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Distinction et supériorité sociale (Moyen Âge et époque moderne)

Colloque de Cerisy-la-Salle

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Sous la direction de Laurence Jean-Marie et Christophe Maneuvrier

2010, 324 pages, 16 x 24 cm, ISBN 978-2-902685-74-5, 37 € TTC.

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Le titre choisi pour cet ouvrage exprime la volonté d’étendre le champ d’investigation au-delà de l’étude des élites. La « distinction » des sociologues invite ici les historiens des époques médiévale et moderne à réfléchir aux discours sur la société et aux pratiques concrètes de différenciation, ce qui ne se résume ni à décrire les élites ni à tenter de caractériser les signes de domination. Les éléments constitutifs d’une relation hiérarchique – ou inégale – sont multiples : statut juridique, exercice de pouvoirs, appartenance à un groupe familial, réseaux de relations, fortune, culture, sexe, âge, savoir-faire, maîtrise du discours, etc. On s’aperçoit vite qu’ils appartiennent aussi bien à l’histoire de la société qu’à celle de l’individu : se distinguer ou être distingué peut ainsi être le fait de niveaux sociaux divers et le résultat de la reconnaissance/recherche d’une domination dans des sociétés complexes où la mobilité sociale est possible. Ceci suggère de façon évidente que la reconnaissance de l’opinion de l’autre et la renommée qu’elle forge sont des dimensions importantes de la réflexion. Comment en effet assurer la cohésion sociale dans une société inégalitaire ? Les contributions de ce volume s’articulent autour de plusieurs thèmes. En premier lieu figurent des réflexions à propos des discours sur la société, produits par des autorités diverses et porteurs de normes sociales qui contribuent à identifier ceux qu’il faut distinguer. Puis, les pratiques distinctives et ostentatoires sont évoquées à travers les attitudes devant la mort, le placement dans les églises, le souci du quotidien, les constructions, etc. Le troisième thème aborde les positionnements sociaux et les processus d’ascension d’individus, de groupes familiaux ou encore de catégories, il intègre aussi l’analyse des comportements sociaux et de la matérialisation des formes de la supériorité sociale.


Table des matières


Laurence Jean-Marie, Introduction

Normes et discours

Isabelle Rosé, Exprimer la distinction et la supériorité sociale au Xe siècle. Potentes et pauperes dans les écrits d’Odon de Cluny († 942)

Laurence Jean-Marie, Distinction et supériorité sociale dans les textes de coutume normands du début du XIIIe siècle|Résumé

Xavier Masson, Concorde ou domination sociale ? L’enjeu politique des sermons du dominicain Nicoluccio di Ascoli

Se distinguer ici-bas et dans l’au-delà

Christophe Maneuvrier, Se distinguer au-delà du trépas : le choix d’une sépulture dans la Normandie des XIIIe et XIVe siècles|Résumé

Laurence Croq, Les mutations de la distinction sociale dans les églises paroissiales à Paris (des années 1680 à la Révolution)|Résumé

Jean-Pierre Barraqué, Être ciudadano à Saragosse à la fin du Moyen Âge : statut et autodéfinition

Gauthier Aubert, Les avocats sont-ils des notables ? L’exemple de Rennes aux XVIIe et XVIIIe siècles

Jérôme Luther Viret, La noblesse bas normande entre aspirations égalitaires et volonté de distinction. Argences et Camembert du XVIe au XVIIIe siècle

Formes et manifestations de la supériorité sociale

Dominique Barthélemy, Points de vue sur la chevalerie en France vers 1100

Ghislain Brunel, Vocabulaire et formes de la distinction sociale en Picardie méridionale. Les villes et les campagnes au miroir des actes de la pratique (XIe-XIIIe siècle)

Emmanuel Grélois, Du vir honestissimus au discretus vir : critères et dynamiques de la différenciation sociale à Clermont et en Basse-Auvergne du XIe au XIVe siècle|Résumé

Véronique Lamazou-Duplan, Se distinguer à Toulouse : supériorité sociale et fabrique de l’urbanité à la fin du Moyen Âge

