Le colloque « Roma Illustrata » (6-8 octobre 2005), organisé conjointement par l’équipe pluridisciplinaire « Plan de Rome » (Maison de la Recherche en Sciences Humaines de Caen-UMS CNRS 843) et par le Centre de Recherche sur l’Antiquité et les Mythes (CERLAM – EA 966) s’est inscrit dans une tradition de colloques caennais autour des représentations de la ville :
Le titre du colloque de 2005 englobe les titres précédents : il s’est agi de travailler, de réfléchir sur toutes les façons d’ « illustrer », c’est-à-dire de « mettre en lumière » cette ville dont l’importance fut « capitale » (au sens propre du terme) dans l’histoire de notre civilisation occidentale. Mais nous avons aussi souhaité étendre notre réflexion à la question plus générale de la représentation de la ville ; c’est pourquoi il y eut cette année des exposés sur Pouzzoles, sur la ville du roi Djeser, sur Babylone, sur Smyrne, Ephèse et Nicomédie. Le colloque fut brillant et varié. Brillant par la qualité de ses intervenants : la renommée de certains d’entre eux n’est plus à faire, d’autres ont montré des qualités qui les rendront bientôt « illustres ». Varié par la diversité des approches de ce concept de la représentation : pendant ces trois jours se sont côtoyés des littéraires, des historiens de l’Antiquité, des historiens de l’art, des archéologues, des architectes
L’apport scientifique d’une telle rencontre est évident et il se fait en deux temps. D’abord le temps même de la rencontre : nous avons tous beaucoup appris à l’écoute des communications et des discussions et lors des échanges informels. Ensuite le temps de la publication des actes : il y a là matière à un beau volume (parution prévue fin 2007) qui marquera, à n’en pas douter, la progression des connaissances sur Rome et ses représentations.
« Roma Illustrata » n’était pas le premier colloque sur ce thème, nous l’avons dit, et il y en aura d’autres parce qu’il y a encore beaucoup à dire pour construire, reconstruire, restituer l’image de la Rome antique. L’objet de notre recherche évolue : il y a des textes à re-interpréter, voire à interpréter ou même à éditer et le corpus des sources archéologiques s’étoffe presque quotidiennement (que l’on songe aux nouveaux fragments de la Forma Vrbis ou aux nouvelles découvertes sur le forum de la Paix). La méthode adoptée par l’équipe caennaise consistant à croiser les compétences, les approches, les éclairages est, je crois, féconde : elle bouleverse, irrite ou déconcerte parfois, mais à coup sûr elle apporte du nouveau.
Le travail de recherche, autour duquel nous nous retrouvons et qui est le moteur de ces rencontres, la reconstitution virtuelle de la Rome du IVe siècle p. C., est en bonne voie. L’année 2005 ( celle du dixième anniversaire de la Maison de la Recherche en Sciences Humaines de Caen) marque un tournant décisif avec l’acquisition d’un logiciel d’interactivité, la formation de l’équipe à ces techniques, l’adaptation des modèles et l’installation d’un Centre Interdisciplinaire de Réalité Virtuelle. Depuis 2006 un nouveau comité scientifique se réuni chaque année dans cet équipement et les Sciences de l’Antiquité vont se faire ici, à Caen, les promoteurs de l’utilisation de la réalité virtuelle, non seulement pour les sciences humaines et sociales, mais aussi pour l’ensemble des sciences.
Ph. Fleury Professeur de latin Responsable du colloque