Quatrième rencontre thématique-groupe de travail du thème V (Ressources, productions, constructions, échanges)
Vendredi 19 janvier 2007
CRAHM, salle de réunion de l’UFR d’histoire, SB 145 (bâtiment sciences B), Université de Caen, Campus 1, de 9 h 30 à 12 h 00.
NB Compte tenu du nombre croissant de participants à ces rencontres, nous vous sommes par avance reconnaissants de bien vouloir nous indiquer si vous souhaitez assister à cette rencontre thématique, afin que nous puissions trouver, le cas échéant, une salle plus grande.
En dehors des actualités qui concernent tout le thème, la réunion, animée par Laurent Dujardin, sera consacrée aux matériaux et aux pratiques de la construction.
Ordre du jour :
- Actualités du thème V
- Gilles Fronteau, Maître de conférence (GEGENA - EA 3795, Université de Reims Champagne-Ardenne) : La pierre à bâtir à Reims, caractérisation et différences dans les usages à l’époque antique et médiévale. Travaux réalisés en collaboration avec Alain Devos, Olivier Lejeune & Christelle Sosson (Géographes membres du GEGENA), Phillipe Rollet, Agnes Balmelle et Stéphane Sindonino (INRAP, Reims) et Bruno Decrocq (Equipe inventaire patrimoine, Reims).
Résumé de la communication
La ville de Reims est construite sur un sous-sol crayeux, exploité de façon très ancienne comme en témoigne les carrières souterraines du quartier Saint-Rémy. Mais la craie n’est pas un matériau permettant de construire en grand appareil et pour la construction monumentale, il lui a toujours été préféré d’autres pierres, issues de sites un peu plus lointains. Car, qu’il s’agisse de l’époque gallo-romaine ou gothique, les principales pierres de taille utilisées à Reims proviennent de la formation du Calcaire grossier, c’est-à-dire du Lutétien moyen du centre du bassin de Paris.
Les premiers affleurements de cette couche géologique se trouvent sur le sommet des plateaux à 10-15 km à l’ouest de Reims ; les anciens sites d’extraction de calcaire lutétien s’y avèrent très nombreux. L’étude in situ des affleurements et des carrières à ciel ouvert ou souterraines encore accessibles permet de mieux comprendre l’importante palette des faciès existants dans ces niveaux. Les carrières souterraines sont devenues des endroits privilégiés pour caractériser les pierres exploitées, les méthodes d’extraction et les épaisseurs de bancs exploitables car, dans cette région où les formations calcaires sont peu épaisses, les affleurements et les sites à ciel ouvert n’offrent plus de bonnes conditions d’observations (quand ils existent encore), alors que les sites souterrains, malgré des conditions d’accès peu confortables, offrent encore des fenêtres sur les gisements.
La confrontation des affleurements avec les analyses pétrographiques réalisées sur des monuments ou échantillons prélevés montre de grandes possibilités d’emploi des différentes pierres. Et aussi bien à l’époque gallo-romaine (du IIe ou IVe s.) qu’ à l’époque médiévale (XIIIe-XVe s.), les différents bancs ou faciès sont utilisés à des positions architecturales précises. Par contre, la nature exacte des faciès et l’origine du calcaire utilisé sont différentes d’une époque à l’autre. A ces deux époques, la connaissance de la pierre est particulièrement bonne et les circuits d’approvisionnement semblent bien établis. Les bancs sont utilisés de façon raisonnée, les propriétés d’emploi ou de remploi des faciès connus. Par contre, les gisements exploités sont différents d’une époque à l’autre et une des préoccupations à l’époque médiévale consiste visiblement à réduire au maximum la distance entre la pierre et le monument.
Nous pensons désormais, grâce à de nouvelles études et collaborations, parfaire ces premières conclusions sur les sources d’approvisionnement de la pierre à Reims, notamment en complétant le panorama historique de la circulation et de l’emploi des géomatériaux. Nous comptons aussi améliorer la caractérisation des matériaux locaux et nous intéresser aux importations des pierres issues des Ardennes ou de la Meuse. Nous espérons également comparer les matériaux utilisés à Reims avec ceux des cités voisines comme Laon ou Soissons, ce qui permettrait de mieux définir les zones d’échange ou d’influence à l’intérieur de ce secteur géographique.
- Débat
-Visite des carrières souterraines de Fleury/Orne (Calvados)
Samedi 20 janvier, à l’occasion de la venue de nos collègues rémois, et pour ceux qui le souhaitent, dans le cadre de nos rencontres thématiques, une visite des carrières souterraines de Fleury/Orne est programmée. L’inscription est obligatoire (pour des raisons de sécurité), par retour du présent courriel, avant le 19 janvier. Le nombre de participants est limité à 30 personnes (organisateurs compris),
Rendez-vous à 9 h 00 sur le parking situé au pied du château d’eau de Fleury-sur-Orne (visible de loin). Un plan de situation sera fourni lors de la réunion du 19 janvier. Se munir d’une lampe, de bottes et de vêtements peu fragiles.