Claire Haquet, Bourgeois et marchands de Rouen sous le règne de Charles VI

Nathalie Pallu de La Barrière, Entre carrière militaire, commerce maritime et guerre de course : richesse et distinction à Honfleur (XIVe-XVe siècles)|Résumé

Bernard Bodinier, Une famille de notables de Louviers  : les Dagoumer du XVIIe au XIXe siècle

Thierry Dutour, Construire et justifier la supériorité sociale (IXe-XVIIIe siècle)  : réflexions sur la pensée de sens commun

Résumés des communications


Exprimer la distinction et la supériorité sociale au Xe siècle. Potentes et pauperes dans les écrits d’Odon de Cluny († 942)

Isabelle Rosé

Résumé : Le binôme potentes/pauperes (puissants/pauvres) est un élément structurant des rapports sociaux chez les penseurs carolingiens, sans cesse repris et enrichi par des auteurs postérieurs, notamment par le deuxième abbé de Cluny, Odon († 942). Ce couple permet en effet de définir des relations, idéales ou perverties, entre les différents acteurs de la société et constitue donc un puissant instrument de distinction et de supériorité sociale. L’étude des inflexions apportées au binôme potentes/pauperes par Odon de Cluny, auteur et protagoniste des bouleversements proto-féodaux majeurs qui secouent la société du Xe siècle, apparaît ainsi comme un biais pertinent pour appréhender les modifications de la conception du pouvoir, de la détention légitime des richesses et des termes de l’échange social.

Mots-clés : Odon de Cluny, pauperes, potentes, pouvoir, ecclésiologie, moines, société seigneuriale.


Distinction et supériorité sociale dans les textes de coutumes normands du début du XIIIe siècle

Laurence Jean-Marie

Résumé : Les textes médiévaux de la coutume de Normandie révèlent à travers le vocabulaire ou les procédures judiciaires (notamment l’enquête) des processus de distinction fondés sur des critères de hiérarchisation de la société. Les chapitres des deux textes de la coutume mettent en scène des acteurs sociaux à propos du règlement des conflits et des procédures judiciaires ou encore de la définition de règles de droit privé. L’article tente de déterminer quelle conception de la société et de la supériorité sociale s’affiche dans ce qui est un discours sur la société et la production de normes. Pouvoir et puissance, richesse, naissance diversement associés fondent une supériorité sociale. Des qualités distinguent telles la « sagesse », la fiabilité, la « légitimité » ou la réputation. L’ensemble de ces éléments combinés montrent des dominations sociales qui ne se fondent pas sur une hiérarchie stricte, mais associent des critères divers qui mettent en avant certains, ceux qui sont qualifiés de chevaliers mais aussi ceux que la renommée et le consensus distinguent.

Mots-clés : coutume de Normandie, procédures judiciaires, discours social, hiérarchies sociales, qualités distinctives.


Concorde ou domination sociale ? L’enjeu politique des sermons du dominicain Nicoluccio di Ascoli

Xavier Masson

Résumé : Les sermons sont bien connus pour délivrer un enseignement religieux. Mais l’étude des sermons modèles du frère dominicain italien Nicoluccio di Ascoli (première moitié du XIVe siècle) permet de mettre à jour une triple stratégie oratoire dont le but est d’assurer la domination sociale d’une catégorie dirigeante de la population des cités italiennes. Grâce à l’emploi d’un registre savant, le dominicain assure une domination par un discours sur le monde, ainsi mis en mots. Par l’emploi d’un discours dogmatique et politique, le prédicateur prétend présider à la mise en ordre de la société. Enfin, par l’aisance lexicale, syntaxique ou grammaticale qui apparaît dans la forme de textes très formels, il montre à son auditoire qu’il maîtrise le langage.

Mots-clés : prédication, dominicain, Trecento, corps social, disciplines savantes, sermon, scolastique.


Se distinguer au-delà du trépas. Le choix d’une sépulture dans la Normandie des XIIIe et XIVe siècles

Christophe Maneuvrier

Résumé : Le choix d’une sépulture, dans la Normandie médiévale, apparaît bien comme une volonté d’afficher son appartenance aux élites locales. L’installation d’une dalle funéraire révèle également le désir d’afficher une réussite personnelle et familiale. Sur les 365 dalles du corpus, plus de 80 % ont été découvertes dans la Normandie orientale, riche et polarisée par Rouen. Le mouvement connaît son apogée dans le dernier quart du XIIIe siècle avant de décroître.

