~
1
A : Vo ; B : grande initiale également dans
B : De priueleige a la posteile Vous reueul or fere.
2
A : el son endreit ; B : Johan ot non
prodome ; comanda en son endreit.
3
veut.
4 mes ; De
bon couent.
5 mes isseit
Qui nouelement mise y esteit.
6 Li rei ; li
arceuesque.
7
orent deuant Que feit chartre a deu remaignant.
8 Encore ;
comande ; abbe.
9 meson ;
voudront ; dautre lieu si leuc ne lont.
10 aucune
couenable A etre abbe et profetable.
11 Les
lecion.
12 aucuns ; se
que.
13 damedeu ;
sainte marie.
14
saint michel ; De toz les sainz finement.
15 De dens
enfer ; ert.
16 quil len
dont A toz ceux qui.
17
priueleige ; ont : lont.
18 renablement ;
il y out.
19 Cest
priueliege ; concire.
20 A
: il nonma ; B : Hautes persones il noma Li aposteile
qui le ferma.
21 puis
esteient ; dignitez gregnors auoient.
22 Por le
priueliege en forcer : aucun froisser.
~
1 Terme juridique emprunté au XIIe siècle au latin priuilegium « loi
exceptionnelle favorisant un particulier », privilège,
désigne en ancien français (et au v. 2321) un « avantage accordé à un
seul ou à plusieurs et dont on jouit à l’exclusion des autres contre
le droit commun » (FEW IX, 398 b,
privilegium), puis, par métonymie, l’« acte qui contient
la concession d’un privilège » (v. 2279, 2311, 2315 et 2324). Sur ce
privilège qui semble être un faux, cf. dom Jean Laporte,
« L’abbaye du Mont Saint-Michel aux Xe et XIe siècles », p. 78 : « Il n’est pas impossible que ce
soit à ce moment [au moment de l’élection de l’abbé Renouf, en 1057 ou
1058] que les moines aient forgé la fausse bulle de Jean XIII,
accordant au monastère la liberté des élections […]. Ce faux fut
ensuite inclus dans une histoire de la communauté depuis
l’introduction des moines, qui proclame ce qu’elle doit à Renouf,
publie et commente vigoureusement le diplôme de Lothaire et la fausse
bulle dont il vient d’être question. L’ensemble est précieux puisque
constituant un témoignage unique, et intéressant, mais évidemment très
tendancieux. Il doit dater des premières années de Renouf, car on y
évoque le témoignage de religieux déjà adultes au temps de Maynard II
et d’Hildebert, et par conséquent d’âge avancé ». Renouf de Bayeux fut
le 9e abbé du Mont, de 1055 (?) à 1085.
2 Dans le texte latin de la fausse bulle du pape Jean
XIII (965-972) qui figure également dans l’Introductio
monachorum. le pape se présente au style direct avec une
modestie toute conventionnelle, comme Sedis existens indignus
papa « pape indigne du Saint-Siège ». Au style indirect, une
stricte transposition de la formulation était impossible puisqu’elle
serait apparue comme un jugement négatif porté par un tiers. Il lui
est donc substitué une formulation contraire : produen
esteit (v. 2281) : « c’était un homme de bien ». On rapprochera
l’unique occurrence de produen, dérivé de la forme
tonique de hómo « homme », huem dans
le Roman (v. 279, 2185, 2625…), de l’atone
prodom (v. 602, 2094…) ou prodon (v. 1930,
3954).
3 Cf. v. 14, 2155, 2329 et 4099.
4 C’est-à-dire
l’ordre religieux bénédictin.
5 La locution, plus souvent attestée sous la
forme a remanant, du latin remanere
« rester », a le sens de « en abondance », mais aussi celui, que nous
trouvons ici, de « à tout jamais, pour toujours ». Ses premières
attestations figurent chez Wace dans le Roman de Rou,
Glyn S. Burgess (trad.), Wace, The Roman de Rou,
Jersey, Société Jersiaise, 2002 [éd. augmentée de notes historiques de
E. Van Houts] (III, 5455) et le Roman de Brut (Arn. 786)
(cf. FEW X, 234 b, remanere).
6 Cf. FEW III,
213 b, eligere : « af. et mf. eslire
“choisir quelqu’un pour une fonction, une dignité, choisir en
général” » ; FEW III, 210 b, electio :
« choix que l’on fait de quelqu’un par voie de suffrage ».
7 Quer il i out sene
repent : « car il y eut un synode improvisé ». Guillaume de
Saint-Pair affirme que, pour décider de sa réponse au duc Richard, le
pape convoqua une assemblée exceptionnelle de hauts dignitaires
ecclésiastiques ; la décision s’est prise collégialement, après
discussion, et a donc été « juste, raisonnable, légitime » (ce sont
les différents sens de l’adjectif raisnable, base de
l’adverbe raisnablement). Pour l’origine et le sens de
sene, cf. FEW XII, 497 b,
synodus : « afr. sene, m. "synode" » ; et TL
X, 455, « senne, sanne, sene, "synode, Versammlung der
Geistlichen", attesté dans Gaimar, Estoire des Anglais,
c. 1140, v. 1378 » ; pour l’adjectif repent, cf.
FEW X, 265 a, repens « rapide, subit », avec
l’exemple en moyen français de l’expression « mort
repente : "subite", 1525, Crétin, XXXIX, 457, Bb ». Cet
adjectif calqué sur le latin fournit à l’auteur une rime à
resneblement au v. 2313. Au v. 2316, en plein
concile exprime la même idée en d’autres termes :
plein a le sens de « complet », « auquel assistent tous
ses membres » ; c’est l’exacte traduction de la formule in
Sinodo generali qui figure dans la Revelatio ; la
fin du passage insiste sur la solennité d’une telle réunion,
l’importance de ses participants signataires de la bulle et, par
conséquent, celle de la décision prise et du texte rédigé au terme du
synode.
8 Fermer, du latin firmare,
« renforcer », a le sens de « conclure », d’« établir d’une manière
ferme » (un traité…). Cf. FEW III, 569 b,
firmare, et la mention des locutions fœdus, pacem
firmare en latin classique (Virgile) : « conclure un traité,
conclure la paix ».
9 Concile, du latin
concilium, « assemblée délibérante », désigne en ancien
français une « assemblée », qui n’est pas nécessairement
ecclésiastique ; le sens d’« assemblée des évêques catholiques
convoquée pour statuer sur des questions de dogme, de morale ou de
discipline » n’est attesté à l’écrit qu’au XIIIe siècle (« c. 1260 » TLF VI, 247 a,
concile), d’après le sens de concilium en
latin médiéval : « assemblée de plusieurs églises, réunion
d’évêques ». Il s’agit pourtant bien ici d’une « réunion d’évêques »
et de hautes personnalités religieuses.
10 À propos de renommees plus et de
gragnors, comparatifs que nous traduisons par des
superlatifs, cf. Ph. Ménard, Syntaxe de l’ancien
français, Bordeaux, Bière, 3e éd., 1988,
p. 119 : « … le comparatif est parfois employé là où le français
moderne utiliserait le superlatif ».