Lecture II: De l’invention du sanctuaire du saint archange
Lectio II: De inventione basilice sancti angeli
Il y avait dans cette cité un homme très riche nommé Gargan; c’est lui qui, après ce qui lui est arrivé, a donné son nom à la montagne. Tandis que ses troupeaux, dont la multitude infinie consacrait sa puissance, paissaient partout sur les flancs de la montagne, il arriva qu’un taureau, qui ne se plaisait pas en la compagnie du troupeau, partit seul, comme à son habitude, et pour finir, alors que les bêtes rentraient, ne revint pas à l’étable. Alors le maître, ayant rassemblé une multitude de serviteurs, le rechercha dans tous les endroits écartés et découvrit enfin qu’il se tenait au sommet de la montagne, à l’entrée d’une grotte; et se laissant emporter par la colère de le voir aller ainsi solitaire, il saisit son arc et le visa d’une flèche empoisonnée, laquelle, retournée comme par un coup de vent, revint ensuite vers celui qui l’avait décochée et l’atteignit.
II. Erat autem [1] in ea civitate quidam homo predives [2] nomine [3] Garganus, [A/f.157r] qui [4] ex [5] eventu suo monti [6] vocabulum indidit. Hujus dum pecora, quorum [7] infinita multitudine pollebat, passim per devexi montis latera pascerentur, contigit taurum, armenti gregis [8] consortia spernentem, singularem incedere solito [9] et ad [10] extremum, redeuntibus pecudibus [11], domum non esse regressum [12]. Quem dominus, collecta servorum multitudine, per devia [C/f.95v] quęque requirens, invenit tandem in vertice montis in foribus cujusdam assistere speluncae, iraque permotus [13] cur solivagus incederet, arrepto arcu, appetit illum sagitta toxicata. Quae velut venti flamine retorta eum a quo jactata [14] est mox reversa percussit.