Mots-clés : dalle funéraire, Normandie, élites, sépulture privilégiée, testament.


Les mutations de la distinction sociale dans les églises paroissiales à Paris (des années 1680 à la Révolution)

Laurence Croq

Résumé : L’aménagement interne des églises paroissiales a une histoire qui permet d’interroger l’évolution des conceptions et des pratiques de la distinction sociale à Paris. Dans les années 1680, les bancs et les sépultures des familles des notables leur permettent de s’approprier une portion de l’espace sacré qui est proportionnée à leur position sociale et à leur fortune. En 1789, les églises forment des espaces homogènes socialement, petits et grands bourgeois sont égaux, ils louent des chaises à chaque office et font inhumer les membres de leur famille dans des caves collectives, pratiques inaccessibles aux gens du peuple. La société d’ordres, avec sa gradation des rangs, s’est défaite matériellement et mentalement dans les églises où les hommes sont désormais classés selon un système censitaire.

Mots-clés : églises, bancs, chaises, tombes, caves, familles, bourgeoisie, peuple, cens, égalité.


Être ciudadano à Saragosse à la fin du Moyen Âge : statut et autodéfinition

Jean-Pierre Barraqué

Résumé : Les cuidadanos ou cives de Saragosse constituent le groupe oligarchique dirigeant de la capitale aragonaise. À la limite de la noblesse, à laquelle ils ne peuvent accéder sans perdre le pouvoir municipal, ils contrôlent totalement l’espace politique. Ils exercent leur influence à travers un discours qui insiste sur l’universitas des habitants et met en scène la ville, dans toutes des cérémonies de la religion royale que la cité organise. Dans leur vie privée, ils adoptent un mode de vie ostentatoire, accumulant meubles et vaisselle de luxe, refusant les métiers vils, comme leur statut l’exige et veillant scrupuleusement à leurs alliances matrimoniales qui suivent parfois une expérience pré-nuptiale.

Mots-clés : Aragon, Saragosse, oligarchie urbaine, discours politique, concubinage, vie matérielle.


Les avocats sont-ils des notables ? L’exemple de Rennes aux XVIIe et XVIIIe siècles

Gauthier Aubert

Résumé : Quels furent, dans une ville parlementaire comme Rennes, les moyens mis en œuvre par les avocats pour se distinguer au sein d’un monde robin relativement foisonnant ? Telle est la question à laquelle cet essai tente de répondre, en abordant en particulier les relations entretenues par les avocats avec la communauté de ville, conçue comme un lieu de notabilité. Alors que le XVIIe siècle voit la captation par les avocats de la place de procureur syndic et le dédain pour l’échevinat témoigner de la supériorité acquise sur les procureurs et les marchands, le XVIIIe siècle est celui d’un abandon a priori surprenant des fonctions municipales. Ce retrait, d’abord imposé par un faisceau de circonstances, est ensuite ­revendiqué par les avocats et constitue dès lors une nouvelle manière de se distinguer, non sans lien avec un certain parlementarotropisme. À la veille de la Révolution, pourtant, des avocats reprennent le chemin de l’hôtel de ville, première étape d’une marche vers l’action publique qui conduira certains à jouer un rôle politique national.

Mots-clés : avocats, notabilité, communauté de ville, parlement, intendant.


La noblesse bas normande entre aspirations égalitaires et volonté de distinction. Argences et Camembert du XVIe au XVIIIe siècle

Jérôme Luther Viret

Résumé : La présente étude suggère l’existence d’un modèle normand de transmission des fiefs avec un marché des fiefs nobles qui semble avoir été particulièrement dynamique. La transmission d’un fief à chaque fils n’était pas hors de portée, dès lors qu’un aîné n’était pas autorisé à recueillir l’ensemble des fiefs et qu’il existait un grand nombre de micro-seigneuries. Cela pourrait expliquer la densité nobiliaire particulièrement forte en Normandie jusqu’au XVIIe siècle. L’effondrement des effectifs de la noblesse au XVIIIe siècle pourrait trouver son explication dans le passage d’un partage peu ou prou égalitaire, à un partage plus franchement inégalitaire. Une plus grande concentration des fiefs entraînerait corrélativement une moindre activité du marché des fiefs au XVIIIe siècle. Égalitaire quand c’est possible au-dedans, au moins jusqu’au XVIIe siècle, la noblesse normande cherche à se distinguer au dehors. Le rang se joue alors, parmi d’autres lieux, à l’église.