Pour information, l’annonce ci-dessous. Réponse à apporter pour le 15 janvier, pour les personnes intéressées.
« PREMIER CONGRES FRANCOPHONE D’HISTOIRE DE LA CONSTRUCTION A tous ceux que l’histoire de la construction intéresse et qui en font progresser le savoir
Au cours de ces dernières années, deux congrès internationaux d’Histoire de la Construction, à Madrid en 2003 et à Cambridge en 2006, ont été organisés avec un réel et grand succès (environ 200 conférences présentées, publications des actes et richesse des débats). Ils réunissaient sans distinction près de 300 enseignants, chercheurs et praticiens de la construction en provenance de disciplines les plus variées (ingénieurs, architectes, entrepreneurs, conservateurs du patrimoine, historiens, sociologues, juristes, etc.). Le prochain congrès doit avoir lieu en Allemagne (Cottbus) en mai 2009. Nous avons constaté, lors de ces manifestations, tant une forte présence mobilisatrice et structurante des représentants des pays européens regroupés en sociétés savantes (essentiellement la Sociedad Espa ?ola de Historia de la Construccion, la Associazione Eduardo Benvenuto et la Construction History Society…) qu’une faible présence des francophones, accrue par l’usage exclusif de la langue anglaise et l’absence de regroupement de la recherche française dans ce champ. Cette absence nous a semblé d’autant plus dommageable que la production scientifique française et francophone sur le sujet est à la fois ancienne et de qualité. C’est la raison pour laquelle, nous proposons l’organisation d’un premier congrès francophone d’histoire de la construction, en juin 2008 à Paris (une rencontre à renouveler périodiquement), sur une thématique large regroupant les accroches du sujet selon quatre axes non limitatifs : 1/- L’histoire des sciences et des techniques 2/- L’histoire sociale, économique et juridique 3/- L’histoire patrimoniale 4/- La construction et/dans son environnement Nous invitons tous ceux que l’histoire de la construction intéresse, qui participent à son écriture, à son enseignement, à sa pratique et qui en font leur thème de recherche principal ou leur axe de travail privilégié, à y prendre part. Ce congrès sera l’occasion de faire le point sur les recherches dans ce domaine et de mesurer les contours de notre communauté a priori disparate. Si vous désirez proposer un sujet pour le congrès, il serait extrêmement commode pour le comité d’organisation que vous donniez, à titre indicatif, un titre même provisoire et quelques lignes de résumé (vous recevrez par la suite les modalités exactes des communications). Et, dans tous les cas, que vous souhaitiez ou non participer à ce congrès, si vous travaillez sur l’un des thèmes cités ci-dessus, faites le nous savoir en nous renvoyant, avant le 15 janvier 2007, vos coordonnées personnelles et/ou institutionnelles à :
Sofia Foughali, ou Centre d’Histoire des Techniques et de l’Environnement/CNAM 5, rue Vertbois, 75003 Paris 01 53 01 80 25 foughali@cnam.fr Joëlle Trouvé, Département de la recherche ENSA Paris-Malaquais 14, rue Bonaparte, 75272 Paris Cedex 06 01 55 04 56 62 joelle.trouve@paris-malaquais.archi.fr
Bien cordialement,
Le comité d’organisation :
- Robert Carvais (Institut d’histoire du droit/ CNRS/ Université de Paris 2)
- André Guillerme (Centre d’histoire des techniques et de l’environnement/ CNAM)
- Valérie Nègre (Ecole nationale supérieure d’architecture Paris-La-Villette/ CNAM)
- Philippe Potié (Ecole nationale supérieure d’architecture de Grenoble)
- Joël Sakarovitch (Université de Paris 5/ ENSA de Paris-Malaquais)
Le comité scientifique (en plus des membres du comité d’organisation) :
- Dominique Barjot (Université de Paris 4)
- Philippe Bernardi (CNRS)
- Odette Chapelot (EHESS)
- Abderhamas Cheurfi (Ecole d’architecture de Rabat, UNESCO)
- Michel Cotte (Université de Nantes)
- Marc Desportes (XPC)
- Pascal Dubourg-Glatigny (CNRS)
- Régent Legault (Ecole d’architecture de Montréal)
- Bertrand Lemoine (CNRS)
- Jean-Baptiste Minnaert (Université de Tours) (sous réserve)
- Antoine Picon (Université de Harvard)
- Jean-Pierre Sosson (Université catholique de Louvain) »


