation plus ancienne. (Cl. E. Broine, CRAHM ; légende L. Dujardin, CRAHM)

L’adresse d’un site web consacré au calcaire de Caen. http://www.etab.ac-caen.fr/discip/geologie/mesozoi/bathoni/autre/coucaen.htm