Mot-clés : France, Ancien Régime, Normandie, noblesse, aînesse, fief, terre, succession, église, sépultures, famille, coutume.


Points de vue sur la chevalerie, en France vers 1100

Dominique Barthélemy

Résumé : Les chroniques du xie siècle, particulièrement en Normandie, laissent entrevoir, si l’on y prend garde, comment les pratiques de la chevalerie classique, spécialement les tournois, se sont développés autour de 1100, sur fond de guerres féodales. Ces dernières en effet, depuis 888, n’étaient pas d’une violence déchaînée, mais se trouvaient gouvernées par des codes et des normes, qui permettaient aux guerriers nobles (vassaux) de maintenir leur suprématie sociale en s’économisant un peu. À partir du milieu du xie siècle, dans les relations entre la Normandie et les provinces voisines, ces guerres féodales s’ornent de combats singuliers, spectaculaires et de plus en plus ludiques, qui représentent, par rapport à la pratique antérieure de la guerre civile, une surenchère chevaleresque. Cela coïncide avec l’émergence d’une élite nouvelle, dans les villes alors en plein essor, avec laquelle il s’agit de marquer la distinction.

Mots-clés : vassaux, guerre féodale, adoubement, tournoi, mercenariat.


Vocabulaire et formes de la distinction sociale en Picardie méridionale. Les villes et les campagnes au miroir des actes de la pratique (XIe-XIIIe siècle)

Ghislain Brunel

Résumé : En Soissonnais et en Valois, lorsque les actes de la pratique désignent les catégories sociales qui prennent part aux décisions (20 % des cas), ils donnent la primauté au concept carolingien des deux milices, celles des clercs et des laïcs. Efficiente jusqu’à la fin du XIIe siècle, cette vieille distinction subit pourtant des modulations majeures. Vers 1100, en effet, les deux catégories des chevaliers et des bourgeois naissent d’un même mouvement dans les listes de témoins élaborées par la chancellerie épiscopale. Sans jamais émerger franchement, la catégorie des paysans (rustici) semble opératoire à l’échelon local encore au XIIIe siècle. Il faut attendre les années 1230 pour que les maîtres des métiers et du savoir (médecine, orfèvrerie, construction, notariat) bénéficient aussi d’une titulature en ville et à la campagne. Quant aux voies de la supériorité sociale, elles sont multiples chez les paysans et les artisans : exemptions d’impôts et de services, détention des trains de labour, investissement des capitaux dans la terre et les équipements, fonctions ministériales, protection de l’aristocratie, influence de la parenté, proximité spirituelle et économique avec les sanctuaires.

Mots-clés : artisanat, bourgeoisie, chevalerie, communauté villageoise, échevinage rural, fermier, laboureur, maîtrise de métier, manouvrier, serf.


Du vir honestissimus au discretus vir : critères et dynamiques de la différenciation sociale à Clermont et en Basse-Auvergne du XIe au XIVe siècle

Emmanuel Grélois

Résumé : L’établissement des seigneuries châtelaines et l’urbanisation croissante en Basse-Auvergne entre l’an Mil et le xive siècle produisent des normes de distinction sociale marquées par des reclassements que traduisent les désignations collectives et individuelles des individus employées dans les actes de la pratique : du miles au nobilis et potens vir, du laicus au burgensis et au discretus vir, du dominus au magister voire au doctor, la terminologie reflète les conséquences des ascensions sociales permises en ville par les études, les offices royaux et le commerce. Le XIIIe siècle s’avère déterminant dans cette mutation de l’estime sociale : noblesse et Église n’ont plus l’exclusivité de la supériorité quand émergent vers 1200 les bourgeois, et plus encore vers 1300 quand les carrières royales accélèrent la refonte des critères d’honorabilité.

Mots-clés : Auvergne, bourgeois, clercs, Clermont, noblesse, offices, université.


Se distinguer à Toulouse  : supériorité sociale et fabrique de l’urbanité à la fin du Moyen Âge

Véronique Lamazou-Duplan

Résumé : À la fin du Moyen Âge, comment se fabrique et s’exprime la notabilité d’élites toulousaines diverses et en renouvellement ? L’analyse et la confrontation du vocabulaire, des registres de notaires à d’autres sources, montrent les stratifications des mots et des usages dans le contexte plus large de la construction identitaire de la ville et du groupe oligarchique. Au-delà des mots, des pratiques communes (code de valeurs, aristocratisation du mode de vie…) forgent une identité consensuelle qui chapeaute les différences, identité cristallisée par exemple par de la conscience affirmée du groupe et la mise en avant d’une urbanité « à la toulousaine ».

Mots-clés : élites urbaines laïques, Toulouse, notabilité, normes, pratiques, culture urbaine, urbanité.


Bourgeois et marchands à Rouen sous le règne de Charles VI

Claire Haquet

Résumé : En l’absence de livres de bourgeoisie, il est difficile de connaître les bourgeois de Rouen à la fin du Moyen Âge. Les sources de la pratique regorgent de cette qualification, parfois adjointe à celle de marchand. Son étude montre qu’elle n’est pas toujours associée à un statut social supérieur et correspond plus probablement à un statut politique. La dénomination de marchand est elle-même tributaire des circonstances ; aucun métier de marchandise n’est répertorié, bien que de nombreux bourgeois rouennais exercent le commerce en tant qu’activité principale ou accessoire. L’expression « bourgeois et marchand de Rouen » demeure rare. Le discours des bourgeois rouennais sur eux-mêmes, par l’intermédiaire des registres de délibérations, est particulièrement représentatif des définitions de leur époque.

Mots-clés : bourgeoisie, notabilité, registres de délibérations, municipalité de Rouen (1382-1418), marchands.


Entre carrière militaire, commerce maritime et guerre de course : richesse et distinction à Honfleur (XIVe-XVe siècles)

Nathalie Pallu de La Barrière

Résumé : De la fin du XIVe siècle à la construction du Havre en 1517, le port de Honfleur est devenu un port militaire et un arsenal notable. Les Honfleurais de « souche » ou les étrangers, qu’ils appartiennent à la marine militaire ou à la marine marchande, s’adonnent à la guerre de course. Fréquenter le port de guerre de Honfleur peut procurer honneur et fortune. Les manoirs disséminés dans la campagne augeronne et l’église Sainte-Catherine sont les témoins de la fortune de ces Honfleurais.

Mots-clés : Honfleur, Normandie, port de guerre, guerre de course, marine militaire, place forte royale, port, commerce, notabilité, manoirs, Moyen Âge.


Une famille de notables de Louviers : les Dagoumer du XVIIe au XIXe siècle

Bernard Bodinier

Résumé : Originaires du village d’Ailly (Eure), les Dagoumer y exploitent leurs terres et administrent celles du seigneur du lieu. À la fin du XVIIe siècle, l’un des leurs s’installe à Louviers où lui et ses descendants se lient par mariage avec les principaux bourgeois qui dominent alors la vie politique et économique de la ville.

Les Dagoumer y occupent des charges de notaires, de magistrats seigneuriaux et royaux. À la fois hommes du seigneur (l’archevêque de Rouen) et du roi, ils jouent aussi un rôle politique (échevin, maire) mais échouent dans leur tentative de devenir fabricants. Disposant d’une fortune tout à fait convenable, ils mènent une vie aisée et suivent des études, ce qui conduit certains à la notoriété ecclésiastique.

Assez curieusement, cette famille de notables et d’hommes de pouvoir, qui apparaissait au premier rang jusque sous la Révolution, ne joue plus ensuite aucun rôle significatif et disparaît même par extinction démographique au milieu du XIXe siècle.

Mots-clés : drapier, fortune, Louviers, notables, offices seigneuriaux et royaux, réseau familial.